mardi 2 mars 2021

17 march : Webinar Series : Innovation in Undergraduate Teaching of Life Sciences"

 Jump-To-Science  a le plaisir de vous inviter à une série de Webinar (séminaires par le WEB) sur

L'innovation dans l'enseignement des sciences de la Vie

Innovation in Undergraduate Teaching of Life Sciences


Dear Colleagues and Friends,

On behalf of Didier Picard and myself, we are happy to announce a new webinar series on "Innovation in Undergraduate Teaching of Life Sciences", with its first talk already coming up on March 17.

This webinar series replaces and complements the planned "1st Swiss Symposium on Innovation in Undergraduate Teaching of Life Sciences" (cancelled for now because of the pandemic). With monthly online seminars in English (usually on Wednesday at 17.30 CET), it aims to create a forum and a community to help improving the quality of undergraduate education in the life sciences. Its target audience includes program directors and coordinators, teachers, student counsellors, discipline-specific educational scientists and others. Although it grew out of the 1st Swiss Symposium idea, there is not much Swissness to it, and it is therefore definitely also open to any interested persons from anywhere else.

Program: The detailed program is listed here for the next few months, to be continued after the summer break (stay tuned for updates and extensions). 

       March 17 (exceptionally at 17.00): Erin Dolan (University of Georgia, Athens, Georgia, USA); Undergraduate research at scale: What if the treatment is a CURE?

       April 14 (17.30): Kostas Kampourakis (University of Geneva, CH); Going beyond content knowledge: Addressing students' preconceptions to achieve conceptual understanding in undergraduate biology

       May 12 (17.30): Katja Köhler and Ernst Hafen (ETH Zürich, CH); Teaching as teamwork - The Center for Active Learning at the ETH Department of Biology

       June 9 (17.30): Pierre Cosson (University of Geneva, CH); Construction of a new bachelor curriculum with integration of multiple soft skills


Organizers
: Didier Picard (University of Geneva) and François Lombard (University of Geneva), under the auspices of Life Sciences Switzerland.    

Details and registration to the series here:



samedi 20 février 2021

Quand la chimie et le sexuel se rencontrent : un cycle de conférences

La Chimie sexuelle : un cycle de conférences

La cellulose et bien connue des élèves comme le constituant crucial de la paroi des cellules végétales. (images source: wikipedia

Cette molécule triviale et son application possible pour des préservatifs biodégradables va être l'objet de la première d'un cycle de conférences que les organisateurs introduisent de manière fort imagée :

La « chimie » sert communément de métaphore désignant, sans en lever le mystère, le jeu des rencontres et attirances sexuelles, les combinaisons obscures du désir et du plaisir. Les individus, réduits à leur corps, obéiraient à des lois secrètes, dont les formules, si elles étaient connues, permettraient non seulement d'expliquer, mais aussi de maîtriser la sexualité. Tel est bien l'horizon concret que s'est donné, depuis l'Antiquité, le champ de savoir de la chimie, scientifique ou préscientifique, dans sa quête constante d'aphrodisiaques et d'anaphrodisiaques, de remèdes contre les excès du désir sexuel et contre ses défaillances, de moyens aptes à augmenter, orienter ou empêcher la fécondation. Une puissante pharmacopée sexuelle, tâtonnante ou efficace, a ainsi accompagné l'essor des sciences chimiques et biochimiques.

Quand la chimie et le sexuel se rencontrent

 

E-conférence
«Préservatif en cellulose - Essais scientifiques
vers une sexualité éco-compatible»

Le 25 février, à 12h15

 


Développer un préservatif sans danger et écologique, tel est l'objectif poursuivi par quatre étudiantes en Bachelor de la Faculté de médecine de l'Université de Genève (UNIGE), qui étudient la possibilité de créer un préservatif à base de cellulose bactérienne. Produit naturel qui possède de nombreux avantages, dont celui d'être un matériau chimiquement pur, la cellulose est intégralement biocompatible avec le corps humain et biodégradable dans l'environnement.

 


Figure 1 ; Emma Jaques, Ezia Oppliger, Ezgi Gozlugol, Khatiba Khatibi et le Professeur François Barja


Gagnantes du prix InnoSciences 2020 de la Faculté des Sciences de l'UNIGE, Khatiba Khatibi, Ezia Oppliger, Ezgi Gozlugol et Emma Jaques inaugureront la première conférence du cycle «Chimies sexuelles», le jeudi 25 février à 12h15. Organisée par le Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités de l'UNIGE, cette conférence présentera leur recherche, ainsi que les obstacles auxquels elles sont confrontées dans leurs essais scientifiques orientés sur une sexualité éco-compatible. Retrouvez plus d'informations ici.

 
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Le Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités de l'UNIGE organise un cycle de quatre conférences en ligne animées par des expert-es qui revisiteront les rapports que la chimie et la biochimie entretiennent avec le sexuel. Les intervenant-es présenteront quelques-unes de leurs hypothèses et découvertes, récentes ou contemporaines, qui participent de notre vie sexuelle et la façonnent, comme par exemple l'accès à la pilule contraceptive. Il s'agira de comprendre à la fois leurs ancrages idéologiques, les logiques scientifiques auxquelles elles obéissent, ainsi que les changements sociétaux et culturels qu'elles induisent. Retrouvez plus d'informations sur le programme ici.

INFOS PRATIQUES

Préservatif en cellulose - Essais scientifiques vers une sexualité éco-compatible
Jeudi 25 février 2021, à 12h15, en ligne

 

Viagra féminin - Une histoire de la médicalisation de la sexualité féminine 
Jeudi 25 mars 2021, à 12h15, en ligne

 

Pilule et PrEP - La construction sociale des corps à risque
Jeudi 22 avril 2021, 12h15, en ligne

 

Chemsex - Enjeux et préventions des pratiques sexuelles sous l'effet de psychotropes 
Mardi 25 mai 2021, 12h15, en ligne


 


À l'occasion de son cycle de conférences du semestre de printemps 2021, le « Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités – CMCSS » de l'UNIGE souhaite revisiter les rapports que la chimie et la biochimie entretiennent avec le sexuel, en présentant quelques-unes de leurs hypothèses et découvertes, récentes ou contemporaines, qui participent de notre vie sexuelle et la façonnent, ou tendent à le faire. Il s'agira de comprendre à la fois les logiques scientifiques auxquelles elles obéissent et leurs ancrages idéologiques, ainsi que les changements sociétaux et culturels qu'elles induisent.

Des expert-es en lien avec les activités du CMCSS et issu-es de différentes disciplines – biomédicales, historiques, sociologiques et psychologiques – nous inviteront à réfléchir aux fondements et à l'impact de ses nouvelles « chimies sexuelles » au cours des dernières décennies. A quels enjeux de savoir ou de croyance répondent-elles ? Dans quels contextes médicaux, historiques, sociaux et politiques, s'inscrivent-elles ? Faut-il voir en elles, enfin, le signe d'un « progrès » et d'une « libération » ou la marque d'un contrôle et d'un asservissement des sexualités ? Flyer du cycle de conférences

Descriptifs des conférences:

 

25 février 2021, 12h15, en ligne

Préservatif en cellulose - Essais scientifiques vers une sexualité éco-compatible

Khatiba Khatibi, Ezia Oppliger, Ezgi Gozlugol et Emma Jaques, étudiantes en Bachelor en sciences biomédicales, Faculté de médecine, UNIGE

La cellulose bactérienne est un bio-polymère produit par des bactéries acétiques. Il s'agit donc d'un produit naturel qui possède de nombreux avantages, dont celui d'être un matériau chimiquement pur, complètement biocompatible avec le corps humain et biodégradable dans l'environnement. Lors d'un cours qui portait sur le Business Design, dans le cadre de leurs études à la Faculté de médecine de l'UNIGE, ces quatre jeunes étudiantes ont eu l'idée d'étudier la possibilité de créer un produit dans le domaine de la santé sexuelle : un préservatif à base de cellulose bactérienne en développant le projet « OSE ! ». Elles ont remporté le prix InnoSciences 2020 de la Faculté des Sciences à l'UNIGE et eu accès à un laboratoire afin de commencer leurs recherches sur le préservatif en cellulose, sous la supervision du SIH (Science Innovation Hub) et du Dr. François Barja. Lors de cette conférence, Khatiba Khatibi, Ezia Oppliger, Ezgi Gozlugol et Emma Jaques nous présenteront en quoi consiste leur recherche, ainsi que les obstacles auxquels elles sont confrontées dans leurs essais scientifiques orientés par la recherche d'une sexualité éco-compatible.

 

25 mars 2021, 12h15, en ligne

Viagra féminin - Une histoire de la médicalisation de la sexualité féminine 

Delphine Gardey, Historienne et sociologue, professeure ordinaire à l'Institut des Etudes Genre, UNIGE

Sexologie européenne et américaine, révolution psychanalytique, hormonothérapies, médecine sexuelle, pharmacopées du désir : cette conférence s'intéressera à la façon dont les connaissances savantes se sont bousculées au chevet du plaisir féminin et de ses défaillances. Historienne et sociologue à l'Institut des Etudes Genre de l'UNIGE, Delphine Gardey, interrogera notamment les enjeux normatifs et politiques qui accompagnent la biomédicalisation contemporaine des troubles du désir féminin.

 

22 avril 2021, 12h15, en ligne

Pilule et PrEP – La construction sociale des corps à risque

Marlyse Debergh, Assistante et doctorante en sociologie, UNIGE

Comment les corps à risque dans le domaine de la santé sexuelle sont-ils socialement construits ? Cette présentation s'attache à répondre à cette question par une comparaison sociologique entre l'accès à la pilule contraceptive combinée (dite communément la pilule) et l'accès à la prophylaxie pré-exposition (PrEP). A l'occasion de cette intervention, Marlyse Debergh qui réalise actuellement une thèse sur la mise en pratique des politiques de santé sexuelle, présentera tout d'abord les deux médicaments, leurs histoires et leurs usages actuels en Suisse.
Basée sur une recherche ethnographique menée dans deux centres de santé sexuelle de Suisse romande, cette intervention nous permettra ensuite de comprendre comment les corps souhaitant bénéficier de ces traitements sont façonnés autour de compromis entre différents risques.

 

25 mai 2021, 12h15, en ligne

Chemsex - Enjeux et préventions des pratiques sexuelles sous l'effet de psychotropes 

Stéphane With-Augustin, Psychologue, responsable des consultations de psychologie clinique du Pôle Cité à la FPSE - Section de psychologie, UNIGE

CHEMSEX est un nouveau signifiant qui gagne progressivement le monde de la santé sexuelle et de l'addictologie. Forgé au sein de la communauté des hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH), le terme CHEMSEX désigne l'utilisation de produits psychoactifs au service de pratiques sexuelles. Lorsque cette pratique devient compulsive, l'usager se plaint d'avoir tellement été habitué à un plaisir sexuel décuplé qu'il n'envisage pas de retourner à une sexualité sans produits alors même que l'appétence pour le produit est devenue dommageable pour sa santé sexuelle, psychique et sociale. A l'occasion de cette conférence, Stéphane With-Augustin, psychologue et chercheur à l'UNIGE, présentera les enjeux de cette pratique très diffusée qui associe le sexe à la prise de drogues. Il abordera ainsi la diffusion de ce phénomène en matière de prévention et d'une prise en charge clinique de type psychologique

Cette dernière conférence du cycle « Chimies sexuelles » est organisée en collaboration avec l'ADEPSY (Association Des Etudiant.e.x.s en PSYchologie - FPSE - UNIGE) et dans le cadre de leur cycle de conférences « Regards psychologiques croisés sur les sexualités ».

mardi 9 février 2021

Nos émotions, des alliées dans la crise?

Jump-To-Science vous informe

Nos émotions, des alliées dans la crise?

 

Conférence en ligne
Le 4 février 2021

 

 

Peiné-e, ravi-e, frustré-e, désorienté-e? La crise actuelle révèle la place qu'occupent nos émotions dans un contexte professionnel. Mais ces émotions peuvent-elles aussi être des alliées en situation de crise?

 

Donald Glowinski, spécialiste des compétences émotionnelles et chercheur en neuropsychologie à la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation de l'Université de Genève (UNIGE), invite entrepreneurs/euses, salarié-es, patron-nes ou indépendant-es à ré-apprécier le rôle fondamental de nos émotions dans une situation d'urgence sanitaire. Cette conférence en ligne, organisée en partenariat avec la Fédération des Entreprises Romandes Genève (FER Genève), mettra en lumière combien les compétences émotionnelles développées au travers de notre métier ou de nos relations sont une ressource clé pour agir efficacement. Inscriptions ici.

 

 
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La conférence est gratuite et ouverte à toutes et à tous, sur inscription. Elle marque le lancement de la session de formation continue «Agir dans la crise: les compétences émotionnelles», en partenariat avec la FER Genève, qui débutera le 2 mars prochain. La formation est interactive et se déroule en ateliers de 10 personnes au cours desquels une large place sera consacrée aux situations vécues par les participant-es dans leur contexte professionnel. La formation permettra de les aborder sous différents angles et d'envisager les actions possibles, tout en tenant compte de la charge émotionnelle exprimée. Retrouvez plus d'informations ici.

INFOS PRATIQUES

Jeudi 4 février 2021, de 16h à 17h.
Conférence en ligne avec inscription obligatoire.

CONTACT

Brigitte Perrin
Brigitte.Perrin@unige.ch
+41 22 379 79 52

 

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vendredi 29 janvier 2021

Pourquoi ce besoin de consommer quand le plaisir n'y est plus ?

La dopamine et le circuit du plaisir ou de la compulsion ?

"Il se sentirait bien s'il n'avait dans la bouche ce goût de café qui lui reste au palais quand il en boit trop"

Delphine de Vigan Un soir de décembre p. 16
Dans de nombreux ouvrages et références scolaires on évoque depuis des années le "circuit du plaisir" ou "de la récompense" et la dopamine comme neurotransmetteur impliqué dans ce circuit. Kent Berridge présente une distinction qui affine cette explication classique. Pour lui ce circuit ne déclenche pas vraiment le plaisir, mais la compulsion à rechercher ce qui a activé ce circuit. Il nomme wanting cette pulsion très archaïque. Il présente des résultats montrant que les zones du plaisir (liking) sont distinctes et plus subtiles (Cf figure 1). Un review récent confirme que le modèle de Berridge a atteint un certain consensus et mérite donc l'attention des lecteurs de JTS. 

Les implications sur la motivation des élèves seront discutées - avec d'autres - dans la formation PO-816 -
Motiver les élèves en respectant leur autonomie ? 24  mars 2021  inscriptions avant le 10 février  ici
NB. : Il y a eu des problèmes avec la plateforme d'inscription au début de cette année : n'hésitez pas à écrire un mail à FC-PO (DIP) <fc-po@etat.ge.ch>si ça ne fonctionne pas

Depuis des années on enseigne le circuit du plaisir

Dans les explications classiques, on présente une zone particulière du cerveau, où les drogues conduisent d'une manière ou d'une autre à un surcroit de dopamine qui produirait plus de plaisir et inciterait ainsi le consommateur à reprendre de la substance.

Cette explication classique, repose sur la découverte il y a plus de 50 ans de ce circuit "du plaisir" ou "de la récompense" que certaines substances activent, et qui est au cœur de l'addiction. Ce circuit implique des neurones à dopamine reliant l'ATV (aire tegmentale ventrale) et le NA (noyau accumbens) et produit la sensation qu'on a qualifiée de "plaisir" ou récompense .

Par exemple
" L'activation de plusieurs zones cérébrales peut avoir des effets gratifiants, mais c'est la stimulation d'une voie particulière qui provoque le plaisir le plus intense. Il s'agit de ce que l'on nomme en anglais le « medial forebrain bundle" ou MFB," ici
"… dont l'activation mène à la répétition de l'action gratifiante pour en consolider les traces nerveuses." Dubuc, Bruno.(2008), ici

Quand on ne peut s'empêcher de consommer, alors même que le plaisir n'y est plus !

C'est pourtant bien le plaisir qui nous pousse à consommer à nouveau, non ?

Dans ces explications classiques, on montre que dans les synapses de ce circuit les drogues conduisent d'une manière ou d'une autre à un surcroit de dopamine qui produirait plus de plaisir ce qui incite le consommateur à reprendre de la substance.

Voir par exemple les explications classiques du mécanisme conduisant à l'addiction de Dubuc, Bruno (2008), Le cerveau à tous les niveaux. Mc Gill :

  Cocaïne  |  Opiacés | Nicotine | Cannabis | Alcool | Amphétamines| …

"On sait aujourd'hui [2008] que les dépendances entretiennent un rapport étroit avec le plaisir. Toutes les substances psychoactives (y compris tabac et alcool) ont un effet sur des neurones du cerveau qui forment ce qu'on appelle le circuit du plaisir ou de la récompense."  Dubuc, Bruno (2008),

Toutes les drogues semblent augmenter, directement ou            indirectement, la quantité de dopamine dans le circuit de la            récompense.

Fig 2: "Toutes les substances psychoactives (y compris tabac et alcool) ont un effet sur des neurones du cerveau qui forment ce qu'on appelle le circuit du plaisir ou de la récompense."  [img]. Source :Dubuc, Bruno.(2008), Le cerveau à tous les niveaux. Mc Gill

La différence cruciale entre compulsion, désir (wanting) et plaisir, satisfaction hédonique (liking)

Cependant dans une interview à la BBC, (ici) Kent Berridge présente une distinction qui affine cette explication classique.
Il explique que de nombreuses études ont montré que ce circuit dans lequel des neurones à dopamine interviennent ne déclenche pas vraiment le plaisir, mais la compulsion à rechercher ce qui a activé ce circuit. Il nomme wanting cette pulsion très archaïque. Et que les zones du plaisir (liking) sont distinctes et plus subtiles (Cf figure 1).



Fig 1: Les zones du Wanting (ex circuit du plaisir) en gris sombre sont distinctes de celles du Liking en blanc. A droite : l'addiction repose sur le wanting pas le liking  [img]. Source : Berridge & Robinson (2016).

Un extrait (traduit) pour vous donner envie de lire plus
Jusqu'à récemment, on supposait généralement que si nous voulions quelque chose, c'était parce qu'elle nous donnait du plaisir. Des recherches remettent maintenant en question cette idée - et ouvre la voie vers de possibles remèdes à la dépendance.
Dans les années 70, un psychiatre, Robert Heath (1972), a  installé chez un patient psychiatrique connu sous le nom de B-19 un dispositif permettant d'activer dans le cerveau ce qui, à l'époque, était considéré comme les centres du plaisir. B-19 pouvait donc les activer en appuyant sur un bouton. Et il l'a fait, et répété, - plus de 1000 fois par session. [... ce "traitement" déplorable et honteux effectué par ce médecin est très choquant et JTS ne reproduit pas cette partie du texte].
Mais Robert Heath a noté quelque chose d'étrange. Lorsqu'il a demandé à B-19 de décrire comment la stimulation le faisait se sentir, il s'attendait à ce qu'il emploie des termes comme «fantastique», «incroyable», «merveilleux». Mais il ne l'a pas fait. En fait, il ne semblait pas du tout apprécier ce qu'il a vécu là.
Alors pourquoi a-t-il continué à appuyer sur le bouton et pourquoi a-t-il protesté lorsque le dispositif a été retiré ?
Kent Berridge propose dans l'interview à la BBC qu'avec ce qu'on sait actuellement, bien que B-19 n'apprécie pas les sensations produites par le dispositif, une compulsion le poussait à l'activer. Cela pourrait expliquer la contradiction apparente.
Pendant de nombreuses années, les psychologues et les neuroscientifiques ont supposé qu'il n'y avait pas de réelle différence entre apprécier quelque chose et le vouloir. Apprécier, savourer (liking ) ou désirer, vouloir wanting semblent exprimer le même processus mental, non ?
Sûrement, quand je veux (wanting) une tasse de café le matin, c'est parce que j'aime (like) le café?

Avec cette hypothèse - que wanting équivaut à liking - il était largement admis qu'il y avait un système dans le cerveau, impliquant [le neurotransmtteur] dopamine, qui poussait à la fois (désir, wanting) à  ce qui donne du plaisir (liking). De plus, il semblait y avoir des preuves convaincantes que la dopamine était essentielle au plaisir.
Les rats, comme les humains, adorent les produits sucrés, mais lorsque la dopamine a été retirée de leur cerveau et que des substances sucrées ont été placées dans leurs cages, ils ont cessé de chercher ces aliments. Coupez la dopamine, pensait-on, et vous supprimez le plaisir. […]
Cela explique peut-être, dit le journaliste, mes habitudes de consommation de café. Je want et je like ma tasse de café du matin. Mais la tasse de café de l'après-midi - à laquelle je ne peux pas résister - a un goût amer et désagréable pour moi. Je la want, mais ne la like pas.[…]

Pour le toxicomane, le désir wanting s'éloigne du plaisir liking. [Cf figure 1 droite] Le système dopaminergique enregistre que certains indices - comme la vue d'une machine à café - conduisent à des récompenses. D'une manière ou d'une autre, qui n'est pas entièrement comprise, le système dopaminergique du toxicomane devient sensibilisé. Le désir ne disparaît jamais et est déclenché par de nombreux signaux. Les toxicomanes peuvent trouver leur envie de prendre (wanting) de la drogue déclenchée par une seringue, une cuillère, même une fête, ou d'être au coin d'une rue particulière.
Mais le wanting ne disparaît jamais - ou pas pendant très longtemps.
Cela rend les toxicomanes extrêmement vulnérables aux rechutes. Ils veulent (wanting) reprendre la drogue, même si la drogue leur procure peu ou pas de plaisir liking. "
Traduction Google retouchée mais encore médiocre
encourage le lecteur à aller vérifier dans l'article d'origine : ici

Un article vulgarisé ?… plutôt l'article scientifique ! Jump-to-l'origine des savoirs 

Dans un article scientifique Berridge & Robinson (2016) nuancent et précisent. Notamment ils montrent les zones du liking (hédonique) qui sont réparties à divers endroits et supportées par des circuits moins robustes que le classique circuit dopaminergique du wanting.

Hedonic coding in the human            orbitofrontal cortex (OFC)
Fig 3: le codage Hedonique (liking) dans le cortex orbitofrontal humain (OFC) [img]. Source :Berridge, K. C., & Kringelbach, M. L. (2015)

"Les récompenses sont à la fois «appréciées» (liking) et «recherchées» (wanting), et ces deux mots semblent presque interchangeables. Cependant, les circuits cérébraux qui interviennent dans le processus psychologique de «wanting» d'une récompense particulière sont dissociables des circuits qui déterminent le degré auquel elle est «appréciée» = liking. La saillance incitative ou «vouloir» = wanting, une forme de motivation, est générée par des systèmes neuronaux vastes et robustes qui incluent la dopamine mésolimbique. Par comparaison, le liking, ou l'impact réel de la consommation de récompense, est médiatisé par des systèmes neuronaux plus petits et fragiles et ne dépend pas de la dopamine." Abstract de  Berridge, Robinson, (2016)  traduction. 
encourage le lecteur à aller vérifier dans l'article d'origine :  ici


Eva Pool et al. (2016) dans l'équipe du Prof. D. Sander à l'UniGE confirment ici  que le modèle de Berridge a atteint un certain consensus - un incontournable- , mais discutent ou nuancent le modèle le Berridge (notamment sur la manière dont on a transposé à l'humain les méthodes établies chez d'autres animaux).:
In conclusion, the present systematic review reveals that over- all, the methodological procedures used to assess human wanting and/or liking have integrated key elements of the incentive motivation model, according to the main tenets of the incentive salience hypothesis.
encourage le lecteur à aller vérifier dans l'article d'origine :  ici

Perspective évolutive sur les drogues

Comment expliquer que ce système du wanting si puissant, mais qui produit des dégâts considérables en cas de dérèglements (notamment par l'addiction) s'est-il maintenu a travers l'évolution, alors que les systèmes du plaisir (liking, hédoniques) sont si légers et subtils, se demandent Nesse et Berridge (1997) dans un article dans la revue Science ici

"Des drogues psychoactives purifiées et des voies d'administration directes sont des caractéristiques évolutives nouvelles de notre environnement. Ils sont intrinsèquement pathogènes car ils contournent les systèmes adaptatifs de traitement de l'information et agissent directement sur des mécanismes cérébraux primitifs qui contrôlent les émotions et le comportement. Les substances qui induisent des émotions positives donnent un faux signal d'avantage évolutif. Ce signal détourne les mécanismes incitatifs de «liking» et de «wanting» et peut entraîner une consommation continue de drogues qui n'apportent plus de plaisir. Les substances qui bloquent les émotions négatives peuvent altérer des défenses utiles, bien qu'il existe plusieurs raisons pour lesquelles leur utilisation est souvent sans danger. Une compréhension plus approfondie des origines et des fonctions évolutives des émotions et de leurs mécanismes neuronaux est nécessaire pour prendre des décisions concernant l'utilisation de drogues psychoactives." Nesse, et al. (1997)  traduction
"Les capacités émotionnelles ont évolué pour améliorer la forme physique darwinienne des individus alors qu'ils recherchent des ressources et évitent les dangers. La poursuite d'objectifs associés aux émotions a tendance à faire monter les organismes sur un gradient hédonique et adaptatif, mais les systèmes neurocomportementaux sont conçus pour maximiser la forme physique darwinienne, pas le bonheur, de sorte que nos plaisirs sont souvent éphémères et nous éprouvons beaucoup de souffrances inutiles. Les mécanismes neurochimiques qui interviennent dans ces états confèrent une vulnérabilité intrinsèque à l'abus de substances dans les environnements où les médicaments sont disponibles. Une meilleure compréhension des mécanismes, des origines et des fonctions des émotions améliorera notre capacité à faire face à la toxicomanie et notre sagesse dans la prise de décisions concernant l'utilisation thérapeutique des drogues psychoactives." Conclusion : Nesse, et al. (1997) traduction

Pourquoi la dissociation des circuits wanting / liking semblent plus flous chez l'humain que chez les autres animaux ?

Dans ce papier écrit par Eva Pool avec David Sander, Measuring wanting and liking from animals to humans : A systematic review. ils proposent une explication de la raison pour laquelle les résultats sur la dissociation des circuits wanting / liking sont plus flous chez l'humain que chez l'animal (expected pleasantness and relevance).

JTS ne parle pas de l'addiction dans cette publication sur le wanting/liking  !??

JTS renvoie aux nombreuses publications de Christian Luscher à l'UniGE, une sommité sur l'addiction, JTS a par exemple noté, sur une suggestion de Dr Emilie Qiao, ce review récent : en plus d'une synthèse actuelle, les auteurs distinguent  la compulsion (compulsive taking / compulsive seeking

…et les autres animaux ?

Ces systèmes du wanting semble très largement répandu chez une grande partie du monde animal où il oriente aussi la motivation à de nombreux comportements.

Un joli exemple vulgarisé en français : alors qu'on interprète en général que le chat adore se rouler dans cette plante (la cataire, ou herbe aux chats), l'observation s'explique mieux en termes de wanting !
Selon les auteurs Uenoyama, et al. (2021) ici, il n'est pas certain que le chat y trouve du plaisir (liking) mais plutôt une compulsion (wanting) à se rouler dans une plante qui le protège de parasites comme les moustiques.
On retrouve aussi ici la différence entre l'interprétation classique (il "adore ça") et l'explication évolutive de Berridge, qu'on pourrait formuler ainsi : les félins chez qui le népétélactol de la cataire active ce circuit du wanting ne peuvent s'empêcher de s'y frotter et sont mieux protégés des parasites, finalement ils sont en meilleure santé et ont plus de descendants. 
Dr Emilie Qiao, du neurocenter de l'UniGe précise :
Le fait de se frotter sur ces feuilles n'est pas addictif, et implique les endorphines et les opiacés, ce qui est tout de même suggestif de liking, cela même si le comportement de se frotter n'est pas représentatif du degré de plaisir.
Dans l'article d'origine, Uenoyama, et al. (2021) ici développent le mécanisme d'action et précisent que la réaction à ces plantes est autosomale dominante. Un exemple pour renouveler les exercices de génétique qui sont fatigués des souris et des petits pois ?     
encourage le lecteur à aller vérifier dans l'article d'origine :  ici

Un exemple d'évolution des modèles explicatifs en science … 

Cet exemple illustre joliment comment la science avance : un modèle explicatif est affiné, pour rendre mieux compte de données que le précédent n'expliquait pas vraiment bien. L'ancien modèle explicatif n'est pas tellement faux  que limité.

Il peut être une étape intéressante dans la compréhension des élèves ( peut-être parlera-t-on alors de circuit de la récompense). Si le modèle de Berridge semble petit à petit s'imposer dans la recherche. ...qu'en sera-t-il dans l'enseignement ?

Certains ouvrages plus récents sont discrètement formulés dans ce sens "À mesure que la toxicomanie s'installe, le circuit du système de récompenses est le siège de changement durables. Il en résulte un besoin à consommer la substance peu importe qu'il y ait du plaisir ou non associé" Campbell, 2012 p. 1250 italique de JTS.
Il y a peut-être encore dans nos dossiers des documents et exercices à réviser ?

Quelques  implications pour l'enseignement

Comprendre qu'un élève qui se débat dans une addiction ne cherche pas le plaisir mais est soumis à ce puissant système du wanting pourrait changer la manière dont on l'aide - surtout si on a reçu une éducation très morale envers le plaisir (…l'ombre de Calvin rode encore à Genève et les valeurs judéo-chrétiennes dans l'éducation ?).

D'autre part,  vu la puissance de ce circuit du wanting , on pourrait explorer ses possibles implications pédagogiques et notamment ses effets pour orienter la motivation à apprendre des élèves.
Plutôt que tenter de motiver les élèves par la peur des mauvaises notes, peu efficace  pourrait-on chercher à activer ce circuit de la récompense ?

Est-ce que les faire utiliser les connaissances acquises pour résoudre avec succès des problèmes difficiles, pourrait les inciter à utiliser à nouveau ces acquis scolaires pour expliquer et prédire le monde ?
Cela rejoindrait les conclusions de recherches sur la manière dont les élèves utilisent les modèles explicatifs en sciences, et comment les inciter à utiliser les explications apprises à l'école de manière durable (Potvin, 2019 , Potvin et al., 2015 ici).
encourage le lecteur à aller vérifier dans le texte d'origine :  intranet.pdf

On pourrait aussi extrapoler un peu et y voir un lien avec l'effet motivant de la satisfaction de réussir une tâche difficile, et la récompense  produite par le fait de comprendre (les émotions épistémiques dans le jargon des spécialistes)  (Pekrun, et al.2007).
encourage le lecteur à aller vérifier dans le texte d'origine : intranet.pdf

Explorer les effets motivants de ces mécanismes et d'autres ?

Les conséquences sur la motivation des élèves de ces mécanismes seront discutées avec bien d'autres qui peuvent fortement affaiblir ou amplifier la motivation envers les apprentissages dans la formation

PO-816 - Motiver les élèves en respectant leur autonomie ? 24  mars 2021
inscriptions avant le 10 février  ici

NB. : Il y a eu des problèmes avec la plateforme d'inscription au début de cette année : n'hésitez pas à écrire un mail à FC-PO (DIP) <fc-po@etat.ge.ch>si ça ne fonctionne pas

Références:

  • BBC World Service—The Big Idea, The science of addiction. (s. d.). BBC. Consulté 29 décembre 2020, à l'adresse https://www.bbc.co.uk/programmes/w3ct0xj9
  • Berridge, K. C., & Robinson, T. E. (2016). Liking, Wanting and the Incentive-Sensitization Theory of Addiction. The American psychologist, 71(8), 670‑679. https://doi.org/10.1037/amp0000059
  • Berridge, K. C., & Kringelbach, M. L. (2015). Pleasure systems in the brain. Neuron, 86(3), 646‑664. https://doi.org/10.1016/j.neuron.2015.02.018
  • Dubuc, Bruno.(2008), Le cerveau à tous les niveaux. Mc Gill
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Remerciements

Dr Emilie Qiao pour les commentaires et des références précieux,  aux  Dr Laura Weiss et Vincent Menuz pour une relecture et des commentaires.