lundi 28 janvier 2019

Santé personnalisée : Académies suisses des sciences dialogue avec les citoyens // vélo / smart cities

La science en discussion :  La bicyclette expliquée , les smart cities et la santé personnalisée

A) Au musée d'histoire des sciences (voir détails plus  bas) deux conférences traiteront de

B) Les Académies suisses des sciences mettent le sujet de la santé personnalisée à l'ordre du jour et invitent les citoyens suisses au dialogue ces prochains mois. Mais que pense réellement la population des changements en cours ?

Huit débats publics seront par ailleurs organisés en Suisse alémanique et romande en 2018/2019, durant lesquels les citoyens pourront échanger avec des acteurs et experts du domaine qu'ils soient chercheurs, sociologues, médecins, juristes, éthiciens ou artistes. Vous trouverez toutes les infos sur les débats à cette adresse. .


B) Santé personnalisée


Qu'est-ce que la santé personnalisée?
Les sciences du vivant évoluent de manière fulgurante. Des volumes de données de plus en plus substantiels sont produits à un rythme qui s'accélère: des données sur nos gènes, notre comportement en matière de santé, nos maladies. La santé personnalisée place ces informations au premier plan. Elles sont analysées et interprétées à l'aide des technologies de l'information dans le but de pouvoir proposer des traitements «sur mesure» pour chaque patient ou pour des catégories de malades bien spécifiques.
L'analyse du génome permet notamment de trouver des indices sur la prédisposition génétique à certaines pathologies. On espère donc que la santé personnalisée mènera aussi à des progrès dans le domaine de la prévention. Ainsi, la santé personnalisée va au-delà de la médecine personnalisée.
La santé personnalisée n'est pas qu'une belle promesse: elle trouve déjà des applications aujourd'hui, par exemple en oncologie, où il est fréquent de rechercher de quelle variante d'un gène le malade est porteur pour adapter ensuite le traitement à son cas particulier.
Il nous reste pourtant à répondre à une multitude de questions: quelles données sont nécessaires à la recherche? Qui sera en charge de les mettre à disposition, de les conserver et qui aura le droit de les utiliser? Quelles mutations sociales nous attendent?
Vous trouverez plus d'informations de fond sur la santé personnalisée en consultant notre portail thématique.


Et vous, que pensez-vous de la santé personnalisée?
Si cette question vous interpelle, nous vous invitons à prendre 5 minutes pour répondre à ce questionnairehttps://humainsurmesure.ch/sante-personnalisee/questions



A) Café scientifique
Smart cities… un effet de mode ?
Lundi 28 janvier 2019 à 18h30

Faciliter la vie des habitants et habitantes des villes, c'est ce que proposent les smart cities, ou villes intelligentes. En se fondant sur les avancées technologiques telles que le Big Data, l'internet des objets ou encore la communication mobile, des initiatives émergent pour développer des applications et services dans les domaines du trafic, de l'énergie, de la lutte contre la criminalité ou encore de la santé publique. Les possibilités sont infinies. A Las Vegas, par exemple, des dalles cynétiques produisent de l'énergie pour alimenter des réverbères. A Melbourne, les poubelles publiques sont équipées de capteurs et envoient un message aux nettoyeurs lorsqu'elles sont pleines. A Dubaï, des robots-­policiers dotés de reconnaissance faciale patrouillent dans la rue. Plus près de chez nous, à Genève, des capteurs fixés sur la chaussée permettent aux automobilistes de localiser les places
disponibles et de payer en ligne leur stationnement.
Gadgets ou réels outils pour rendre la ville plus efficace et plus respectueuses de l'environnement ? C'est en tous les cas un énorme marché, qui pourrait peser environ 1,4 milliard de dollars d'ici 2020. Une mode qui pourrait dès lors bien devenir rentable et
inévitable.

Avec la participation de :
Giovanna di Marzo Serungendo, Université de Genève, Centre universitaire d'informatique
Didier Faure, Innobridge
Christopher Larraz, Genève Lab
René Longet, Expert en durabilité
Animation : Danielle Bütschi,

Organisés par Bancs publics
Gratuit et ouvert à tous

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Une conférence en lien avec l'exposition "Roulez les mécaniques, la loi du moindre effort"
Mercredi 30 janvier 2019, 18h30
Les fondements techniques de la bicyclette
Par Bénédict Frommel, historien à l'Office du patrimoine et des sites, spécialiste du patrimoine industriel et technique

Un fossé sépare la bicyclette de 1870 de celle de 1900. Autant la première ne constitue encore qu'un engin rudimentaire aux piètres qualités routières, autant la seconde est devenue une machine à rouler, à la fois performante, sûre et économique. Cette efficacité, elle la doit à cinq innovations qui s'imposent à la faveur de la formidable effervescence créatrice touchant alors le monde de la mécanique: le roulement à billes, la chaîne à rouleaux, le rayon en fil de fer, le tube métallique et le pneu. La portée de ces innovations est telle que 120 ans plus tard, en dépit des efforts constants des industriels pour la renouveler, la bicyclette demeure pratiquement inchangée dans ses fondements techniques, les évolutions ayant davantage porté sur la nature des matériaux et sur l'amélioration de composants existants que sur sa conception générale.
Gratuit et ouvert à tous




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Les Mercredis des sciences reprennent en février pour une nouvelle série :

- Mercredi 6 février 2019, 15h : De la caméra obscura à l'appareil photo, de la lumière plein les yeux !
- Mercredi 13 février 2019, 15h : Lois mécaniques et machines en toute simplicité
- Mercredi 20 février, 15h(VACANCES) :  Des instruments optiques fantastiques, des images animées plein la cervelle !
- Mercredi 27 février 2019, 15h : Acoustique et musique plein les oreilles ! Avec l'ensemble Contrechamps.

La prochaine soirée d'astronomie aura lieu le 13 février à 18h30 avec notamment la conférence de Stéphane Fischer (Musée d'histoire des sciences) et Gaël Ottoni (physiscope, Université de Genève) : Le mystère des aurores polaires.


Références:


mercredi 23 janvier 2019

Médecine personnalisée : une formation continue

Formation continue - la médecine personnalisée : opportunités et défis pour l'enseignement ! Quels enjeux éthiques ?

Selon Delhalle, S., et al  (2018),  la médecine est en train de passer progressivement d'une approche unique pour tous à une approche différenciée et à un traitement spécifique du patient.


Fig 1: la médecine classique proposait la même thérapie à tous ceux qui ont le même diagnostic. De plus en plus on peut différencier le traitement en fonction de la personne, de ses caractéristiques génétiques notamment. Source :Ligue suisse contre le cancer

Une formation continue vous est offerte  pour comprendre les techniques qui  rendent possible un traitement différencié en fonction des caractéristiques individuelles (génome, Big Data, etc.) avec des spécialistes en génétique médicale (Dr Emmanuelle Ranza) et en médecine personnalisée du cancer (Prof. Vincent Zoete) aideront les enseignants à comprendre ces techniques et Marie-Claude Blatter proposera des activités à pratique avec les élèves.

Prendre la mesure des transformations prévisibles de la médecine et du système de santé est un enjeu pour les enseignants de santé, de biologie, mais aussi d'informatique et de statistiques.

Parce que ces données intéressent aussi les assurances et les employeurs, que cela pourrait conduire à réserver certains traitements à certains profils génétiques et que leur accessibilité pourrait être inégale, Bombard, Y., et al.  (2013) ces transformations soulèvent de nombreux enjeux. Une spécialiste des questions éthiques (Prof Samia Hurst) aidera les enseignants à comprendre ces enjeux et à les discuter avec leurs élèves. 
Très bientôt aura lieu une formation continue


Vers un traitement personnalisé qui prenne en compte aussi les particularités (notamment génétiques) de l'individu

Classiquement la médecine considère que les humains sont tous les mêmes (avec quelques catégories comme les enfants et les femmes enceintes etc.).

Selon Delhalle, S., et al  (2018), la médecine de précision / personnalisée est en train de devenir l'un des thèmes majeurs de la recherche biomédicale à travers le monde. Les approches traditionnelles basées sur les symptômes cliniques et quelques marqueurs de laboratoire classiques ne peuvent fournir qu'une information incomplète sur les manifestations de la maladie. En outre, l'hétérogénéité moléculaire et clinique chez les patients est très commune dans de nombreuses maladies, en particulier dans les maladies complexes multifactorielles.
Schork, N. J. (2015) relève que les tests cliniques autorisent la mise sur le marché de médicaments si ils démontrent une efficacité et une absence de toxicité en moyenne sur une large population. Il relève que les médicaments qui rapportent le plus aux US ne sont en fait efficaces que sur une personne sur 4 voire une sur 25 Cf Figure 2. 

Fig 2:  Le top-ten des médicaments ne sont efficaces que sur une personne sur 4 voire une sur 25   [img]. Source :Schork, N. J. (2015)
Sans remettre en question les grands progrès de santé que cette approche classique a permis ( mon père a sans doute vécu une vingtaine d'années de plus grâce au Sintrom), la médecine personnalisée cherche à dépasser le paradigme : un diagnostic ->  un traitement (fig. 1), pour choisir un traitement personnalisé qui prenne en compte aussi les particularités (notamment génétiques) de l'individu ou de la tumeur.
A l'inverse, l'espoir que ce qui ne convient pas à la moyenne des gens puisse être utilisé pour un cas particulier est assez bien décrit dans cet article : la lutte d'un père pour qu'un médicament existant puisse être utilisé pour la maladie génétique rare de ses fils  : L'alkaptonurie (UniProt ; AKU) Alkaptonuria GHR )  où deux copies d'un gène défectueux pour l'enzyme HGD (Q93099) bloquent une voie biochimique et conduisent à l'accumulation d'acide homogentisique qui bloque les articulations, cause des problèmes cardiaques et des calculs rénaux ou prostatiques.

Un autre exemple présenté dans Nature où le diagnostic génétique rapide a permis de sauver un enfant souffrant de SCID (GHR IL7R).

Enjeux éthiques ?

Bombard, Y., et al.  (2013)  ont exploré les valeurs et les attentes des citoyens (Canada)  en matière de médecine personnalisée. Ils ont mis en évidence "des attentes quant au potentiel des technologies de médecine personnalisée pour améliorer les soins, à condition qu'elles soient jugées cliniquement valables et efficaces. Ces attentes ont été tempérées par des préoccupations quant à l'optimisation des ressources et à la possibilité que l'accès au traitement puisse être limité par des tests de médecine personnalisés utilisés pour stratifier les patients.[…]Préoccupés par le fait que des tests personnalisés pourraient être utilisés pour rationner les soins[…]. Cette question soulève des problèmes cliniques et politiques susceptibles de saper la valeur de la médecine personnalisée."  (notre traduction)
Ils soulignent l'importance de délibérer avec le public pour éclairer la mise en oeuvre efficace, efficiente et équitable de la médecine personnalisée.

Une spécialiste des questions éthiques à l'UNIGE (Prof Samia Hurst) aidera les enseignants à comprendre ces enjeux et à les discuter avec leurs élèves.

Une formation pour comprendre et appliquer en classe


Des conférences pour comprendre

 Le cycle de conférences convoque des spécialistes de l'UniGe sur ce thème - notamment :

Mercredi 16 janvier 2019 Big data et intelligence artificielle en santé : espoirs et défis
  • Prof. Christian Lovis,
  • Mercredi 23 janvier 2019 Médecine personnalisée : des exemples pour mieux comprendre
    Prof. Vincent Zoete, Dre Marie-Claude Blatter,

Références:


samedi 5 janvier 2019

L'humanité numérique : Participer au changement de nos enseignements ou le subir ?

L'Humanité Numérique : comprendre avec ces conférences,

… et participer au changement de nos enseignements ou le subir ?



Alors que l'informatique est introduite dans l'enseignement secondaire d'abord comme discipline d'enseignement dès la rentrée 2019, puis intégrée dans toutes les disciplines le classique cycle de conférences convoque des spécialistes de l'UniGe sur le thème l'humanité numérique.


Cf Plus bas

Plusieurs chercheurs ont même proposé des articles spécialement  - ou nous en avons sélectionné - pour vous et les abonnés pourront accéder à ces articles.

Un moment particulièrement important ?

C'est un moment particulièrement important pour amorcer une réflexion sur les changements à apporter à l'enseignement. Dans la mesure où la biologie (et la chimie) ont été profondément transformées - on peut parler de changement de paradigme - la question de la place de la l'informatique dans les enseignements ne peut plus être écartée : on voit bien que le changement va se produire et il vaut peut-être mieux y participer que le subir ?

 

L'informatique au coeur de la biologie
La recherche en biologie a été profondément transformée au cours des dernière décennies par les nouvelles technologies qui génèrent de très grande quantité de données et donc par le traitement de ces données. Le paradigme moléculaire qui l'a portée jusqu'à la fin du siècle passé cède place à une biologie basée sur l'analyse de données abondantes. Ce qui justifie la publication n'est souvent plus la description, ni la partie description et technique mais l'analyse et la comparaison des données - avec celles notamment stockées dans des banques de données (ADN, protéines, structures 3D, expression des gènes etc.).
De la biologie virtuelle...? Non, mais au coeur de la recherche expérimentale !
Soulignons qu'il ne s'agit d'opposer du virtuel au réel ou à l'expérimental : l'expérimentation reste centrale dans la recherche, mais change de méthodes et d'outils. Les projets de recherche en biologie consistent toujours à poser les bonnes questions, à imaginer des expériences, puis à faire les expériences. Les expériences génèrent aujourd'hui de très grandes quantités de données (le séquençage par exemple). La recherche expérimentale aujourd'hui repose presque plus sur le choix des analyses informatiques et statistiques pour produire des savoirs nouveaux à partir de ce 'Big data' que sur les manipulations. Le traitement de ces données constitue souvent la plus-value centrale d'une publication scientifique.
Nécessaire pour former des citoyens capables de comprendre et décider
Beaucoup de ces projets de grande envergure sont vulgarisés et relayées dans les médias. On sait que les aspects les plus sensationnalistes voire des fake newssont les plus souvent relayées et qu'en conséquence les élèves et le public sont confrontés à des informations qui ont souvent perdu leur caractère scientifique.
Comprendre ce que ces recherches signifient et comment les mettre en perspective nécessite de comprendre les grandes lignes des méthodes bioinformatiques pour pouvoir en juger la portée et les limites. Ces savoirs et compétences ne sont pas inclus dans les programmes.

Des formations continues

Des formations continues ont été organisées depuis 2002 avec Marie-Claude Blatter du SIB, sur les usages possibles en classe, sur les preuves de l'évolution, sur la diversité humaine, sur la médecine personnalisée, sur la prédiciton de médicament et les rôles des protéines, sur les modèles 3D de structure authentique de protéines à imprimer -> il reste des places s'inscrire ici.

Qui aide les futurs citoyens à comprendre ces nouvelles approches qui transforment leur monde ?

Qui apprend à nos élèves ce que ces recherches signifient et comment les mettre en perspective en comprenant assez de ces méthodes pour en juger leur portée et leurs limites ?

Au moment de cette introduction de l'informatique dans les écoles, ne serait-ce pas le moment d'une vraie discussion de la place de la (bio)-informatique et du traitement critique de l'information sur les biosciences dans l'enseignement au secondaire ?

Serait-ce le moment de former un groupe pour y réfléchir ?
Quelques personnes se sont déjà manifestées - la DG-ESII voit d'un bon oeil cette initiative et ceux qui sont intéressés ou ont des idées à partager peuvent me contacter.

En tous cas ces conférences aideront à prendre la mesure de ce qui se passe Cf Plus bas et flyer en pièce jointe

Plusieurs chercheurs ont même proposédes articles spécialement ou nous en avons sélectionné et les abonnés pourront accéder à ces articles.

Un cycle de conférences, une opportunité magnifique de prendre du recul



Mercredi 9 janvier 2019 Quand l'informatique rencontre la biologie
Dre Frédérique Lisacek, SIB Institut Suisse de Bioinformatique et UNIGE Comparer des gènes, classifier des virus ou visualiser des macromolécules en trois dimensions est devenu impossible sans des supports et des traitements informatiques, désormais rassemblés sous la dénomination de «bioinformatique». Cette présentation illustrera la contribution de la bioinformatique dans la recherche contemporaine en biologie à travers des exemples de questions pratiquement résolues, telles que l'assemblage automatique d'un génome séquencé, et à résoudre, telles que la prédiction des interactions entre des cellules humaines et des pathogènes ciblés.
  • Masseroli, M., Mons, B., Bongcam-Rudloff, E., Ceri, S., Kel, A., Rechenmann, F., … Romano, P. (2014). Integrated Bio-Search: challenges and trends for the integration, search and comprehensive processing of biological information. BMC Bioinformatics, 15(1), S2. https://doi.org/10.1186/1471-2105-15-S1-S2 
(Les membres Expériment@l-Tremplins peuvent obtenir ces articles).
Mercredi 16 janvier 2019 Big data et intelligence artificielle en santé : espoirs et défis
Prof. Christian Lovis, Département de radiologie et d'informatique,
Faculté de médecine, UNIGE
La digitalisation est sans doute le phénomène marquant de ce début du 21e siècle. Tous les aspects du quotidien sont inexorablement soumis à devenir interactifs, connectés. Cette digitalisation a pour effet de produire une sorte d'image virtuelle et digitale de la société, de plus en plus précise, qu'on peut comparer à l'évolution des appareils de photos numériques. Sauf que là, il ne s'agit plus seulement d'une image, mais d'un modèle multidimensionnel digital de toute la société. La présentation abordera ce thème, sa genèse, les dangers et les espoirs de cette digitalisation. 
(Les membres Expériment@l-Tremplins peuvent obtenir ces articles).



Mercredi 23 janvier 2019 Médecine personnalisée : des exemples pour mieux comprendre
Prof. Vincent Zoete, SIB Institut Suisse de Bioinformatique
et Université de Lausanne
Dre Marie-Claude Blatter, SIB Institut Suisse de Bioinformatique et UNIGE Médecine personnalisée, médecine génomique, médecine de précision, qu'en- tend-on par-là? Nous aborderons cette question avec des exemples concrets, basés sur des analyses effectuées en oncologie dans les hôpitaux romands. Quel est le rôle des différents intervenants et notamment des biologistes et des bioinformaticiens? Pourquoi séquencer le matériel génétique des cellules tumorales? Comment interpréter ces données? Pourquoi faire de la modélisa- tion moléculaire? De quoi s'agit-il? Nous verrons ainsi comment les nouvelles technologies permettent de mieux cibler le traitement de certains cancers.

  • Bryce, A. H., Egan, J. B., Borad, M. J., Stewart, A. K., Nowakowski, G. S., Chanan-Khan, A., … McWilliams, R. R. (2017). Experience with precision genomics and tumor board, indicates frequent target identification, but barriers to delivery. Oncotarget, 8(16), 27145‑27154. https://doi.org/10.18632/oncotarget.16057
(Les membres Expériment@l-Tremplins peuvent obtenir ces articles).


Mercredi 30 janvier 2019 L'évolution génétique des humains sous la loupe du numérique
Prof. Alicia Sanchez-Mazas, Département de génétique et évolution,
Faculté des sciences, UNIGE
Tous les humains actuels font partie d'une même grande famille, l'espèce humaine, dont l'origine et l'évolution ne cessent de susciter notre curiosité. Si la structure détaillée de l'ADN est connue depuis plus d'un demi-siècle, c'est le passage à l'ère numérique qui a permis d'explorer en profondeur sa diversité et d'y déchiffrer les signatures de notre passé. Nous y découvrons une fascinante épopée humaine marquée de rencontres avec d'autres humains aujourd'hui disparus et de longs périples à travers la planète dans des environnements parfois extrêmes. Et aussi les clefs de nos différences.

  • La région génomique qui est au centre de nos recherches est le complexe majeur d'histocompatibilité humaine HLA. A la fois le plus polymorphe du génome humain et l'un des plus impliqués dans la réponse immunitaire et le rejet des greffes tissulaires, ce système est d'un grand intérêt non seulement pour l'étude de l'évolution humaine, mais aussi pour la compréhension des prédispositions ou résistances génétiques des populations à certaines maladies, et pour la recherche de donneurs de moelle osseuse ou d'organes compatibles avec des patients nécessitant une transplantation. Nos recherches sont donc aussi motivées par des questions de santé publique. Pour visionner la vidéo depuis le site TSR découverte
  • Sanchez-Mazas A., Černý V., Di D., Buhler S., Podgorná E., Chevallier E., Brunet L., Weber S., Kervaire B., Testi M., Andreani M., Tiercy JM., Villard J., Nunes JM. (2017) The HLA-B landscape of Africa: Signatures of pathogen-driven selection and molecular identification of candidate alleles to malaria protection. Mol Ecol. 2017; 26:6238-6252. https://doi.org/10.1111/mec.14
  • Buhler S., Nunes JM., Sanchez-Mazas A. (2016) HLA class I molecular variation and peptide-binding properties suggest a model of joint divergent asymmetric selection. Immunogenetics. 2016, vol. 68, no. 6-7, p. 401-416. DOI: 10.1007/s00251-016-0918-x http://archive-ouverte.unige.ch/unige:84711
  • Di D, Sanchez-Mazas A, Currat M. (2015) Computer simulation of human leukocyte antigen genes supports two main routes of colonization by human populations in East Asia. BMC Evolutionary Biology 2015, 15:240 doi:10.1186/s12862-015-0512-0 http://archive-ouverte.unige.ch/unige:77111 

(Les membres Expériment@l-Tremplins peuvent obtenir ces articles).


Mercredi 6 février 2019  L'informatique affective : comment votre ordinateur vous aime
Dr Guillaume Chanel, Département d'informatique,
Faculté des sciences, UNIGE
Nous avons tous ragé face à une machine qui ne réagissait pas comme atten- du. Cela est dû au fait que nos interactions avec ces objets sont très différentes des interactions humaines. Avoir des machines qui pourraient détecter nos émotions en se basant sur plusieurs indices (expressions faciales, ton de voix, rougissement des joues) nous permettrait probablement de communiquer plus naturellement avec elles. Mais si les machines pouvaient comprendre nos émotions, pourraient-elles mieux répondre à nos attentes? Pourraient-elles se joindre à nos relations sociales ou même les modifier?
  • Chanel, G., & Mühl, C. (2015). Connecting Brains and Bodies: Applying Physiological Computing to Support Social Interaction. Interacting with Computers, 27(5), 534‑550. https://doi.org/10.1093/iwc/iwv013 | archive-ouverte.unige
  • Kivikangas, J. M., Chanel, G., Cowley, B., Ekman, I., Salminen, M., Järvelä, S., & Ravaja, N. (2011). A review of the use of psychophysiological methods in game research. Journal of Gaming & Virtual Worlds, 3(3), 181‑199. | archive-ouverte.unige

lundi 31 décembre 2018

10 personnes qui ont compté en 2018 selon Nature

Un large éventail de personnes qui ont compté en 2018 selon Nature

La fameuse revue Nature a sélectionné 10 personnes qui ont compté en sciences en 2018, dans presque tous les domaines de la science, de tous les âges et pays et avec autant de femmes que d'hommes.
Jump-to-science : faites-vous plaisir de lire l'original et pas seulement la version transposée par la vulgarisation scientifique ou les médias.  On est souvent surpris de voir comment la richesse, la solidité de l'argumentation et les nuances et limites des conclusions sont perdues pour se résumer à une affirmation sensationnaliste présentée comme définitive. 
Ne me croyez pas … allez vérifier !

"Volume 564 Issue 7736One year. Ten stories.

As 2018 draws to a close, we once again select Nature's 10—ten people who made a difference in research this year. The cover design highlights advances in studies of atom-thick materials with unusual properties. The image represents two graphene sheets offset by a 'magic' angle, an arrangement that can behave as a superconductor in certain conditions. " Nature's 10
(Les membres Expériment@l-Tremplins peuvent obtenir ces articles si vous êtes enseignant de sciences genevois vous pouvez le devenir)

 

Références:

mardi 11 décembre 2018

Optimiser le régime pour la santé, la performance, par le jeûne, avec le microbiote… Review dans Science

Pourquoi est-ce si difficile de se faire une opinion à propos des régimes et de l'alimentation ?

Cover image expansion
S'il y a un débat où il est difficile de se faire une opinion, où les modes se succèdent, où les tenants de chaque nouveau régime ou approche revendiquent tous un fondement scientifique, c'est bien la diététique !
Comme les plans d'étude attribuent à l'enseignement des sciences le rôle d'aider à comprendre, expliquer et participer aux décisions on comprend la difficulté des enseignants à synthétiser ce domaine mouvant afin de préparer leurs cours, guider les élèves et répondre aux questions.
Fig 1 à droite :  [img] PHOTO: SCOTT SUCHMAN; STYLING: NICHOLE BRYANT
Une des difficultés tient à la nature des  savoirs scientifiques, des affirmations qui annoncent leurs limites, qualifient leurs degrés de certitude. Traduire cela en recommandations et en prescriptions, en régimes ou en choix personnels, c'est inévitablement perdre cette qualité scientifique pour tomber dans une certitude : je fais  ce régime ou je fais un autre.  Au risque que cette décision soit remise en question avec le progrès de la recherche...
C'est sans doute ce qui justifie la formulation des plans d'étude : il s'agit d'aider à décider, à distinguer ce qui est bien établi de ce qui fait débat, de prendre en compte ces résultats pour décider - en se souvenant sur quelles bases on a décidé et se préparer à réviser dans le futur. 
Que sait-on vraiment sur les effets sur la santé et l'indice de masse corporelle de ces régimes. Alors que de tous bords on entend que c'est "scientifiquement prouvé que…" (Pour ma part dès que je lis ça j'en déduis que ce qui va suivre n'est pas très rigoureux…)
Quatre Reviews dans la revue Science font le point sur ce qui est plutôt bien établi par un consensus et de nombreuses recherches avec leurs nuances et ce qui ne l'est pas et fait encore débat.

Optimiser le régime pour la santé, la performance, par le jeûne, avec le microbiote…

Maximum performance or            maximized health benefits require a nutritious mix of foods in            the diet.Ce dossier comprend quatre Review :
  • Ludwig, D. S. et al. (2018) nomment leur article : Dietary fat: From foe to friend?  (les graisses: ami ou ennemi ?) Jusqu'à récemment les graisses étaient l'ennemi de la santé et d'une silhouette favorable. On a distingué ensuite des types de graisses (saturées, insaturées, Oméga-3, etc.). Certains proposent maintenant de réduire les glucides massivement au profit de lipides, (régime cétogène). Ces scientifiques spécialisés dans divers domaines de la nutrition synthétisent  les données existantes afin d'identifier les points sur lesquels un large consensus s'est dégagé et ceux sur lesquels des controverses persistent concernant les macronutriments et les maladies chroniques.
    Fig 2: A droite  [img]. Source :PHOTO: SCOTT SUCHMAN; STYLING: NICHOLE BRYANT
  • Francesco, A. D., et al.(2018) font le point sur les effets du jeûne en fonction de sa durée, de son type ( restriction calorique, restriction temporelle de l'alimentation, régimes similaires au jeûne, …) de sa périodicité  , du type de personnes et de leur régime.
  • Gentile, et al  (2018) examinent les effets du régime alimentaire sur le microbiote; Le régime alimentaire est inextricablement lié à l'obésité, le diabète type 2, et les maladies cardio-vasculaires, mais ce que nous mangeons nourrit aussi ces innombrables hôtes de notre tube digestif qui transforment et modifient ce qui sera absorbé. Le microbiote est de plus en plus vu comme un acteur incontournable qui sous-tend uen large part des effets du régime sur la santé et la maladie.
  • Burke, L. M., et al. (2018) dissèquent les approches nutritionnelles pour une performance optimale, mettant en évidence la contribution de la science sportive moderne aux médailles d'or et aux titres mondiaux. En dépit d'une croyance durable en un «régime athlétique» unique et supérieur, ils mettent en évidence la diversité des pratiques de nutrition sportive chez les athlètes performants en rapport avec la spécificité des demandes métaboliques de différents sports et du calendrier des objectifs d'entraînement et de compétition. Les controverse et désaccords parmi les experts en nutrition sportive reflètent la diversité des besoins selon les domaines et les différences dans les pratiques des athlètes. 

Alors ce sont maintenant les glucides qui sont l'ennemi de la santé et de la ligne, et les lipides les alliés ?

Quelques extraits du review par Ludwig, et al. (2018).  Depuis longtemps les conseils diététiques étaient fondés sur le principe que des apports élevés en lipides seraient la cause de l'obésité, du diabète, des maladies cardiaques et peut-être du cancer. Récemment, les preuves des effets néfastes sur le métabolisme des glucides transformés ont suscité un regain d'intérêt pour des régimes à faible teneur en glucides et à haute teneur en matières grasses ou cétogènes - un type  de régime alimentaire pauvre en glucides où les lipides fournissent typiquement ≥ 70% de l'énergie. Cependant, certains chercheurs font valoir que la quantité relative de graisses et d'hydrates de carbone alimentaires a peu d'importance pour la santé et que ce qui importe ce sont les sources de graisse ou d'hydrates de carbone qui sont consommées.

Les auteurs font le point sur les limites et potentiels  des régimes cétogènes, leur adéquation à certains types de personnes.

Ils discutent ensuite ce qu'on sait sur la nature des graisses consommées (acides gras poly- ou mono-insaturés, saturés, trans-, etc) et les effets sur l'obésité et le diabète, le cancer, etc.

Jump to science vous encourage à consulter l'article d'origine Ludwig, et al. (2018).

Pour vous donner envie, voici quelques extraits
une image vaut mille mots ... mais peut          être interprétée de mille manières
Fig 1: Variation de la mortalité associée aux types d'acides gras : un incrément de 2% de trans est associé à une augmentation de la mortalité de 20% [img]. Source :

Consensus et controverses

L'article relève ce qui fait encore débat (les effets des ratio glucides/lipides dans divers cas d'apports énergétiques et de masse corporelle,  leur effet à long terme, leur influence en fonction de facteurs génétiques et phénotypiques, l'observance (respect effectif du régime), les effets environnementaux). Cf Box1
Ils résument en un tableau (Box2 ) ce qui fait consensus. Il y a consensus sur le fait que les acides gras trans sont néfastes. Ceux issus de transformations industrielles pour donner des propriétés intéressantes (solidité à température ambiante, longue conservation) comme les margarines ont montré "dans de multiples études à grande échelle leur association directe au risque de maladie coronarienne et d'autres maladies chroniques." Ludwig, et al. (2018) notre traduction. 
Points de consensus (extraits) .

1. En mettant l'accent sur la qualité des éléments nutritifs, il est possible de parvenir à une bonne santé et à un faible risque de maladies chroniques pour de nombreuses personnes qui suivent un régime avec un large éventail de ratios glucides-lipides.

2. Le remplacement des graisses saturées par des graisses insaturées d'origine naturelle est bénéfique pour la santé de la population en général. Les gras trans d'origine industrielle sont nocifs et devraient être éliminés. Le métabolisme des graisses saturées peut varier selon le régime alimentaire pauvre en glucides, une question qui nécessite encore des recherches.

3. Le remplacement des glucides hautement transformés (y compris les céréales raffinées, les produits à base de pommes de terre et les sucres libres) par des glucides non transformés (légumes sans légumineuses, fruits entiers, légumineuses et céréales complètes ou peu transformées) est bénéfique pour la santé.

4. Les facteurs biologiques semblent influer sur les réponses aux régimes alimentaires de différentes compositions en macronutriments. Les personnes ayant une sensibilité à l'insuline et une fonction des cellules β relativement normales peuvent bien se nourrir avec des régimes comportant un large éventail de ratios glucides-lipides; ceux qui ont une résistance à l'insuline, une hypersécrétion d'insuline ou une intolérance au glucose peuvent bénéficier d'un régime alimentaire pauvre en glucides et en gras.

5. Un régime cétogène peut conférer des avantages métaboliques particuliers à certaines personnes présentant un métabolisme anormal des glucides, cela devrait être confirmé par une étude à long terme.

6. Des régimes bien composés, faibles en glucides et riches en graisses, ne nécessitent pas de fortes consommations de protéines ou de produits d'origine animale. Il est possible de réduire la consommation de glucides en remplaçant les céréales, les féculents et les sucres par des huiles végétales non hydrogénées, des noix, des graines, des avocats et d'autres produits végétaux riches en graisses.

Et le microbiote ? 

Gentile, C. L., & Weir, T. L. (2018) discutent comment les nutriments ingérés sont essentiels non seulement pour la santé humaine, mais également pour la santé et la survie des milliers de milliards (ils disent trillons) de microbes présents dans les intestins. L'alimentation est un élément clé de la relation entre l'homme et ses résidents microbiens. Les microbes intestinaux utilisent les nutriments ingérés pour leurs processus biologiques fondamentaux, et les métabolites de ces processus peuvent avoir des effets importants sur la physiologie humaine. Des études chez l'homme et des modèles animaux commencent à révéler les fondements de cette relation, et de plus en plus d'indices suggèrent qu'elle pourrait sous-tendre certains des effets plus importants de l'alimentation sur la santé et la maladie humaines.

Jump-to-science encourage le lecteur à consulter le  Special Issue Diet and Health : optimizing metabolism

Références:

lundi 26 novembre 2018

Film : un tsunami sur le léman !

Les auteurs avaient sélectionné pour les membres Expériment@l-Tremplins quelques articles (lors d'une conférence en 2016 : La Terre, une planète à risques).  Pour vous préparer à cette projection du 13 novembre, pour approfondir après, .... ou si vous ne pouvez pas venir.

C'est Jump-to-Science : on ne simplifie pas pour vous, car vous êtes des spécialistes de la transpositions pour les élèves; on vous aide à remonter à l'authentique article, là où la science se fait.


Projection du film un Tsunami sur le lac Léman
Chères collaboratrices, chers collaborateurs,
Chères étudiantes, chers étudiants,
Un tsunami sur le lac Léman… impossible! Vraiment? Une recherche scientifique de l'Université de Genève confirme pourtant la survenue d'un tsunami au VIe siècle de notre ère et envisage qu'il pourrait se reproduire. Que s'est-il passé ce jour-là? Quelle chaine d'événements a mené à la catastrophe? Ce film mène l'enquête auprès d'historiens, d'archéologues, de géologues et de physiciens. Grâce à eux, la légende est devenue un fait scientifique.
L'Université de Genève a le plaisir de vous inviter à une projection privée du film «Un tsunami sur le lac Léman», un documentaire qui met en valeur le travail de ses chercheuses et chercheurs sur le lac.
Celle-ci aura lieu
le mardi 13 novembre à 18h,
en salle U600 au sous-sol d'Uni Dufour.
La projection sera suivie d'un moment d'échange avec l'équipe du film, modéré par Jérôme Lacour, doyen de la Faculté des sciences.
Pour des questions d'organisation, inscrivez-vous sans plus attendre.
Au plaisir de vous retrouver lors de cette projection,
L'équipe d'organisation
Equipe du film:
la Section des sciences de la Terre et de l'environnement de la Faculté des sciences et de l'Institut des Sciences de l'Environnement:
Stéphanie Girardclos, maître d'enseignement et de recherche
Guy Simpson, maître d'enseignement et de recherche
Mario Sartori, chargé de cours
Frédéric Arlaud, technicien électromécanicien
Katrina Kremer, ancienne doctorante
Pierre Corboud, ancien collaborateur scientifique
Laurent Graenicher, auteur et réalisateur du film
Pierre-Yves Frei, auteur du film