vendredi 28 octobre 2011

Diabète et Obésité - 15 novembre - visite des laboratoires et rencontre avec les chercheurs

Lors d'une journée Diabète et Obésité,  le 15 Novembre au CMU les chercheurs accueillent vos classes. Voir plus bas et dans la pièce jointe tous les détails de cette journée à ne pas manquer

Une magnifique opportunité de tisser des liens entre la biologie en classe et la recherche, montrer qu'elle bouge, qu'elle produit de nouvelles réponses à des problèmes de santé par exemple.
C'est aussi l'occasion de rencontrer des chercheurs pour que les élèves se fassent une meilleure idée du métier de chercheur-e, et des études en biosciences au moment ou leurs choix d'études se font.

Optimiser les sorties de classe

Ces sorties ont d’autant plus d'effet sur les apprentissages que les élèves ont pu se préparer - par exemple avec des questions à poser aux chercheurs, sur la biologie, sur la vie de chercheur-e, sur les études, sur la science et la société.
Pour qu'ils aient des questions il faut naturellement qu'ils comprennent un peu le problème...
Raven  (2007) le décrit ainsi

"Deux formes de diabète sucré sont maintenant identifiées. Les gens atteints du type I, ou diabète insulinodépendant ont perdu les cellules β sécrétrices d'insuline. Ces patients sont donc traités par des injections d'insuline.
Cependant, la  plupart des patients souffrent du diabète de type II, ou diabète sucré ne dépendant pas de l'insuline. Ils ont en général un taux sanguin normal d'insuline, ou même supérieur à la norme, mais leurs cellules sont moins sensibles à l'insuline. Ces gens ne requièrent pas d'injections d'insuline et peuvent en général contrôler leur diabète par un régime et de l'exercice." p. 1008

Pour susciter les questions : un article-choc

Bien que ce soit certainement discutable, une news récente dans la revue Science ( Couzin, J. , 2008) ici suggère que le diabète de type II pourrait être traité chirurgicalement par un bypass gastrique.
"By altering the gut's production of hormones, gastric bypass surgery may be able to eliminate type 2 diabetes. But scientists worry that this radical operation can also cause dangerously low blood sugar"

Figure
Fig 1 : Un bypass gastrique réduit la taille effective de l'estomac. Parmi d'autres effets il pourrait éliminer le diabète de type II selon les auteurs de cet article.  [img]Source :CREDIT: C. BICKEL/SCIENCE; ADAPTED FROM DEMARIA, NEW ENGLAND JOURNAL OF MEDICINE 356, 21 (2007)  


C'est une option radicale qui suscitera certainement  de nombreuses questions sur l'obésité, le diabète,  la responsabilité individuelle dans sa santé, etc.
Ces questions débattues, et/ou posées aux chercheur-e-s du CMU – je soupçonne qu'ils-elles n’adhéreront pas aux conclusions de cet article – seraient une magnifique occasion de discuter comment la science progresse par débat et confrontation d'idées.
Une belle occasion d'apprendre à mettre en perspective la science et se distancer des arguments d'autorité : comment décider quelle autorité croire entre la prestigieuse revue Science et des chercheurs du prestigieux CMU ...
Un petit pas pour nos élèves d'accepter que si la science progresse elle est forcément faite d'incertitudes puisque de nouvelles données modifieront un jour les conclusions actuelles...
Un grand pas si on arrive à leur apprendre à construire leurs propres conclusions par la mise en perspective critique des idées, leur débat argumenté.  Cf  Johnson, D. W., & Johnson, R. T. (2009) sur comment débattre constructivement.

Pour monter que la science avance et remet en question ses conclusions : une recherche récente.

Une des formes de diabète résulte d'un déficit de production d'insuline, souvent lié à la disparition des cellules β du pancréas qui produisent l'insuline.
Une équipe de chercheurs de l'Université de Genève avec des chercheurs de Nara au Japon (Thorel, F., et al. 2010) ont réussi a reprogrammer des cellules pancréatiques α (productrices de glucagon) en cellules β (productrices d'insuline) chez la souris ce qui pourrait ouvrir la voie à des traitements du diabète.
reprogrammation
Fig 1 : Ilots représentatifs de divers moments après l'ablation des cellules β. En vert la production d'insuline.  [img]Source :Thorel, et al (2011) 
 
Ils ont détruit toutes les cellules β en activant la protéine Diphtérique (DT) sélectivement et observé comment les cellules β réapparaissaient spontanément.
Un des ateliers de cette journée portes ouvertes traite de ce thème 

Cellules souches et diabète :
Les cellules souches ont le potentiel de produire n'importe quel type cellulaire. Alors pourquoi pas une cellule à insuline pour le traitement du diabète? Comment transformer ces cellules en laboratoire ?
Les auteurs proposent que l'on pourrait envisager des thérapies humaines sur ce principe.
"Such inter-endocrine spontaneous adult cell conversion could be harnessed towards methods of producing β-cells for diabetes therapies, either in differentiation settings in vitro or in induced regeneration."

Un espoir ?

Nous savons que cette thérapie n'est pas pour demain, mais pour dans des années, et seulement peut-être.
Cet espoir justifie sans aucun doute les recherches, mais ne risque-t-il pas aussi de se retourner contre la recherche si dans quelques années nos élèves voient que toutes ces thérapies promises ne se sont pas réalisées, et que les chercheurs – ou leur service de communication – savaient combien d'obstacles il y a depuis une découverte fondamentale jusqu'à une thérapie et combien n'y parviendraient pas. Cela pourrait ébranler la confiance encore très grande - des études le montrent - que le public a envers les chercheurs.
Faut-il laisser entendre – sans le dire – que ce traitement est probable et proche pour défendre la recherche, ou éduquer pour faire des citoyens responsables qui soutiendront la recherche parce qu'ils l'auront mieux comprise ?

(Je reconnais que je pose la question d'une manière qui révèle mon opinion... et j'assume cela)

Sources

  • Couzin, J. (2008). Bypassing Medicine to Treat Diabetes. Science, 320(5875), 438 -440. doi:10.1126/science.320.5875.438
  • Johnson, D. W., & Johnson, R. T. (2009). Energizing learning: The instructional power of conflict. Educational Researcher, 38(1), 37.3intranet.pdf
  • Raven, P. H., Johnson, G. B., Losos, J. B., & Singer, S. R. (2007). Biologie. Bruxelles: de Boeck.
  • Thorel, F., Népote, V., Avril, I., Kohno, K., Desgraz, R., Chera, S., & Herrera, P. L. (2010). Conversion of adult pancreatic α-cells to β-cells after extreme β-cell loss. Nature, 464(7292), 1149-1154. doi:10.1038/nature08894
La plateforme  Expériment@l  vous offre l'accès a ces articles : Comment  Obtenir un article : Get-a-doi http://tecfa.unige.ch/perso/lombardf/projets/experimental/images/logo-experimental-sml.jpg

diabete et
          obesité
Madame, Monsieur,
La Faculté de Médecine vous invite à la

Journée Portes Ouvertes

Diabète et Obésité - visite des laboratoires et rencontre avec les chercheurs

Mardi 15 novembre
, 9h30-18h00
Centre Médical Universitaire (sur inscription)

Pour la 9e fois consécutive, la Faculté de médecine de l'Université de Genève organise une
Journée Portes Ouvertes qui s'inscrit dans la campagne de la Journée Mondiale du Diabète,
axée sur l'éducation et la prévention. Elle a pour but une meilleure compréhension de ses habitudes de vie
et des mécanismes biologiques favorisant le diabète. Cette année, un accent particulier sera porté sur la génétique dans le diabète.


10 stands sont proposés sur un parcours thématique à la carte: le visiteur aura la possibilité de rencontrer chercheurs et cliniciens
et de construire son parcours personnel en faisant sa propre sélection (sur inscription).

Tout public et tout âge.
Programme et descriptif complet sur www.diabete.unige.ch
explorer

Les stands à choix, d'une durée de 30 minutes chacun, animés par des chercheurs et des cliniciens


  • Le diabète chez l'enfant et l'adolescent :
    Qu'est-ce que le diabète et comment le traiter? Comment fonctionne une pompe à insuline? Nous mesurerons le sucre dans le sang et nous verrons quels sont les éléments qui font bouger son taux.
  • Voyage microscopique dans le pancréas :
    Un parcours visuel sur la fonction du pancréas. Observez le pancréas et les cellules à insuline à travers différents instruments appartenant au passé ou à la dernière technologie de pointe.
  • Comment fonctionne la cellule à insuline :
    Comment la cellule du pancréas ouvre et ferme le robinet à insuline ? Quels sont les outils des chercheurs ? Nous visualiserons comment les cellules à insuline fonctionnent comme détecteurs de sucre.
  • Horloge pancréatique et diabète :
    Nos cellules ont une horloge biologique rythmée par des cycles d'environ 24 heures. Comment cela influence-t-il la régulation des cellules à insuline et quelle peut-être la conséquence sur l'apparition du diabète?
  • Le génome pour comprendre le diabète :
    Découverte de l’univers fascinant du plan de fabrication de chaque individu, au travers d’une fresque graphique, de mises en scène, d’une sculpture lumineuse de l’hélice d’ADN, de films d’animation scientifique et du journal lumineux sur lequel défile l’intégralité du génome humain.
  • A la recherche des gènes du diabète :
    Y a-t-il des gènes responsables du diabète ? Comment faire pour les identifier ? Nous verrons comment rechercher les empreintes génétiques associées au diabète dans des modèles expérimentaux.
  • Transgénèse et régénération:
    Comment sont générées les souris transgéniques en laboratoire? Est-ce que le pancréas peut régénérer de nouvelles cellules productrices d'insuline chez les souris diabétiques? Pourquoi utilise-t-on des souris transgéniques diabétiques pour étudier la régénération? Quels sont les perspectives pour l'Homme et les futurs traitements du diabète?
  • La transplantation cellulaire pour traiter le diabète:
    La transplantation humaine des îlots pancréatiques est une option thérapeutique pour le traitement de certains diabétiques. Nous verrons comment isoler, purifier, et finalement transplanter ces précieuses cellules.
  • Cellules souches et diabète :
    Les cellules souches ont le potentiel de produire n'importe quel type cellulaire. Alors pourquoi pas une cellule à insuline pour le traitement du diabète? Comment transformer ces cellules en laboratoire ?
  • Association Genevoise des Diabétiques :
    présentation de l'AGD et des aides aux personnes diabétiques.


Pour tout renseignement:
Mme Geneviève Ruckstuhl, 022 379 55 60
Genevieve.Ruckstuhl@unige.ch

mardi 11 octobre 2011

IgNobel Le scarabée qui prenait une bière pour sa compagne ?

IgNobel : étonnant, … mais pas si bête après tout !

The Ig® Nobel Prizes


The Ig Nobel Prizes honor achievements that first make people laugh, and then make them think. The prizes are intended to celebrate the unusual, honor the imaginative — and spur people's interest in science, medicine, and technology.
http://improbable.com/ig/

Dans ce genre irrévérencieux qui le caractérise – et qui peut donner aux adolescents une image moins terne de la science – le prix IgNobel a été décerné avec humour à des recherches qui font "d'abord rire, puis réfléchir".

En ce qui concerne les biosciences  les prix décernés sont :
Biologie : à Darryl Gwynne et David Rentz pour avoir découvert qu'une espèce de scarabée tentait de s'accoupler avec un certain type de bouteille de bière australienne.
Médecine : à Mirjam Tuk, Debra Trampe et Luk Warlop, ainsi qu'à Matthew Lewis, Peter Snyder et Robert Feldman, Robert Pietrzak, David Darby et Paul Maruff pour avoir démontré que l'on peut prendre, dans certains cas, de meilleures décisions lorsqu'on a un besoin urgent d'uriner, et de mauvaises décisions dans d'autres cas.Il  récompense deux recherches : l'une publié sous le titre magnifique de The effect of acute increase in urge to void on cognitive function in healthy adults par M.S. Lewis et al. qui montre qu'une envie d'uriner diminue les fonctions cognitives autant qu'une nuit blanche, et l'autre :" Inhibitory Spillover: Increased Urination Urgency Facilitates Impulse Control in Unrelated Domains" qu'elle favorise des choix raisonnables plutôt qu'impulsifs.
On ne devrait emmener des conjoint-e-s dispendieux voir les expositions de voitures ou les bijouteries qu'avec la vessie pleine ?

Nous allons commenter un peu celui de biologie, bien que l'autre suscite aussi cette curiosité qui est un des moteurs  de la science :
" Sa grande qualité était l'aptitude à goûter l'étrangeté qui marque l'esprit des véritables chercheurs."  MORRIS, Desmond, 1980, La fête Zoologique, Calmann-Lévy

Le scarabée qui prenait une bière pour sa compagne ?

figure1
Fig 1 : Le mâle tente de s'accoupler avec le fond de la bouteille de bière, Notez en haut les pièces copulatrices sorties, et en bas la similitude du motif tacheté du fond de la bouteille avec les élytres de l'insecte.  [img]Source : GWYNN et al 

Le cas de ce scarabée (Julodimorpha bakervelli, un coléoptère Buprestidae ) qui tente de copuler avec un fond de bouteille de bière et persiste pour des heures peut être un exemple qui plaira aux ados. Par ailleurs les Buprestidae sont phytophages et souvent particulièrement beaux (cf images google) .
On peut supposer que la référence à la bière et à la maladresse sexuelle peut attiser leur intérêt. Si on arrive à diriger cette motivation vers l'étude du comportement après les rires gras, les gloussements ou les rougissements gênés.
figure 2
Fig 1 : Julodimorpha bakervelli : les élytres de l'insecte ressemblent à du verre a bouteille.  [img]Source : jeans Photos  http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/deed.en
Chez cette espèce les mâles volent et recherchent les femelles qui les attendent immobiles au sol. La couleur et les petites protubérances du fond de la bouteille ressemblent aux élytres.  Les chercheurs australiens ont observé que les mâles restent indéfiniment sur les bouteilles sans même se défendre de fourmis qui les attaquent sur les parties tendres de leur parties génitales (Cf. fig 1 en bas) . Lorsque les chercheurs les ont déplacés, les mâles sont revenus vers les bouteilles. Presque tous les cul de bouteilles du secteur étaient occupés par un mâle. 
On peut envisager de l'utiliser pour illustrer le stimulus-supranormal en éthologie et montrer que ce phénomène n'existe pas seulement chez l’épinoche et les goélands  argentés.

Fig 3 :les classiques exemples de leurres pour le comportement territorial de l'épinoche mâle.  [img]Source : Ethologie.unige.ch
Les auteurs relèvent avec humour que la présence de bouteilles dans la nature pourrait perturber la reproduction de ces Buprestidae : les mâles qui restent sur une bouteille n'ont pas de descendants et que c'est une raison de plus de ne pas jeter les bouteilles dans la nature.
En somme une trop grande fascination pour la bouteille de bière ne favorise pas la sexualité...

Sources

  •  Gwynne, D., & Rentz, D. (1983). Beetles on the bottle: male buprestids mistake stubbies for females (Coleoptera). Australian Journal of Entomology, 22(1), 79-80. intranet.pdf
  • Site IgNobel http://improbable.com/ig/

"TOUS COBAYE... DU BIOBRICOLAGE?"

http://www.bancspublics.ch/
Café scientifique, le LUNDI 17 octobre 2011 à 18h30 

Musée d'histoire des sciences
(dans le Parc de la Perle du lac)
Trams 13 et 15, arrêt Butini / Bus 1, arrêt Sécheron, Parking adjacent. 
ENTRÉE LIBRE



"TOUS COBAYE... DU BIOBRICOLAGE?"


Biobricolage? La première image qui vient à l’esprit en entendant ce terme, c’est peut-être celle de Frankenstein, ou celle du biologiste de garage, tant le mot bricolage rapproche de l’idée du mal fagoté aussi bien par la forme que par l’esprit. Mais dans ce café scientifique, il sera plutôt question des modifications du vivant par différentes sciences, notamment la génétique et la biologie synthétique. Pourquoi et comment fabrique-t-on ex-nihilo des chromosomes de bactéries fonctionnels ? Quelles précautions et quels risques prend-on ? 

Que dire des raccords « bricolés » entre le vivant et l’outil électronique et informatique. Par exemple : des yeux artificiels, une chaise roulante commandée par la pensée et peut être même, mais on n’y est pas encore, des nanorobots capables d’opérer d’une tumeur. 
Si robocop est d’actualité, s’il existe presque déjà, qu’en faire ?

Affûtez vos questions, et souvenez-vous : dans le respect et la sérénité. Exit la polémique. 
Avec la participation de :
M. Bruno J. Strasser, Historien des sciences, professeur à l'Université de Genève
M. José del R. Millán, Professeur, Chaire Fondation Defitech, Centre pour les Neuroprothèses
M. Laurent Roux, Docteur en biologie, Professeur à la faculté de médecine de l'Université de Genève, département de microbiologie et de médecine moléculaire, Spécialiste en virologie.




Animation :
M. Christophe Moreau, épistémologue

Sources

dimanche 2 octobre 2011

Enfin un TP où les élèves peuvent explorer l'expression des gènes ?

L'expression des gènes est un concept difficile pour les élèves

Il nécessite d'abord qu'on distingue le gène de la protéine correspondante.
Ensuite il faut que l'élève comprenne que la présence du gène n'implique pas automatiquement la présence de la protéine, mais qu'une régulation détermine lesquels des gènes sont activés dans une cellule, à un moment donné.
Il lui faut aussi réussir à imaginer que cette activation est différente aussi bien dans le temps qu'à travers l'organisme, pour que l'action coordonnée des gènes dans les cellules, les tissus, les organes produisent les effets parfois visibles comme la couleur des yeux, mais souvent diffus comme la digestion, la croissance ou même l'ensemble des processus qu'on appelle la vie.
Appréhender que le fonctionnement global de l'organisme résulte (au moins en partie dirons-nous prudemment) de l'action des protéines produites dans les cellules est très certainement difficile à croire pour les élèves. Je dis bien croire, car le démontrer aux élèves est à peu près impossible, et même leur donner l'opportunité de l'éprouver au sens de De Vecchi - confronter ce qu'ils ont compris au réel - faute d'expériences ou de TP permettant d'explorer les mécanismes en jeu. L'expérimentation est donc une des méthodes qu'emploie la science pour vérifier et construire des connaissances.
Dans certains cas précis on peut faire éprouver la physiologie en mâchant du pain jusqu'à obtention d'un gout sucré et apparition d'une réaction positive au Test Fehling, par exemple.
En général quand on évoque les expériences en classe, on pense manips et éprouvettes, mais ici ils auront l'occasion de se frotter a des données authentiques pour vérifier leurs hypothèses. La différence est qu'on accède aux données par internet, ce qui est une forme d’"expérimentation" – du moins une forme de construction de connaissances publiables dans Nature et Science – de plus en plus courante à travers toute la biologie.
On aimerait avoir plus d'expériences qui permettent aux élèves de pratiquer ces allers-retours entre ce qu'ils ont compris et la réalité "si j'ai bien compris on devrait voir ceci ..." "Donc si je fais cela il devrait se passer ceci... " on obtient alors des données qui confirment ou infirment et ils peuvent construire une connaissance étayée à partir des données par un raisonnement qui justifie. Ce processus fondamental pour la science permet une construction et une progressive amélioration de leurs modèles explicatifs : c'est la modélisation. Elle nécessite à la fois des opportunités de manipuler ou d'observer et une compréhension de base du phénomène. Assez pour se poser des questions et les comprendre
On manque singulièrement d'opportunités pour les élèves de se confronter à des données sur l'expression des gènes. Or grâce a des chercheurs de l'université de Genève entre autres, on dispose de l'atlas
complet de l'expression des gènes de l'embryon de souris en développement.

Des données authentiques librement accessible en classe !

Pendant quatre ans, huit laboratoires de recherche, dont celui du professeur Stylianos Antonarakis de la Faculté de médecine de l’Université de Genève (UNIGE), ont travaillé à la création de cet impressionnant atlas d’expression génétique, absolument unique en son genre. L’étude a été financée par l’UE à raison de douze millions
d’euros.
Eurexpress website
Fig 1 : Le logo d'Eurexpress. [img]Source : http://www.eurexpress.org/ee/
Les chercheurs se sont partagés un travail colossal, qui consistait à localiser l'expression détaillée de 18’000 gènes codants dans l’embryon de souris, à 14 jours et demi de gestation. Avec l’aide de puissants outils de robotique et d’imagerie moléculaire, ces scientifiques ont réussi ensuite à traduire leurs découvertes visuellement, comme sur des planches d’anatomie, en faisant apparaître l’expression du gène, parfaitement localisée, en bleu. Ce qui est remarquable est que les élèves peuvent disposer de données authentiques pour interagir avec par un simple accès web.

Impressionnant, mais qu'en faire en classe ?

L'examen de ces données magnifiques ne produit pas spontanément une connaissance, les élèves ont besoin d'être guidés. Là ou l'expert voit immédiatement du sens le novice ne voit rien. Il faut donner à l'élève le cadre qui lui permet de comprendre ce qu'il voit, de développer le regard "au-delà du sens commun" (Astolfi 2008).
Face à ces données nouvelles que la science produit depuis la révolution génomique, nous devons faire preuve d'imagination pour aider les élèves à comprendre la portée de ces recherches et développer ce regard qui "voit en profondeur et construit du sens"...
Pour cela il ne suffit pas de comprendre le mode d'emploi du site, ni même de connaître la logique d'organisation des données proposées il faut imaginer ce qu'on pourrait en faire en classe, à quelles questions il pourrait fournir des réponses. En somme, il faut une question qui guidera l'investigation.

La logique du site

Le site propose des coupes microscopiques sagittales de l'embryon à 14.5 dpc (days post coïtum, pour chaque gène on peut afficher une des 27 coupes sagittales de droite a gauche, et zoomer dans la coupe. De plus les structures anatomiques où le gène s'exprime ont été repérées et offrent l'accès direct aux coupes qui les montrent.

Un bref mode d'emploi

  • Une aide contextuelle est disponible en cliquant l’icône help icon.
  • Parmi les 18'000 gènes étudiés, on peut choisir le gène dont on  veut visualiser l'expression en introduisant le symbole ou le nom dans "quick search for "quicksearch
  • Une ou plusieurs protéines apparaissent (ici la myosine). 
    Cliquer la vignette représentant une coupe (au milieu) permet d'accéder à un explorateur de coupes.
    ligne selection myosine img
  • Le gène choisi est indiqué par son symbole. Amy1 pour l'amylase
  • choix gene
  • On peut choisir (- et +) laquelle des coupes à travers l'épaisseur  de l'embryon (de la gauche à la droite) on veut visualiser.
    choisir une coupe
  • Un curseur permet de régler le degré de Zoom sur la coupe choisie
    zoom
  • A gauche un arbre anatomique présente les structures. Les coupes  présentant une expression forte du gène choisi sont indiquées en rouge pour faciliter leur repérage
    expression
    • Lorsqu’une image est annotée, un code couleur indique le niveau d’expression de ce gène dans les différentes structures et ce code est conservé dans l’arbre anatomique (rouge pour forte expression, jaune pour expression modérée et bleu pour faible expression)
  • La coupe elle-même apparait au centre : ici amylase 1 , section10 (presque au centre) avec une forte expression dans le pancréas qui  est bien visible en violet foncé
amylase exprimee dans le pancreas
Fig 2 : La flèche indique le pancréas ou on voit bien le degré d'expression est élevé.
Il y a un artefact (une bulle) un peu plus haut à droite. [img]Source :
Eurexpress

Un usage possible

Ce magnifique site peut devenir un outil dans notre palette d'enseignant une fois que nous nous construisons un usage, en imaginons les possibles dans les programmes et lui donnons du sens par rapport a nos objectifs. On devine qu'il y a un énorme potentiel en classe, mais il faut baliser quelques chemins, Bio-tremplins vous en a balisés quelques uns pour commencer.
Imaginons un usage pédagogique : faire découvrir "éprouver" aux élèves que les gènes ne s'expriment pas partout. Prenant un exemple de protéine exprimée de manière très localisée dans l'embryon, cette activité esquissée se traduit pour les élèves par la question :
  • Peut-on vérifier que l'insuline est produite principalement dans le pancréas ? (Chez la souris)
On pourrait demander aux élèves de trouver où est exprimé le gène de l'insuline INS 2 ( il y a deux insulines chez la souris et le rat)
insuline jour 10
Fig 3 : L'insuline s'exprime
fortement dans le pancréas. [img]Source :
Eurexpress

La localisation de l'hémoglobine

Destinée a faire découvrir "éprouver" aux élèves que certaines protéines sont exprimée de manière très large dans l'embryon, cette activité esquissée se traduit pour les élèves par la question :
  • Peut-on trouver où l'hémoglobine est produite ? (Chez l'embryon de souris)
On choisit Hbb-b1 (symbole de l'hémoglobine bêta "hemoglobin, beta adult major chain")
  • Solution  ici on trouve qu'elle est exprimée un peu partout dans  l'embryon
hemoglobine-b
Fig 4 : L'hémoglobine peu partout dans l'embryon . [img]Source : Eurexpress

La myosine : où y a-t-il déjà des muscles dans l'embryon ?

Dans les deux exemples l'expression était presque unique ou quasi-partout. Un exemple qui contraste par son expression liée à un tissus mais à plusieurs endroits de l'organisme est la Myosine (codée Myh3) exprimée dans les cellules musculaires et représentative des fonctions contractiles.
Destinée faire découvrir "éprouver" aux élèves que certaines protéine sont exprimées spécifiquement dans certains tissus dans l'embryon, cette activité esquissée se traduit pour les élèves par la question :
  • Peut-on trouver où la myosine est produite ? (Chez l'embryon de
    souris)
On choisit Myh3
On voit qu'elle est exprimée fortement dans de nombreux tissus comme la
langue, le coeur, etc. Selon les coupes on distingue bien une expression
différentielle.
myosine coupe 13myosine coupe 17
Fig 5 : La myosine est exprimée dans de nombreux tissues Coupe 13 à gauche ou la langue et le cœur apparaissent clairement et 17 à droite ou les muscles des vertèbres sont très distincts. [img] [img]Source : Eurexpress

La localisation de l'expression de l'amylase :

Destinée à faire découvrir "éprouver" aux élèves les différentes fonctions du pancréas, ou a montrer que l'amylase est aussi produite dans le pancréas (dans le cours de physiologie) cette activité esquissée
se traduit pour les élèves par la question :
  • Peut-on trouver où l'amylase est produite principalement ? (Chez  l'embryon de souris)
On choisit AMY1 (symbole du gène trouvée sur Uniprot avec une recherche sur amylase)
On voit dans le panneau de gauche que l'expression est forte (rouge) dans les coupes 7-14 dans le pancréas. C'est malencontreux que ce soit a nouveau dans le pancréas, mais on peut observer que ce ne sont pas les mêmes zones du pancréas.
amylase coupe 10
Fig 6 : La flèche indique le pancréas ou on voit bien le degré d'expression est élevé. Les cercles irréguliers dans l'image sont des bulles et donc des artefacts à ignorer. [img]Source : Eurexpress

Conclusion

Bio-Tremplins a balisé pour vous quelques premiers usages possibles en classe, qui pourraient s'inscrire dans les chapitres de l'embryologie, de la génétique moléculaire ou lorsqu'on veut montrer les bases
génétiques de la vie. On peut en imaginer d'autres usages en physiologie comme celui sur l'amylase. Ceux qui en auraient balisés d'autres sont bienvenus de nous les soumettre.
Ce qui est intéressant est que l'accès à ces données rend possibles des activités – des TP - ou les élèves peuvent se confronter à des données authentiques de très haute qualité, ce qui en soi peut avoir un effet
motivant en montrant que les savoirs scolaires s'appuient sur la recherche, une biologie qui bouge.
Si on les guide, c'est aussi de nouvelles opportunités pour pratiquer certains aspects de la démarche scientifique en émettant des hypothèses et en les vérifiant.

Sources et liens

Remerciements

  • Dr. LIN MARQ Nathalie pour ses précieuses suggestions et son aide
    dans le choix des gènes présentés.
  • Marie-Claude Blatter pour son aide, les discussions, la sélection
    et le maintien de ressources avec l'ISB

mardi 6 septembre 2011

Comprendre et discuter la didactique ?

La recherche en didactique ... obscure ou méconnue ?

La didactique de la biologie est perçue de manière diverse parmi les enseignants. Pour certains elle permet de comprendre ce qui se passe en classe
Un enseignant depuis 30ans, secondaire II dit : "Des années durant je me suis énervé avec des élèves qui persistaient à dessiner du sang oxygéné dans l'artère pulmonaire, puis j'ai compris que leurs conceptions faisaient obstacle et je "travaille avec pour aller contre" comme dit Giordan. Au lieu d'un frustrant travail de Sysiphe,  j'ai compris ce qui se passe et je dispose de stratégies pour les aider à changer leurs conceptions."
Pour d'autres c'est inutile. "On ne donne aux élèves que sa passion, son investissement".  "On est bon prof ou on ne l'est pas, ça ne s'apprend pas".  "Tout ça c'est du jargon inutile ..." "Y'a des articles vraiment creux en sciences de l'éducation !".

Il ne fait pas de doute pas qu'il y a des articles lamentables dans ce domaine-là aussi, comme en biologie ou en physique.
La question est plutôt comment trouver les bons. Ensuite savoir les lire, et les utiliser pour mieux comprendre ce qui se passe en classe ...

Trois exemples provocants…

  • Un article qui défend l'idée surprenante qu'il faut faire parler les élèves en classe, qu'il y a même corrélation entre la prise de parole et les résultats.
    Tanner, K. D. (2009). Talking to Learn: Why Biology Students Should Be Talking in Classrooms and How to Make It Happen. CBE Life Sci Educ, 8(2), 89-94. doi: 10.1187/cbe.09-03-0021.
    Elle ne dit pas que plus il y a de brouhaha mieux c'est, mais que l'élève qui ne parle jamais apprend moins, et propose des manières de faire parler ceux qui cherchent à passer inaperçu. C'est aussi une question genre : les filles prennent moins la parole.
  • Zembylas, M. (2004). Emotional Issues in Teaching Science: A Case Study of a Teacher’s Views. Research in Science Education, 34(4), 343-364. Cet article analyse comment une enseignante qui souhaitait "faire de la science" en stimulant l'enthousiasme de ses élèves a dépassé ses craintes de ne pas tout savoir, s'est libérée du carcan d'une école qui enseigne "pour les résultats aux examens standardisés", et combien le climat émotionnel dans lequel l'enseignante vit la classe est décisif, mais aussi comment elle peut le changer.
  • Monnet, V. (2009).Quand le conflit aide à progresser Campus(94). Pour autant qu’elles ne soient pas associées à une menace, les divergences intellectuelles peuvent constituer un outil d’apprentissage efficace. Un ouvrage dresse la synthèse de trente ans de recherches sur le sujet | intranet.jpg

Difficile à lire ?

Comme les premiers articles que nous avons lus en biologie, c'est difficile au début, puis on acquiert une maîtrise du genre et des méthodes qui permet de transposer dans sa pratique.
Et on devient vite capable de déterminer si un article vaut la peine d'être lu à fond !
Et de prendre du recul pour discuter cette recherche, avec recul et de manière critique et constructive.

Un cours et un séminaire ouverts

L'équipe de didactique de la biologie du Prof. Bruno Strasser à l'IUFE propose un séminaire de recherche (où on apprend comment trouver, lire et comprendre les articles de recherche en didactique) un cours de didactique qui donne un cadre pour comprendre ces articles. Ces modules sont ouverts à chacun :
Renseignements: bruno.strasser@unige.ch

mercredi 31 août 2011

A donner 1 m de savoirs !

 A donner 1 m linéaire de Nature et Science

Je dois faire de la place et j'ai environ 1m de haut / empilés) d'exemplaires des deux plus prestigieuses revues scientifiques :  Nature et Science (elles sons hebdomadaire / bimensuelle et le tas augmente, mais pas la place dans ma chambre...  Comme je n'arrive pas à me résoudre à les jeter simplement comme l'on semble faire dans cette société, je les offre :

Les numéros de l'an passé et d'avant sont donc à donner contre bons soins

Il faudrait venir les chercher à Hermance près Genève à un moment a convenir.

La préférence sera données à une école / bibliothèque / accès public mais s'il n'y a pas de demandes je considèrerai les demandes privées et privilégierai des enseignants et des étudiants.

Cordialement

F. Lo

jeudi 25 août 2011

La bulle qui fait branchie

La bulle qui fait branchie ?

Certaines araignées alimentent avec des bulles d'air sur leur abdomen une plus grosse bulle – comme une cloche d'air sous l'eau – où elles vivent, et Kaplan (2011) rapporte dans une News de Nature qu'une équipe de chercheurs allemands et australiens a mesuré les concentrations d'O2 autour et dans la bulle pour conclure que l'O2 qui diffuse vers l'intérieur suffist pour assurer les besoins de l'animal au repos. L'araignée supporte apparemment des concentrations d'O2 faibles. Elle prolonge ainsi très fortement ses plongées et semble utiliser cette cloche comme organe respiratoire principal : une sorte de branchie extra-corporelle.

Un mode de respiration de plus ?

On connait la respiration pulmonaire et branchiale, les poumons à feuillet des arachnides, et sans doute encore quelques autres formes de respiration, sans compter la respiration par diffusion chez de nombreux animaux. On connait d'autres arthropodes qui utilisent une bulle d'air pour respirer dans l'eau. Mais Argyroneta aquatica, qui passe la quasi-totalité de sa vie sous l'eau dans cette bulle, est encore un cas différent. Son abdomen muni de poils hydrophobes (fig 2a) capture une bulle d'air à la surface et l'apporte vers une sorte de cloche de plongée : une plus grosse bulle qui est maintenue par une toile tissée entre des plantes (fig 2b) et ouverte vers en bas. Elle en renouvelle l'air 2.6 fois par heure environ. Elle se nourrit d'invertébrés aquatiques et de petits poissons (Fig 1)
Argyronetga
Fig 1 : Argyroneta aquatica utilise sa bulle comme organe d'échange pas seulement comme réserve.  [img]Source : 
Oxford Scientific/Photolibrary.

Les élèves sont souvent perplexes quant à l'intérêt sur l'usage de l'air et cette bulle par rapport aux branchies qui paraissent plus adaptées dans l'eau.

Les contraintes physico-chimiques de la respiration

Règle 1 : Plus la concentration d’un gaz dans l’environnement est élevée par rapport à celle du milieu intérieur d’un organisme, plus le gaz se répandra rapidement dans l’organisme
Deux faits biologiquement importants découlent de la diffusion des gaz en fonction d’un gradient de concentration : premièrement, la concentration d’un gaz à l’intérieur d’une cellule en activité métabolique doit être inférieure à celle de l’environnement dans lequel il est absorbé passivement.
Deuxièmement, les organismes qui vivent dans des habitats où un gaz est en concentration élevée doivent maintenir un taux de diffusion élevé de ce gaz à l’intérieur du corps.

Règle 2
: Plus la surface disponible pour la diffusion est grande, plus le gaz se répandra rapidement
Le rapport entre la surface et le taux de diffusion a deux conséquences biologiques importantes. Premièrement, les organismes unicellulaires ainsi que les petits organismes pluricellulaires présentent un rapport surface/volume plus élevé comparé aux organismes plus grands. Deuxièmement, les grands organismes pluricellulaires dépendent de structures spécialisées dans l’échange gazeux qui optimisent la superficie d’échange. Les poumons humains, les espaces aériens intercellulaires des plantes et les branchies des animaux aquatiques sont des exemples de ces structures

Règle 3
: Plus la distance qu’un gaz doit parcourir est courte, plus la diffusion de gaz disponible pour l’organisme peut être rapide

Cain (2006) p 471 - 3
Les principes qui régissent les échanges gazeux, et qui contraignent les très différentes structure respiratoires, sont décrits en trois règles par Cain (2006) dans son ouvrage "Découvrir la biologie"

On y trouve aussi p. 473 que le pourcentage d'O2 dans l'air est bien plus élevé  (21%) que dans l'eau ( 0.5-1% selon la T°).  Et que la diffusion est bien plus rapide dans l'air.
" En plus de ces différences quantitatives d’O2 et de CO2 entre l’air et l’eau, une différence dans le mécanisme de diffusion gazeux existe également entre ces 2 environnements. L’oxygène et le gaz carbonique se répandent plusieurs milliers de fois plus lentement dans l’eau que dans l’air." p. 473.
Ainsi les organismes très actifs et grands dans l'eau doivent avoir de très grandes surfaces d'échange respiratoire : Cain mentionne que la surface des branchies du maquereau nageur rapide fait 50 fois son poids. Alors que chez les baudroies qui nagent lentement ce ratio n'est que de 1. Je présume que le Thon doit avoir un ratio énorme. Et on sait que les petits organismes - notamment unicellulaire - n'ont pas besoin de structures spécialisées car chaque partie de leur organisme est très près de la surface (Règle 3).

Cela explique, en partie, que certains organismes aquatiques comme les dauphins vont respirer dans l'air, et cela donne du sens au fait que certains organismes combinent une respiration à partir de l'air avec un supplément à partir de l'eau.
L'araignée est de taille intermédiaire, et quand même assez active. Comment respire-t-elle dans l'eau avec sa cloche ?

Cette bulle : une réserve ou une sorte de "branchie" ?

On sait, depuis longtemps, que certaines araignées emportent une bulle avec elles sous l'eau pour respirer. Mais un débat entre spécialistes ne permettait pas de déterminer s'il s'agissait d'une simple réserve, qu'elle renouvelle une fois l'O2 épuisé ou si les échanges gazeux de cette "cloche" constituent une part importante de la respiration. En d'autres termes : respire-t-elle de l'air stocké dans la cloche ou de l'oxygène diffusé depuis l'eau dans cette cloche.
On savait aussi que les bulles de certains insectes absorbent l'O2 leur permettant d'obtenir bien plus d'O2 que ce qu'il y a avait dans la cloche au départ. La question de savoir si les araignées profitent aussi de cet effet n'était pas étayée par des données et toutes les hypothèses s'afrontaient.

La News ne le dit pas, mais l'article dont elle est issue est bien plus clair sur les méthodes les présupposés : le coeur de la question est la pression partielle d'O2 que l'araignée arrive a supporter : plus elle est faible par rapport à l'extérieur ( PO2outPO2in ) plus vite l'O2 diffusera vers l'intérieur. En effet les transferts de gaz à travers la surface de la bulle peuvent être modélisé avec l'équation de Fick de diffusion, , où est le taux de transfert  d'oxygène  (μmol h–1), GO2 est la conductance diffusive d'O (μmol h–1 kPa–1) et PO2outPO2in la différence de pression partielle d'Oxygène  PO2 (kPa) entre l'eau et l'air interne à la cloche.


Fig. 1.
Fig 2 : Argyroneta aquatica apporte des bulles depuis la surface avec son abdomen (a) et utilise sa bulle -cloche (b) comme organe d'échange pas seulement comme réserve. La cloche peut être petite (b) ou plus grande et accueillir la femelle et le cocon (d) .  [img]Source :Seymour, R. S. and Hetz, S. K. (2011)
Dans cette étude, Seymour, R. S. & Hetz, 2011) montrent que l'araignée, Argyroneta aquatica, utilise une cloche d'air comme branchie : non seulement elle y stocke de l'air comme réserve d'O2 mais aussi comme surface d'échange, ce que les auteurs appellent une sorte de branchie.
Seymour et Hetz ont étudié des araignées Argyroneta aquatica capturées en Allemagne et installées dans des aquariums (les pédants diront aquaria ?).
Avec des sondes à oxygène, ils ont mesuré la pression partielle d'O2 dans les bulles-cloches et à 5-10 mm plus loin dans l'eau et ceci en présence  de l'araignée ou en son absence. A partir du volume d'air de la bulle-cloche et les variations d’Oxygène, ils ont pu mesurer combien d'O2 entrait et combien était consommé par l'araignée.
Ils ont trouvé que la pression partielle était inférieure à l'intérieur et que les flux d'O2 suffisaient à alimenter l'araignée au repos en tous cas même dans des milieux stagnants et à température élevée (25-31°).  Cependant la bulle doit être réalimentée car l'azote disparait peu à peu en se dissolvant dans l'eau, cela expliquerait les apports d'air réguliers.

This study demonstrates that the diving bell of A. aquatica functions as a physical gill, exchanging enough O2 from the water to satisfy the requirements of resting spiders at least, even at high temperature and in stagnant water. Frequent replenishment with air from the surface is necessary only in severely hypoxic water or in exceptionally small bells. Bell size is highly variable and can be adaptively matched to ambient PO2 and metabolic demand to minimize trips to the surface, an objective with considerable ecological significance. However, replenishment is necessary over longer terms because of N2 loss from the diving bell.

Les araignées ont montré une remarquable tolérance à l'hypoxie : elles en remontaient chercher une nouvelle bulle à la surface qu'à 10-20% de la pression partielle de l'O2 de l'atmosphère.
Par comparaison, "la plupart des insectes ne paraissent pas à l'aise au-dessous de 4 ou 5 kilopascals d'O2" explique l'entomologiste John Terblanche de la  Stellenbosch University in South Africa, "mais ces araignées descendent à 1 ou 2 kPa sans signes de détresse visible." Il présume que l'araignée dispose d'adaptations remarquables pour supporter l'hypoxie. Ces capacités d'adaptation mériteraient d'être étudiées.

Et le CO2 ?

Dans la news on peut être surpris que la discussion porte sur l'O2seulement, et pas sur le CO2 qu'il est probablement aussi tout important d'éliminer. D'autant plus que cela renforce une erreur fréquente chez les élèves (20% selon le projet 2061 du AAAS ) qui ne voient que l'oxygène dans la respiration.
Là aussi l'article d'origine (Seymour, et al (2011) ici)  expliquent que le CO2 est ignoré car il est rapidement dissous dans l'eau et n'intervient pas dans les volumes mesurés.
Ils mentionnent aussi des études qui montrent qu'ajouter du CO2 dans la cloche déclenche chez l'araignée le renouvellement de l'air en allant chercher des bulles à la surface, mais pas l'O2. Je présume qu'elle est donc sensible à l’hypercapnie (excès CO2) plus qu'à l'hypoxie comme nous.

Comprendre vraiment sans lire l'article d'origine ?

On voit combien la seule lecture de la News ne donne guère que la conclusion, sans présenter les enjeux de la question, ni les méthodes de mesure, ni les incertitudes, et tout le contexte qui permet  de se construire une connaissance qui ait de l'épaisseur.  Savoir que  "L'araignée respire par sa cloche " c'est intéressant, mais un peu plat, sans saveur. N'est-ce pas plus goûteux de comprendre un peu plus en profondeur de donner de l'épaisseur à sa connaissance ? Peut-être avez-vous eu ce plaisir en lisant cette publication et l'article ...

Mais alors aider les élèves à découvrir et  prendre goût à comprendre, est-ce comme former le goût alimentaire  : il faut le développer, les accompagner, pas seulement les laisser se contenter du McDo facile qu'ils préfèrent au début ? 
... ce sera le mot de la faim

La plateforme Expériment@l de la faculté des  sciences vous offre l'accès aux articles originaux :  Comment  Obtenir un article mentionné : Get-a-doi

Sources

  • Cain, M. L., Damman, H., Lue, R. A., & Yoon, C. C. (2006). Découvrir la biologie. Bruxelles: De Boeck.
  • Kaplan, Matt (2011)  Underwater spiders use webs as 'gills'|Nature News9 June 2011 | doi:10.1038/news.2011.357
  • Seymour, R. S. and Hetz, S. K. (2011)  The diving bell and the spider: the physical gill of Argyroneta aquatica  J. Exp. Biol. 214, 2175-2181 (2011). doi: 10.1242/​jeb.056093 | Extraits intranet.pdf
Expériment@l, des données authentiques, 3 éclairages!
http://tecfa.unige.ch/perso/lombardf/projets/experimental/images/logo-experimental-sml.jpg


dimanche 14 août 2011

Les doigts fripés : comme des pneus pluie?

Les doigts fripés : une question d'élèves difficile ?

Il nous est tous arrivé de se demander - ou qu'un élève nous demande - pourquoi les doigts deviennent fripés dans l'eau. Une première hypothèse est qu'il s'agirait d'osmose.  Mais alors je me demande pourquoi le même effet dans l'eau douce hypotonique et dans l'eau de mer hypertonique ?  On devrait avoir un gonflement dans l'eau douce, or cet effet de crêtes et vallées évoque plutôt un dégonflement... Et pourquoi seulement les doigts et les pieds ? Dans une news de Nature, Yong, Ed (ici)  présente une hypothèse selon laquelle ces plis seraient activement produits sous le contrôle du système nerveux pour mieux évacuer l'eau lorsqu'on saisit un objet dans l'eau : un peu comme les profils des pneus pluie.
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Fig 1 : Comme des pneus pluie, les doigts deviennent fripés pour mieux évacuer l'eau. 

Changizi & al. 2011 (ici), a étudié  les causes de ce mécanisme,  et il est tombés sur des recherches des années 30 qui montrent que si les nerfs sympathiques sont coupés par une blessure ou inactivés, ou si la vasoconstriciton est empêchée, la réaction ne se produit pas. Cela constitue même un test de l'intégrité du système nerveux (Tindall A, et al., 2006) Changizi précise aussi que nous partageons ces doigts fripés avec les autres primates. Il  a aussi observé de nombreux profils de doigts fripés (Cf. fig 2) et noté qu'ils dessinent une sorte d'arborescence peu ramifiée ou plutôt d'étoile déformée partant du point d'appui du doigt, s'écartant dans le sens proximal.

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Fig 2 : Les "fripures" dessinent une sorte d'arborescence ou d'étoile déformée depuis le point d'appui du doigt, s'écartant dans le sens proximal. Source : Changizi, M., Weber, R., Kotecha, R. & Palazzo, J. (2011) 

Il écrit que ces arborescences correspondent au profil de drainage optimal pour l'évacuation de l'eau depuis le point du doigt où la pression est maximale ( cf fig 3c).

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Fig 3  : Les crêtes et vallées géographiques des montagnes et des bassins versants (a, b,d) dessinent un profil de drainage  correspondent bien au profil des doigts : il serait optimal pour l'évacuation de l'eau depuis le bout du doigt où la pression est maximale (c) Source : Changizi, M., Weber, R., Kotecha, R. & Palazzo, J. (2011)

Il observe que les crêtes et vallées géographiques (Cf. fig 3 a, b,d) dessinent un profil de drainage  similaires au profil des doigts et il défend l'idée que cela constitue un profil de drainage optimal pour l'évacuation de l'eau depuis les points où la pression est maximale (c). Il propose que ce profil ait été favorisé dans l'évolution pour évacuer l'eau lorsqu'on saisit des objets dans l'eau ou avec les doigts mouillés, un peu comme les pneus pluie qui évacuent l'eau par les cotés. Il note même que ce système pourrait être supérieur aux pneus puisqu'une fois l'eau évacuée toute la surface de la peau est en contact avec le substrat alors que les crêtes du pneu maintiennent une partie de la surface du pneu loin de la route et réduisent la surface d'adhérence. (C'est pour cela que par temps sec les pneus de compétition "Slick" sont lisses comme le pneu de gauche de la fig 1). Il défend son hypothèse en précisant que le temps pour que les doigts soient fripés (~5 minutes) est bien compatible avec son hypothèse : la réaction n'apparait pas lors d'un bref contact avec de l'eau (lors de la boisson, ou en mangeant un fruit qui dégouline par exemple) mais lors de conditions humides durables ou il peut aider a prévenir le glissement. Le mécanisme apparait aussi plus vite dans des conditions hypotoniques qui ont celles que nos ancêtres primates ont rencontrées (rosée, pluie). Enfin et surtout le fait que les seules parties du corps qui se fripent  soient les doigts et les pieds plaide fortement pour son hypothèse.

Pas une "vérité scientifique" mais un vrai débat scientifique !

Cette hypothèse est intéressante : elle propose un nouveau modèle pour expliquer les données. Elle étaye et argumente son affirmation, qui reste interrogative : le titre de l'article est "Are Wet-Induced Wrinkled Fingers Primate Rain Treads? " Cet article lance donc un débat, dans la littérature scientifique et les conférences – c'est le processus de la science.  Après pas mal d'échanges peut-être qu'un consensus s'établira. Ce débat peut être tortueux, ne rêvons pas, il est pollué par les enjeux sociaux, moraux, politiques qui font que les humains le sont, mais à la longue, la connaissance progresse. On a fini par accepter que la terre tourne autour du soleil. Ainsi le débat s'envenime puis se calme quand l'idée est acceptée par les scientifiques : le grand public l'appellera "vérité" jusqu'à ce que de nouvelles données relancent le débat. La News de Nature nous fait part de quelques bribes de ce débat : Un contre argument :  Xi Chen, un ingénieur en biomécanique de la Columbia University in New York dit que c'est un simple problème mécanique : quand les doigts sont immergés dans l'eau chaude, les vaisseaux se contractent et le tissus se rétrécit par rapport à la peau qui la recouvre et la fait se friper. Le neurochirurgien Ching-Hua Hsieh du Chang Gung Memorial Hospital à Kaohsiung, Taiwan rétorque que cette contre-hypothèse n'explique pas que les doigts se fripent aussi dans l'eau froide, ni que l'absence d'arrivée de sang prévienne le "fripage".

Et nous aussi on a le droit de débattre ?

Allez, je donne l'exemple et j'ajoute ma petite contribution au débat : quand Changizi évoque la supériorité des doigts fripés par rapport aux pneus pluie, je pense que cet argument ne prend pas en compte la vitesse : c'est peut-être optimal pour les doigts de s'aplatir pour adhérer plus, mais pour un pneu à 120km/h je ne pense pas que la peau aurait le temps de coller au goudron après avoir évacué l'eau. Les constructeurs de pneus ont sûrement étudié ce point-là... Enfin je pense. Et vous ?

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Durant ce temps Changizi a naturellement commencé des expériences pour "le test ultime" de son hypothèse : explorer si les doigts fripés agrippent mieux dans les conditions mouillées.  C'est vrai que son article était faible pour ce qui est du test de son hypothèse : elle est bien construite, mais les expériences pour la mettre en défaut manquent. Ses premiers résultats sont encourageants : "The results thus far suggest that, yes, being pruney helps."  Ces résultats seront sans doute publiés un jour, puis discutés et critiqués bien sûr ! Pour le moment il n'y a pas de certitude : on peut croire ou non, mais la connaissance scientifique reste incertaine par définition susceptible de changer avec de nouvelles données. Il y a donc débat. Nous pouvons le suivre, ou lancer nos neurones avec délice sur les pistes ouvertes par cet article.  Et peut-être ceux de nos élèves ? Cet article pose un problème qui permet d'envisager des expériences qu'on pourrait faire en classe : tester le temps d'apparition des doigts fripés, vérifier si la concentration en sel de l'eau a un effet, si la température a un effet sur la vitesse d'apparition ? Et bien sûr si l'effet d'adhérence accrue se confirme. 

Sur un plan éducatif, une question qui "titille" : une question féconde ?

C'est une belle question : si on prend la peine d'aider les élèves à  comprendre le problème elle peut lancer une investigation : elle est ouverte, féconde, permet d'explorer plus spécifiquement l'osmose, ou la régulation de l'irrigation, le système nerveux végétatif, les parentés évolutives entre primates,  etc.

 L'image n'est pas accessible pour des raisons de copyright [cliquer pour l'image intranet]

C'est aussi une façon de montrer aux élèves la science non pas comme une somme de vérités définitives à connaître mais comme un processus : Une manière de valider, basé sur des données, par l'argumentation. Une science qui trébuche peut-être, mais avance ! Une science ou on accepte qu'il n'y a pas de certitude définitive. Et donner aux élèves la chance de déguster la saveur de connaître scientifiquement : d'argumenter et de discuter eux-mêmes, si on leur fournit les données, un peu de cadre et d'encouragement et pas seulement les conclusions...  Apprendre à décider sur la base des faits et des  éléments du débat, accepter les incertitude c'est aussi mûrir et devenir citoyen responsable.
 
Bio-Tremplins vous aide  à disposer plus facilement des données et du cadre : c'est un Tremplin vers les articles d'origine où les trouver !

Ils sont indiqués ci-dessous et le numéro de référence doi: permet de les retrouver

La plateforme Expériment@l de la faculté des  sciences vous offre l'accès aux articles originaux : 

Sources

  • Changizi, M., Weber, R., Kotecha, R. & Palazzo, J. (2011), Are Wet-Induced Wrinkled Fingers Primate Rain Treads?  Brain Behav. Evol. doi:10.1159/000328223 (notez que celui-ci ne marche pas à l'heure ou j'écris ces lignes, je l'ai signalé il sera réparé je pense)| par contre voici l'article ici pdf
  • Tindall A, Dawood R, Povlsen B (2006): Case of the month: the skin wrinkle test – a simple nerve injury test for paediatric and uncooperative patients. Emerg Med J 23:883–886. doi:10.1136/emj.2005.031377
  • Yong, Ed. (2011), Pruney fingers grip better, Nature News, 28 June 2011; | doi:10.1038/news.2011.38

dimanche 7 août 2011

4èmes Journées de microbiologie Lundi 12 et mardi 13 septembre 2011

Un évènement qui ne manquera pas d'intéresser de nombreux lecteurs des Bio-Tremplins :

Un événement à ne pas manquer !

LES MICROBES: MENACE OU ESPOIR

Le mot « microbes » évoque souvent des organismes invisibles dont nous devons nous protéger et nous débarrasser à coup d’antibiotiques et de désinfectants. Mais que savons-nous vraiment de ces micro-organismes ? Pourquoi les chercheurs s’y intéressent-ils ? Sont-ils tous néfastes ? Certains auraient-ils un potentiel bénéfique? La    4e    édition    des    journées    de microbiologie sera consacrée à la diversité microbienne. Les 12 et 13 septembre prochains petits et grands pourront ainsi venir découvrir ce monde fascinant de l’infiniment petit. Deux conférences publiques mettront à l’honneur les micro-organismes de l’extrême et le monde fascinant des virus mangeurs de bactéries. Pour les écoles, un programme adapté à chaque degré sera proposé, entre 8h30 et 16h00. Par ailleurs, des visites de laboratoires seront organisées pour le grand public en fin de journée, sur inscription. Pour les écoles – d Les organisateurs : Pr Jacques Schrenzel (Hôpitaux universitaires de Genève) Pr Patrick Linder (Faculté de médecine, Université de Genève) Dr Karl Perron (Faculté des sciences, Université de Genève)

PROGRAMME PROVISOIRE

Conférences - 18h30
  • Lundi : « Archae, les microbes de l’extrême » Par le Professeur Patrick Forterre de l’Institut Pasteur
  • Mardi : « les bactériophages, des virus dévoreurs de bactéries » Par le Professeur Dominique Belin de la Faculté de Médecine Visites de laboratoire – 17h30 à 18h15 Visites de laboratoires de bactériologie Sur inscription : bioutils@unige.ch Pour les écoles – de 8h30 à 16h30
Durant la journée, le CMU ouvre ses laboratoires de bactériologie aux classes en proposant des activités adaptées aux écoles primaires, cycles d’orientation et écoles du post-obligatoire. Un programme sur mesure sera mis en place avec les enseignants, qui doivent s’annoncer à bioutils@unige.ch Exemples d’activités proposées : - Atelier « Détection de bactéries dans notre environnement » - Rencontre et discussion avec un chercheur en microbiologie - Visite de laboratoire