dimanche 27 novembre 2011

Café scientifique, le LUNDI 28 nov "TOUS COBAYES... DES MÉDECINES?"


Café scientifique, le LUNDI 28 novembre 2011 à 18h30 
Musée d'histoire des sciences
(dans le Parc de la Perle du lac)
Trams 13 et 15, arrêt Butini / Bus 1, arrêt Sécheron, Parking adjacent.
ENTRÉE LIBRE

 
"TOUS COBAYES... DES MÉDECINES?"
Dès 2012, cinq médecines complémentaires (sur la centaine existante) pourront être à nouveau remboursées par l’assurance obligatoire des soins. Une votation populaire en avait décidé ainsi en 2009. Mais comme toujours se pose les éternelles mêmes questions : pourquoi en rembourser cinq et pas une centaine ? Comment prouver l’efficacité des différentes médecines, puisque la loi le demande et dans un délai de cinq ans ? Peut-on appliquer les mêmes critères d’évaluation à la médecine dite « traditionnelle » et aux médecines dites « complémentaires » ? Les praticiens des médecines complémentaires, mais aussi ceux de médecine traditionnelle, devront mieux se former, qui, comment ?
Au-delà du pour et du contre, une invitation à débattre de nos questions de … cobayes.
 
Avec la participation de :
M. Vincent Barras, Professeur d’histoire de la médecine, Université de Lausanne et Directeur de l’institut d’histoire de la médecine
M. Bertrand Kiefer, Rédacteur en chef de la Revue médicale suisse et membre de la Commission nationale d’éthique
M. Pierre-Yves Rodondi, Médecin agréé, chargé de cours, unité de recherche et d'enseignement sur les médecines complémentaires, CHUV, Lausanne


Animation :
Mme Béatrice Pellegrini, Chargée de recherche au Muséum d’histoire naturelle de Genève

Plus d'informations sur l'activité de Bancs publics sur notre site Site internet http://www.bancspublics.ch
Contact admin@bancspublics.ch
Souscription cafescience-request@bancspublics.ch?subject=subscribe

lundi 14 novembre 2011

L'ADN gère ses appartements dans le noyau, il n'est pas une longue ficelle de 2m, ni 2 merguez !

L'activation de l'ADN : un déplacement entre deux territoires nucléaires ?

L'ADN est souvent décrite comme de longs brins d'ADN et visualisé comme une sorte de X ressemblant à 2 merguez attachées en leur centre, mais des recherches récentes révèlent une organisation tridimensionnelle insoupçonnée dans le noyau interphasique qui pourrait être liée à l'activation des gènes.
Dans ce nouveau cadre théorique, l'équipe du professeur Duboule de l'Université de Genève a publié tout récemment une recherche pourrait faire date : en montrant que l'activation successive des gènes architectes Hox dans l'ordre de leur position sur le chromosome correspond au passage successif d'un compartiment négatif "off" à un compartiment positif "on" à l'intérieur du noyau.
Il pourrait s'agir d'un mécanismes général pour expliquer au moins certaines régulations épigénétiques.
Avec d'autres travaux sur le positionnement de l'ADN dans le noyau, il semble se dégager un modèle très élégant et simple de (certaines?) activations du génome : Simplement passer d'un compartiment à l'autre placerait l'ADN dans un environnement biochimique différent qui l'activerait ou le désactiverait. Les modifications de la chromatine comme la méthylation seraient un effet de cet environnement ? Il est prématuré d'être trop affirmatif, mais il me semble pressentir un de ces rares moments où les savoirs très éclatés que produit la recherche convergent d'un coup vers un modèle relativement simple.

Un ADN linéaire ou replié en "merguez" ?

L'ADN est souvent décrit comme un long brin d'ADN – ou 46 long brins – et la biologie actuelle qui aborde de nombreux problèmes par l'étude des séquences fait référence à une structure linéaire. Selon Prof Bruno Strasser, de l'UniGE cette vision, formulée il y a plus de cinquante ans par Francis Crick comme un "dogme central", a été au coeur de la recherche en biologie moléculaire depuis lors (Strasser, B. J. 2006). Cette perspective, qui réduit l'ADN a sa séquences, a permis l'émergence d'une biologie de l'information plutôt que de la forme. Mais, comme le montrent certains travaux récents, cette vision est probablement trop simpliste.

C'est que l'information pure est peu visuelle et l'enseignement de la biologie a ses traditions...
En effet on représente en général les chromosomes par une figure en X comme deux "merguez" liées au centre. En principe, on explique aux élèves que la plupart du temps la cellule a ses chromosomes non condensés, en "vrac" dans le noyau sous forme de "chromatine". Et que cette représentation en X correspond à la métaphase, un moment très bref de la division cellulaire.
Mais cette image en X est si prégnante qu'elle s'impose partout comme représentation du chromosome, même pour faire référence à d'autres phases du cycle cellulaire, qui sont la très grande majorité du temps de la cellule. C'est une des représentations du matériel génétique les plus utilisées.


Fig 1 : La forme en "2-merguez" s'est imposée comme représentation stéréotypée du chromosome ou de l'ADN voire du matériel génétique. [ img ]Source :inconnue désolé. merci de me signaler si vous trouvez.
Certains schémas cherchent à articuler ces deux représentations : linéaire et "en 2-merguez".

Fig 2 : Certains schémas cherchent à articuler ces deux représentations : linéaire et "en 2-merguez". Gauche [ img ]Source : wikipedia Droite [ img ] : Source ici

Evidemment dessiner l'ADN durant l'interphase est difficile et s'apparente plus aux gribouillis d'un enfant qu'à un schéma scolaire facile à retenir... certains schémas le tentent cependant et montrent bien les difficultés que cela pose.

Fig 3 : Certains schémas tentent de représenter l'ADN durant l'interphase. Au risque de suggérer que l'ADN sort du noyau comme ici. [ img ]Source : http://mcb.illinois.edu/faculty/profile/cmizzen

Une des raisons de cette difficulté est qu'on en savait pas vraiment comment – ou même si – l'ADN était organisé dans le noyau, entre autres parce qu'ils n'étaient pas discernables au microscope. Sauf durant la mitose et la méiose, et tout particulièrement bien à la métaphase... Ce qui explique probablement le succès des "merguez"

L'ADN est la plupart du temps en vrac dans le noyau ?

Pendant longtemps on a ignoré tout de l'organisation des chromosomes dans le noyau qui ne se divise pas. (Meaburn, K. J., & Misteli, T. 2007).
On sait depuis quelques années que l'ADN s'organise dans le noyau de manière complexe mais plutôt groupée par chromosome. Une News And Views de Nature fait le point sur les "Chromosome territories" (Meaburn, K. J., & Misteli, T. 2007):
Fig 4 : Déjà en 2007 on savait que les chromosomes interphasique ne sont pas en vrac dans le noyau. a) par fluorescence on a coloré le chromosome 12 (rouge), chromosome 14 (vert) and chromosome 15 (bleu). b) chaque chromosome est coloré différemment, c) Les territoires des chromosomes ne sont pas compacts. [ img ] Source : Meaburn, K. J., & Misteli, T. (2007) :

Des articles de "Nature" pour les élèves ? vous n'y pensez pas !

Ces infos sont reprises et mises à jour dans un article spécialement préparé pour l'éducation proposé dans le site éducation de Nature Scitable . Misteli, T. (2008) Chromosome territories: The arrangement of chromosomes in the nucleus . Nature Education 1( 1 )
Fig 5 : Visualization of chromosome territories by fluorescence in situ hybridization . B) La position des chromosomes 12, 14 et 15 est indiquée. [ img ]Source : Meaburn, K. J., & Misteli, T. (2007)
Evidemment c'est en anglais ... mais c'est une excellente ressource – gratuite – de documents bien plus authentiques.
L'efficacité pour motiver les élèves de documents extra-scolaires et authentiques à été établie notamment par le prof. (Müller, A.,et al. (2010) de l'UniGE.
On peut d'ailleurs noter que juste après le secondaire ils vont souvent à l'université (!) où la lecture de l'anglais est une exigence en sciences... 

Une structure 3-D liée à l'expression des gènes ?

Selon Baker, M. (2011) le prochain horizon en génomique est l'espace : l'organisation tridimensionnelle des chromosomes dans le noyau. Ce n'est pas simplement 2m d'ADN tassés au hasard dans une sphère de 10 micromètres, et les structures varient selon les types de cellules et semblent jouer un rôle encore mal compris dans l'expression des gènes.


Fig 6 : Une structure magnifiquement illustrée dans d'un fragment de 500-kilobase riche en gènes sur le chromosome 16 humain.[ img ]Source :Baker, M. (2011) J. DEKKER/UNIV. MASSACHUSETTS/D. BAU/M. A. MARTI-RENOM/PRINCE FELIPE RES. CENTRE.

On sait depuis un certain temps que les interactions qui régulent l'expression de l'ADN se font parfois avec des séquences apparemment à des distances importantes. Tant qu'on a pensé l'ADN comme un simple séquence on a eu de la peine à conceptualiser comment les séquences aussi éloignées pouvaient participer à la régulation des gènes. D'imaginer qu'elles se replient a permis de comprendre certaines interactions. L'équipe du Prof Strubin de l'UniGe avait participé à comprendre l'importance potentielle de ces interactions en montrant que si on aide artificiellement la machine de transcription à se fixer au début du gène, on augmentes la transcription du gène en question. (Klages, N., & Strubin, M., 1995).
  • 5 manières dont la régulation de l'expression des gènes peut se faire : Figure 7.49 ( Alberts B., et al., 2002) On-line

Fig 7: Tant qu'on a pensé l'ADN comme un simple séquence on a eu de la peine à conceptualiser comment les séquences aussi éloignées pouvaient participer à la régulation des gènes.[ img ]Source : Alberts
On sait aussi que la méthylation inactive des gènes (Alberts B., et al., 2002 ici) de manière durable et le domaine en grand développement de l'épigénétique
On commence a connaitre le mécanisme d'inactivation du Chromosome X décrit dans un très bon review des liens entre l'organisation nucléaire et la régulation génique (Fraser, P., & Bickmore, W. (2007). doi: 10.1038/nature05916 ) Notamment la manière dont différentes parties du même chromosome doivent rester actives pour inactiver le reste dans le cas du Chromosome X.

Fig 8: Les évènements de réorganisation nucléaire lors de l'inactivation du chromosome X sont décrits ici .[ img ]Source : Fraser, P., & Bickmore , W. (2007)

Un compartiment actif et un compartiment inactif ?

La conformation globale du génome dans le noyau a été établie récemment par Lieberman-Aiden, E., et al. (2009).
Ils ont utilisé une technique HiC qui relie des ADN proches avec des sortes de menottes (formol) , relie ces fragments "pris sur le fait" d'être ensemble puis séquence ces fragments pour identifier quelles séquences étaient proches.
Plus précisément, elle consiste à cross-linker les brins d'ADN qui se trouvent proches avec du formaldéhyde, puis à couper en fragments avec une enzyme de restriction ces ADN attachés, puis à relier les extrémités libres des deux fragments d'ADN et les marquer avec de la biotine pour ensuite séquencer ces fragments et identifier leurs positions dans le génome avec des outils bioinformatiques. La technique a depuis été améliorée et est nommée 3C ( chromosome conformation capture) puis 4C quand elle est associée à du séquençage a large échelle ou des microarray.


Fig 9 La technique Hi-C consiste à cross-linker les brins d'ADN qui se trouvent proches avec du formaldéhyde, puis à couper en fragments avec une enzyme de restriction ces ADN attachés, puis à relier les extrémités libres des deux fragments d'ADN et les marquer avec de la biotine pour ensuite séquencer ces fragments et identifier leurs positions dans le génome avec des outils bioinformatiques. . [ img ]Source : Lieberman-Aiden, E., et al. (2009)

Leur étude montre qu'il y a deux compartiments dans le noyau : des zones où la chromatine est ouverte et d'autres où elle est fermée.
" Our results demonstrate that open and closed chromatin domains throughout the genome occupy different spatial compartments in the nucleus. "
Sans tenter ici de faire un review complet de l'épigénétique (CF ici ) on peut relever qu'une séparation spatiale permet d'imaginer des mécanisme très simple pour expliquer l'activation / la désactivation de parties du génome.

Une structure fractale rapproche tout le génome et permet de passer de l'un à l'autre

Leur étude montre aussi que s'établissent des contacts aussi bien entre des zones proches dans l'ADN qu'entre des zones très lointaines : ils la qualifient de globule fractal parce les rapprochements se répètent à des niveaux d'organisation différents ce qui explique qu'il y a autant de chances de rencontre entre des séquences proches que très lointaines. Ce serait pour permettre l'activation / désactivation des gènes en passant d'un compartiment à l'autre.
"At the megabase scale, the chromatin conformation is consistent with a fractal globule, a knot-free, polymer conformation that enables maximally dense packing while preserving the ability to easily fold and unfold any genomic locus. The fractal globule is distinct from the more commonly used globular equilibrium model." Lieberman-Aiden, E., et al. (2009)

Fig 10 D es contacts s'établissent aussi bien entre des zones proches dans l'ADN qu'entre des zones très lointaines : ils la qualifient de globule fractal (C en bas) parce les rapprochements se répètent à des niveaux d'organisation différents (D) ce qui explique qu'il y a autant de chances de rencontre entre des séquences proches que très lointaines. [ img ] Source : Lieberman-Aiden, E., et al. (2009) .

Notre société gagnerait à être fractale ?

La société aurait peut-être bien besoin d'une structure fractale qui rapproche les différentes groupes si éloignés qui la composent et rend facile le passage d'un état d'activation à l'autre...
Et peut-être aussi une éducation qui respecte les différences mais donne à chacun sa chance de quitter état silencieux pour commencer à s'exprimer quelle que soit sa position sociale ?

Les gènes Hox s'activent dans l'ordre en passant du compartiment "off" au compartiment "on"

Les gènes  architectes Hox spécifient les structures le long de l'axe antéro-postérieur du corps. Ils s'expriment dans un ordre qui correspond aussi bien à leur position sur les chromosomes qu'à l'ordre des structures corporelles. . Ce qui détermine cette activation successive n'était pas simple à expliquer...

Dans la revue Science du 14 octobre 2011 L'équipe du professeur Duboule de l'Université de Genève publie une recherche qui pourrait faire date : en montrant par la technique (4C similaire à Hi-C décrite plus haut) le passage successif des gènes architectes Hox d'un compartiment négatif "off" à un compartiment positif "on" dans le noyau on suggère un modèle très élégant et simple de leur activation successive dans l'ordre de leur position.
Simplement passer d'un compartiment à l'autre situe le brin d'ADN et ses histones dans un environnement biochimique différent qui les activerait ou les désactiverait.
This bimodal configuration parallels the distribution of distinct chromatin marks, suggesting the existence of a link between the presence of chromatin domains and the formation of 3D chromosomal structures. This model for Hox gene activation would ensure the proper sequence in the transcriptional activation of Hox genes within each gene cluster. Noordermeer, D., Leleu, M., Splinter, E., Rougemont, J., De Laat, W., & Duboule, D. (2011).
 
Fig 11 : Cette étude révèle passage successif des gènes Hox d'un compartiment négatif "off" (rouge9 à un compartiment positif "on" (Bleu) dans le noyau, de manière correspondante à leur activation. [ img ]Source : Noordermeer, D., Leleu, M., Splinter, E., Rougemont, J., De Laat, W., & Duboule, D. (2011). :

"This work suggests that the colinear activation of Hox genes involves a stepwise transition of each gene from a negative to a positive compartment, which display different biochemical properties and thus results in a physical separation of their regulatory modalities. " Noordermeer, D., Leleu, M., Splinter, E., Rougemont, J., De Laat, W., & Duboule, D. (2011)
Ainsi de considérer le problème en 3-D a probablement permis à certains d'imaginer la nouvelle technique qui a permis à d'autres de faire de nouvelles expériences qui conduisent à revoir les modèles explicatifs...
Un nouveau modèle des phénomènes mène à de nouvelles expériences qui construisent et affinent le modèle. C'est le processus de modélisation. Dans les moments où ils se construisent, on perçoit bien les caractéristiques du modèle (ils sont hypothétiques, ils sont modifiables, ils sont pertinents pour certains problèmes dans certains contextes. (Martinand, J. L., 1996)). Une fois bien établis on finit souvent par les présenter et les utiliser comme "vrais", définitifs, inébranlables, absolus.
Puis on s'étonne que les élèves ne distinguent pas science et dogme.

Un moment historique ?

Il semble donc qu'un changement de cadre conduise à un nouveau modèle : une vision de l'ADN en 3-D dans le noyau a permis d'aller beaucoup plus loin dans la compréhension, par une sorte de retour ironique de l'histoire des idées.
En effet c'est l'idée de simple linéarité de Crick et de flux d'information qui avait permis de voir autrement les données et de comprendre sous l'angle d'une biologie de l'information, génomique et bioinformatique notamment.
Et voilà qu'au coeur de l'information les mécanismes de régulation se comprennent bien mieux en examinant la conformation tridimensionnelle du génome dans le noyau. Ce que l'analyse des séquences ne montre pas, ou pas d'une manière que nous comprenons.
Si cela se confirme nous serions en train de vivre un de ces rares moments où les savoirs très éclatés que produit la recherche convergent d'un coup vers un modèle relativement simple. Qui pourrait assez simplement être présenté aux élèves. C'est en tous cas intéressant de montrer que la science bouge !

Evidemment cette réponse suggère d'autres questions : qu'est-ce qui déplace l'ADN d'un compartiment vers l'autre ? Qu'est-ce qui détermine ces territoires ? des gènes ? etc.
Magnifiques questions pour les jeunes chercheurs parmi nos élèves.


"Scitable is a free science library and personal learning tool brought to you by Nature Publishing Group, the world's leading publisher of science.
Scitable currently concentrates on genetics and cell biology , which include the topics of evolution, gene expression, and the rich complexity of cellular processes shared by living organisms. Scitable also offers resources for the budding scientist, with advice about effective science communication and career paths ."

Le site éducation de Nature Scitable


Fig 12 : Scitable est le site éducation de Nature . [ img ]Source : Nature Scitable


Sources

  • Alberts B, Johnson A, Lewis J, et al. (2002) Molecular Biology of the Cell . 4th edition.New York: Garland Science; .
  • Baker, M. (2011). Genomics: Genomes in three dimensions. Nature, 470(7333), 289-294. doi: 10.1038/470289a | intranet.pdf
  • Crick, F. (1970). Central dogma of molecular biology. Nature, 227(5258), 561-563.
  • Fraser, P., & Bickmore, W. (2007). Nuclear organization of the genome and the potential for gene regulation. Nature, 447(7143), 413-417. doi: 10.1038/nature05916
  • Lieberman-Aiden, E., et al. (2009). Comprehensive Mapping of Long-Range Interactions Reveals Folding Principles of the Human Genome. Science, 326(5950), 289 -293. doi: 10.1126/science.1181369
  • Martinand, J. L. (1996). Introduction à la modélisation. Paper presented at the Actes du séminaire de didactique des disciplines technologiques. extraits intranet.pdf
  • Meaburn, K. J., & Misteli, T. (2007). Cell biology: Chromosome territories. Nature, 445(7126), 379-381. doi: 10.1038/445379a
  • Misteli, T. (2008) Chromosome territories: The arrangement of chromosomes in the nucleus . Nature Education 1( 1 )
  • Müller, A., Kuhn, J., Müller, W., & Vogt, P. (2010). `Modified Anchored Instruction´ im Naturwissenschaftlichen Unterricht: Ein Interventions- und Forschungsprogramm. In D. Höttecke (Ed.), Entwicklung naturwissenschaftlichen Denkens zwischen Phänomen und Systematik, GDCP-Tagungsband 2009. Münster: LIT.
  • Sexton, T., Schober, H., Fraser, P., & Gasser, S. M. (2007). Gene regulation through nuclear organization. Nat Struct Mol Biol, 14(11), 1049-1055. doi: 10.1038/nsmb1324
  • Noordermeer, D., Leleu, M., Splinter, E., Rougemont, J., De Laat, W., & Duboule, D. (2011). The Dynamic Architecture of Hox Gene Clusters. Science, 334(6053), 222 -225. doi: 10.1126/science.1207194
  • Strasser, B. J. (2006). A world in one dimension: Linus Pauling, Francis Crick and the central dogma of molecular biology. History and Philosophy of the Life Sciences, 28, 491-512. article.pdf
  • Klages, N., & Strubin, M. (1995). Stimulation of RNA polymerase II transcription initiation by recruitment of TBP in vivo. Nature, 374(6525), 822-823. doi: 10.1038/374822a0
  • Zimmer, C., & Fabre, E. (2011). Principles of chromosomal organization: lessons from yeast. The Journal of Cell Biology , 192 (5), 723 -733. doi:10.1083/jcb.201010058

« Rousseau et les sciences » mercredi 16 novembre

Rousseau est plus connu pour ses réflexions sur l'éducation, la société et on lui attribue une vision idéalisée de la nature. 
Peut-être que celui fait de Genève une de ses patries porte une réflexion sur la science qui peut nous aider à mettre en perspective notre propre rapport à la société et à la science.
Une conférence "entretien" dans le cycle  Penser avec Rousseau en 2012 se propose d'y réfléchir avec vous.



Madame, Monsieur,

Rousseau fait rêver ; il donne à penser. Et comme sa pensée est souvent recouverte par les lieux communs et les évidences mornes, l’Université de Genève a décidé de faire entendre son œuvre dans l’espoir de faire penser à son tour.
Une fois par mois, des chercheurs venus d’horizons divers viendront s’entretenir de l’actualité de la pensée de Rousseau lors des Entretiens Jean-Jacques Rousseau.

Le deuxième Entretien intitulé « Rousseau et les sciences » se tiendra le mercredi 16 novembre à 18h15, à Uni Bastions, salle B 106.

On sait mieux désormais que l’anathème du Discours sur les sciences et les arts qui porte moins sur les sciences elles-mêmes que sur leur usage politique et idéologique et, plus précisément, sur la conséquence qu’on pourrait établir entre le progrès scientifique et le progrès moral et politique ne résume pas le tout de la relation de Rousseau aux sciences. Rousseau s’intéressa aux sciences : il étudia les mathématiques, la chimie, la physique, l’optique aussi. Et si des traces de ces études sont présentes dans l’épistémologie de l’Emile, Rousseau est allé jusqu’à consacrer un livre à la chimie : les Institutions chimiques. La richesse de ces relations est telle qu’on a même pu consacrer un colloque important à Rousseau et les sciences en 2003.
Le 16 novembre nous aurons la chance d’entendre Bernadette Benseaude-Vincent, Gabrielle Radica et René Sigrist : ils discuteront du rapport vif, complexe et toujours intense de Rousseau à la science et aux sciences. 

En espérant vous retrouver nombreux et nombreuses lors de cette  rencontre,  recevez, Madame, Monsieur, nos salutations les plus cordiales.


-----


Penser avec Rousseau en 2012

Rousseau

« Il me semble que tout cela donne furieusement à penser »
Rousseau, Essai sur l’origine des langues, chapitre V, Œuvres Complètes, p. 386
Tout le programme: www.unige.ch/rousseau2012
Pour toute question: rousseau2012@unige.ch

lundi 7 novembre 2011

Chimiscope pour s'émerveiller avec la chimie

Les lecteurs des Bio-tremplins sont en général plutôt des biologistes évidemment, mais plusieurs sont aussi des (bio-)chimistes, aussi ce message peut vous concerner
La Faculté des Sciences a inauguré un nouveau lieu de science où se rendre avec les élèves pour s'émerveiller avec la chimie
:

Le chimiscope



le jeudi 24 novembre a eu lieu l'inauguration du Chimiscope, la plateforme innovante pour la promotion de la chimie et de la biochimie a l’Université de Genève.

Didier Perret  :  équipe du Chimiscope

Chimiscope
Université de Genève – Sciences II
30, quai Ernest-Ansermet
CH-1211 Genève 4
http://chimiscope.ch
chimiscope@unige.ch
plan d'accès: http://maps.google.com/maps?q=46.197966,6.132576

mercredi 2 novembre 2011

Le sexe du cerveau : de la science aux idees recues

La question du sexe biologique ou culturel a fait pas mal de débats en France récemment a cause d'un texte du ministère de l'éducation.
Le spécialiste de l'évolution humaine Pascal Picq a ajouté sa contribution au débat dans un article publié par Le Monde.
C'est une position forte et controversée comme il les aime. Ce n'est certainement pas tout le débat.

Une belle question vive qui peut intéresser nos ados en recherche de leur identité à la dimension scientifique du débat. 
Et  qui concerne aussi les représentations qu'ils se font - à travers les nôtres souvent - des métiers et des carrières masculins ou féminins.

A l'heure où les études en sciences expérimentales ont moins la cote, perdre des cerveaux exceptionnels parce qu'elles ne se sont pas senties accueillies ou parce qu'elles n'ont pas imaginé des carrières en science faute de modèles est très regrettable pour tous ...


Neurobiologiste de formation engagée dans des recherches sur les maladies neurodégénératives, Catherine Vidal se consacre parallèlement à la diffusion du savoir scientifique. Son intérêt porte sur les rapports entre science et société, et en particulier sur le déterminisme en biologie, sur le cerveau et le sexe.





Jeudi 10 nov 2011 | 18h. | salle U300 | Uni Dufour
CATHERINE VIDAL, neurobiologiste à l'Institut Pasteur, lancera le débat par une conférence
LE SEXE DU CERVEAU : DE LA SCIENCE AUX IDEES RECUES

Le débat se poursuivra lors d'un workshop
Affiche pour la conférence du 10 novembre (4 871 Ko, )

Les recherches de Catherine Vidal portent sur les mécanismes de la douleur, le rôle du cortex cérébral dans la mémoire, l’infection du cerveau par le virus du sida, la mort neuronale dans la maladie de Creutzfeldt-Jakob et les infections par les prions. Concernée par la vulgarisation, la scientifique interroge régulièrement les rapports entre science et société, notamment la question du déterminisme en biologie

vendredi 28 octobre 2011

Diabète et Obésité - 15 novembre - visite des laboratoires et rencontre avec les chercheurs

Lors d'une journée Diabète et Obésité,  le 15 Novembre au CMU les chercheurs accueillent vos classes. Voir plus bas et dans la pièce jointe tous les détails de cette journée à ne pas manquer

Une magnifique opportunité de tisser des liens entre la biologie en classe et la recherche, montrer qu'elle bouge, qu'elle produit de nouvelles réponses à des problèmes de santé par exemple.
C'est aussi l'occasion de rencontrer des chercheurs pour que les élèves se fassent une meilleure idée du métier de chercheur-e, et des études en biosciences au moment ou leurs choix d'études se font.

Optimiser les sorties de classe

Ces sorties ont d’autant plus d'effet sur les apprentissages que les élèves ont pu se préparer - par exemple avec des questions à poser aux chercheurs, sur la biologie, sur la vie de chercheur-e, sur les études, sur la science et la société.
Pour qu'ils aient des questions il faut naturellement qu'ils comprennent un peu le problème...
Raven  (2007) le décrit ainsi

"Deux formes de diabète sucré sont maintenant identifiées. Les gens atteints du type I, ou diabète insulinodépendant ont perdu les cellules β sécrétrices d'insuline. Ces patients sont donc traités par des injections d'insuline.
Cependant, la  plupart des patients souffrent du diabète de type II, ou diabète sucré ne dépendant pas de l'insuline. Ils ont en général un taux sanguin normal d'insuline, ou même supérieur à la norme, mais leurs cellules sont moins sensibles à l'insuline. Ces gens ne requièrent pas d'injections d'insuline et peuvent en général contrôler leur diabète par un régime et de l'exercice." p. 1008

Pour susciter les questions : un article-choc

Bien que ce soit certainement discutable, une news récente dans la revue Science ( Couzin, J. , 2008) ici suggère que le diabète de type II pourrait être traité chirurgicalement par un bypass gastrique.
"By altering the gut's production of hormones, gastric bypass surgery may be able to eliminate type 2 diabetes. But scientists worry that this radical operation can also cause dangerously low blood sugar"

Figure
Fig 1 : Un bypass gastrique réduit la taille effective de l'estomac. Parmi d'autres effets il pourrait éliminer le diabète de type II selon les auteurs de cet article.  [img]Source :CREDIT: C. BICKEL/SCIENCE; ADAPTED FROM DEMARIA, NEW ENGLAND JOURNAL OF MEDICINE 356, 21 (2007)  


C'est une option radicale qui suscitera certainement  de nombreuses questions sur l'obésité, le diabète,  la responsabilité individuelle dans sa santé, etc.
Ces questions débattues, et/ou posées aux chercheur-e-s du CMU – je soupçonne qu'ils-elles n’adhéreront pas aux conclusions de cet article – seraient une magnifique occasion de discuter comment la science progresse par débat et confrontation d'idées.
Une belle occasion d'apprendre à mettre en perspective la science et se distancer des arguments d'autorité : comment décider quelle autorité croire entre la prestigieuse revue Science et des chercheurs du prestigieux CMU ...
Un petit pas pour nos élèves d'accepter que si la science progresse elle est forcément faite d'incertitudes puisque de nouvelles données modifieront un jour les conclusions actuelles...
Un grand pas si on arrive à leur apprendre à construire leurs propres conclusions par la mise en perspective critique des idées, leur débat argumenté.  Cf  Johnson, D. W., & Johnson, R. T. (2009) sur comment débattre constructivement.

Pour monter que la science avance et remet en question ses conclusions : une recherche récente.

Une des formes de diabète résulte d'un déficit de production d'insuline, souvent lié à la disparition des cellules β du pancréas qui produisent l'insuline.
Une équipe de chercheurs de l'Université de Genève avec des chercheurs de Nara au Japon (Thorel, F., et al. 2010) ont réussi a reprogrammer des cellules pancréatiques α (productrices de glucagon) en cellules β (productrices d'insuline) chez la souris ce qui pourrait ouvrir la voie à des traitements du diabète.
reprogrammation
Fig 1 : Ilots représentatifs de divers moments après l'ablation des cellules β. En vert la production d'insuline.  [img]Source :Thorel, et al (2011) 
 
Ils ont détruit toutes les cellules β en activant la protéine Diphtérique (DT) sélectivement et observé comment les cellules β réapparaissaient spontanément.
Un des ateliers de cette journée portes ouvertes traite de ce thème 

Cellules souches et diabète :
Les cellules souches ont le potentiel de produire n'importe quel type cellulaire. Alors pourquoi pas une cellule à insuline pour le traitement du diabète? Comment transformer ces cellules en laboratoire ?
Les auteurs proposent que l'on pourrait envisager des thérapies humaines sur ce principe.
"Such inter-endocrine spontaneous adult cell conversion could be harnessed towards methods of producing β-cells for diabetes therapies, either in differentiation settings in vitro or in induced regeneration."

Un espoir ?

Nous savons que cette thérapie n'est pas pour demain, mais pour dans des années, et seulement peut-être.
Cet espoir justifie sans aucun doute les recherches, mais ne risque-t-il pas aussi de se retourner contre la recherche si dans quelques années nos élèves voient que toutes ces thérapies promises ne se sont pas réalisées, et que les chercheurs – ou leur service de communication – savaient combien d'obstacles il y a depuis une découverte fondamentale jusqu'à une thérapie et combien n'y parviendraient pas. Cela pourrait ébranler la confiance encore très grande - des études le montrent - que le public a envers les chercheurs.
Faut-il laisser entendre – sans le dire – que ce traitement est probable et proche pour défendre la recherche, ou éduquer pour faire des citoyens responsables qui soutiendront la recherche parce qu'ils l'auront mieux comprise ?

(Je reconnais que je pose la question d'une manière qui révèle mon opinion... et j'assume cela)

Sources

  • Couzin, J. (2008). Bypassing Medicine to Treat Diabetes. Science, 320(5875), 438 -440. doi:10.1126/science.320.5875.438
  • Johnson, D. W., & Johnson, R. T. (2009). Energizing learning: The instructional power of conflict. Educational Researcher, 38(1), 37.3intranet.pdf
  • Raven, P. H., Johnson, G. B., Losos, J. B., & Singer, S. R. (2007). Biologie. Bruxelles: de Boeck.
  • Thorel, F., Népote, V., Avril, I., Kohno, K., Desgraz, R., Chera, S., & Herrera, P. L. (2010). Conversion of adult pancreatic α-cells to β-cells after extreme β-cell loss. Nature, 464(7292), 1149-1154. doi:10.1038/nature08894
La plateforme  Expériment@l  vous offre l'accès a ces articles : Comment  Obtenir un article : Get-a-doi http://tecfa.unige.ch/perso/lombardf/projets/experimental/images/logo-experimental-sml.jpg

diabete et
          obesité
Madame, Monsieur,
La Faculté de Médecine vous invite à la

Journée Portes Ouvertes

Diabète et Obésité - visite des laboratoires et rencontre avec les chercheurs

Mardi 15 novembre
, 9h30-18h00
Centre Médical Universitaire (sur inscription)

Pour la 9e fois consécutive, la Faculté de médecine de l'Université de Genève organise une
Journée Portes Ouvertes qui s'inscrit dans la campagne de la Journée Mondiale du Diabète,
axée sur l'éducation et la prévention. Elle a pour but une meilleure compréhension de ses habitudes de vie
et des mécanismes biologiques favorisant le diabète. Cette année, un accent particulier sera porté sur la génétique dans le diabète.


10 stands sont proposés sur un parcours thématique à la carte: le visiteur aura la possibilité de rencontrer chercheurs et cliniciens
et de construire son parcours personnel en faisant sa propre sélection (sur inscription).

Tout public et tout âge.
Programme et descriptif complet sur www.diabete.unige.ch
explorer

Les stands à choix, d'une durée de 30 minutes chacun, animés par des chercheurs et des cliniciens


  • Le diabète chez l'enfant et l'adolescent :
    Qu'est-ce que le diabète et comment le traiter? Comment fonctionne une pompe à insuline? Nous mesurerons le sucre dans le sang et nous verrons quels sont les éléments qui font bouger son taux.
  • Voyage microscopique dans le pancréas :
    Un parcours visuel sur la fonction du pancréas. Observez le pancréas et les cellules à insuline à travers différents instruments appartenant au passé ou à la dernière technologie de pointe.
  • Comment fonctionne la cellule à insuline :
    Comment la cellule du pancréas ouvre et ferme le robinet à insuline ? Quels sont les outils des chercheurs ? Nous visualiserons comment les cellules à insuline fonctionnent comme détecteurs de sucre.
  • Horloge pancréatique et diabète :
    Nos cellules ont une horloge biologique rythmée par des cycles d'environ 24 heures. Comment cela influence-t-il la régulation des cellules à insuline et quelle peut-être la conséquence sur l'apparition du diabète?
  • Le génome pour comprendre le diabète :
    Découverte de l’univers fascinant du plan de fabrication de chaque individu, au travers d’une fresque graphique, de mises en scène, d’une sculpture lumineuse de l’hélice d’ADN, de films d’animation scientifique et du journal lumineux sur lequel défile l’intégralité du génome humain.
  • A la recherche des gènes du diabète :
    Y a-t-il des gènes responsables du diabète ? Comment faire pour les identifier ? Nous verrons comment rechercher les empreintes génétiques associées au diabète dans des modèles expérimentaux.
  • Transgénèse et régénération:
    Comment sont générées les souris transgéniques en laboratoire? Est-ce que le pancréas peut régénérer de nouvelles cellules productrices d'insuline chez les souris diabétiques? Pourquoi utilise-t-on des souris transgéniques diabétiques pour étudier la régénération? Quels sont les perspectives pour l'Homme et les futurs traitements du diabète?
  • La transplantation cellulaire pour traiter le diabète:
    La transplantation humaine des îlots pancréatiques est une option thérapeutique pour le traitement de certains diabétiques. Nous verrons comment isoler, purifier, et finalement transplanter ces précieuses cellules.
  • Cellules souches et diabète :
    Les cellules souches ont le potentiel de produire n'importe quel type cellulaire. Alors pourquoi pas une cellule à insuline pour le traitement du diabète? Comment transformer ces cellules en laboratoire ?
  • Association Genevoise des Diabétiques :
    présentation de l'AGD et des aides aux personnes diabétiques.


Pour tout renseignement:
Mme Geneviève Ruckstuhl, 022 379 55 60
Genevieve.Ruckstuhl@unige.ch

mardi 11 octobre 2011

IgNobel Le scarabée qui prenait une bière pour sa compagne ?

IgNobel : étonnant, … mais pas si bête après tout !

The Ig® Nobel Prizes


The Ig Nobel Prizes honor achievements that first make people laugh, and then make them think. The prizes are intended to celebrate the unusual, honor the imaginative — and spur people's interest in science, medicine, and technology.
http://improbable.com/ig/

Dans ce genre irrévérencieux qui le caractérise – et qui peut donner aux adolescents une image moins terne de la science – le prix IgNobel a été décerné avec humour à des recherches qui font "d'abord rire, puis réfléchir".

En ce qui concerne les biosciences  les prix décernés sont :
Biologie : à Darryl Gwynne et David Rentz pour avoir découvert qu'une espèce de scarabée tentait de s'accoupler avec un certain type de bouteille de bière australienne.
Médecine : à Mirjam Tuk, Debra Trampe et Luk Warlop, ainsi qu'à Matthew Lewis, Peter Snyder et Robert Feldman, Robert Pietrzak, David Darby et Paul Maruff pour avoir démontré que l'on peut prendre, dans certains cas, de meilleures décisions lorsqu'on a un besoin urgent d'uriner, et de mauvaises décisions dans d'autres cas.Il  récompense deux recherches : l'une publié sous le titre magnifique de The effect of acute increase in urge to void on cognitive function in healthy adults par M.S. Lewis et al. qui montre qu'une envie d'uriner diminue les fonctions cognitives autant qu'une nuit blanche, et l'autre :" Inhibitory Spillover: Increased Urination Urgency Facilitates Impulse Control in Unrelated Domains" qu'elle favorise des choix raisonnables plutôt qu'impulsifs.
On ne devrait emmener des conjoint-e-s dispendieux voir les expositions de voitures ou les bijouteries qu'avec la vessie pleine ?

Nous allons commenter un peu celui de biologie, bien que l'autre suscite aussi cette curiosité qui est un des moteurs  de la science :
" Sa grande qualité était l'aptitude à goûter l'étrangeté qui marque l'esprit des véritables chercheurs."  MORRIS, Desmond, 1980, La fête Zoologique, Calmann-Lévy

Le scarabée qui prenait une bière pour sa compagne ?

figure1
Fig 1 : Le mâle tente de s'accoupler avec le fond de la bouteille de bière, Notez en haut les pièces copulatrices sorties, et en bas la similitude du motif tacheté du fond de la bouteille avec les élytres de l'insecte.  [img]Source : GWYNN et al 

Le cas de ce scarabée (Julodimorpha bakervelli, un coléoptère Buprestidae ) qui tente de copuler avec un fond de bouteille de bière et persiste pour des heures peut être un exemple qui plaira aux ados. Par ailleurs les Buprestidae sont phytophages et souvent particulièrement beaux (cf images google) .
On peut supposer que la référence à la bière et à la maladresse sexuelle peut attiser leur intérêt. Si on arrive à diriger cette motivation vers l'étude du comportement après les rires gras, les gloussements ou les rougissements gênés.
figure 2
Fig 1 : Julodimorpha bakervelli : les élytres de l'insecte ressemblent à du verre a bouteille.  [img]Source : jeans Photos  http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/deed.en
Chez cette espèce les mâles volent et recherchent les femelles qui les attendent immobiles au sol. La couleur et les petites protubérances du fond de la bouteille ressemblent aux élytres.  Les chercheurs australiens ont observé que les mâles restent indéfiniment sur les bouteilles sans même se défendre de fourmis qui les attaquent sur les parties tendres de leur parties génitales (Cf. fig 1 en bas) . Lorsque les chercheurs les ont déplacés, les mâles sont revenus vers les bouteilles. Presque tous les cul de bouteilles du secteur étaient occupés par un mâle. 
On peut envisager de l'utiliser pour illustrer le stimulus-supranormal en éthologie et montrer que ce phénomène n'existe pas seulement chez l’épinoche et les goélands  argentés.

Fig 3 :les classiques exemples de leurres pour le comportement territorial de l'épinoche mâle.  [img]Source : Ethologie.unige.ch
Les auteurs relèvent avec humour que la présence de bouteilles dans la nature pourrait perturber la reproduction de ces Buprestidae : les mâles qui restent sur une bouteille n'ont pas de descendants et que c'est une raison de plus de ne pas jeter les bouteilles dans la nature.
En somme une trop grande fascination pour la bouteille de bière ne favorise pas la sexualité...

Sources

  •  Gwynne, D., & Rentz, D. (1983). Beetles on the bottle: male buprestids mistake stubbies for females (Coleoptera). Australian Journal of Entomology, 22(1), 79-80. intranet.pdf
  • Site IgNobel http://improbable.com/ig/

"TOUS COBAYE... DU BIOBRICOLAGE?"

http://www.bancspublics.ch/
Café scientifique, le LUNDI 17 octobre 2011 à 18h30 

Musée d'histoire des sciences
(dans le Parc de la Perle du lac)
Trams 13 et 15, arrêt Butini / Bus 1, arrêt Sécheron, Parking adjacent. 
ENTRÉE LIBRE



"TOUS COBAYE... DU BIOBRICOLAGE?"


Biobricolage? La première image qui vient à l’esprit en entendant ce terme, c’est peut-être celle de Frankenstein, ou celle du biologiste de garage, tant le mot bricolage rapproche de l’idée du mal fagoté aussi bien par la forme que par l’esprit. Mais dans ce café scientifique, il sera plutôt question des modifications du vivant par différentes sciences, notamment la génétique et la biologie synthétique. Pourquoi et comment fabrique-t-on ex-nihilo des chromosomes de bactéries fonctionnels ? Quelles précautions et quels risques prend-on ? 

Que dire des raccords « bricolés » entre le vivant et l’outil électronique et informatique. Par exemple : des yeux artificiels, une chaise roulante commandée par la pensée et peut être même, mais on n’y est pas encore, des nanorobots capables d’opérer d’une tumeur. 
Si robocop est d’actualité, s’il existe presque déjà, qu’en faire ?

Affûtez vos questions, et souvenez-vous : dans le respect et la sérénité. Exit la polémique. 
Avec la participation de :
M. Bruno J. Strasser, Historien des sciences, professeur à l'Université de Genève
M. José del R. Millán, Professeur, Chaire Fondation Defitech, Centre pour les Neuroprothèses
M. Laurent Roux, Docteur en biologie, Professeur à la faculté de médecine de l'Université de Genève, département de microbiologie et de médecine moléculaire, Spécialiste en virologie.




Animation :
M. Christophe Moreau, épistémologue

Sources