dimanche 28 avril 2024

Prochains évènements pour enseignants en sciences


Gerald Feldman présentera la pédagogie SCALE-UP le 29 avril à l'unige

on MON 29/4 prof. Gerald Feldman (George Washington University, see *below) will visit our research group.
he will give a talk at the physics colloquium at 12:30 (see attachment), then in the afternoon be ready to discuss
the projects from everybody who likes to do so. please consider to present your project (or questions),
in an informal way, and to gather input from this well-renowned physics educator.

COLLOQUE DE PHYSIQUE

Lundi 29 avril 2024, 12h30 École de Physique, Auditoire Stueckelberg

 

Prof. Gerald Feldman  George Washington University, USA

 

« Establishing a Collaborative Student-Centered Learning  Environment using the SCALE-UP Pedagogy »

 


The time-honored conventional lecture ("teaching by telling") has been shown to be an ineffective mode of instruction for science classes. To enhance critical thinking skills and develop problem-solving abilities, collaborative group-learning environments have proven to be far more effective. In the SCALE-UP pedagogical approach, students sit at round tables in groups of three, where they carry out a variety of pencil/paper exercises ("ponderables") using small whiteboards and perform hands-on activities such as demos and labs ("tangibles") during class. Formal lecture is reduced to a minimum and the instructor serves more as a "coach" to facilitate the academic exercises that the students perform.

 

I will present an overview of the SCALE-UP concept and describe its implementation at George Washington University over the past 16 years. I will also discuss empirical data collected from assessments given to the SCALE-UP collaborative classes and the regular lecture classes at GWU in order to make a comparative study of the effectiveness of the two methodologies.

 

Finally, if time permits, I will give a brief summary of a pilot project at ETH Zürich in which we implemented a separate SCALE-UP section during the Spring 2017 semester. In this case, the active-learning approach was relatively new to the first-year students. We obtained comparative data between the collaborative class and a partner lecture class running in parallel, and we polled the students for feedback on their reactions to the collaborative group-learning environment.

 

 

Une collation en compagnie du conférencier sera offerte après le colloque.  

https://home.gwu.edu/~feldman/
https://en.wikipedia.org/wiki/SCALE-UP

kind regards,
Andreas

Storytelling for Understanding Biology at ETHZ 30 avril 15h par Zoom


PastedGraphic-1.png
Didier Picard nous informe :

I would like to attract your attention to the next Seasonal Webinar of the FEBS Education and Training Committee (see also attachment), freely accessible to everyone.

April 30 (Tuesday), 15.00 Central European Time (e.g. Zurich)

Samuel Tobler (at Chair for Learning Sciences and Higher Education, ETH Zurich)

"The Power of Storytelling for Understanding Biology: Insights from Narrative Instruction in University Classrooms"

Samuel did a fantastic thesis on this topic at the ETH, and discovered that narrative instruction (i.e. teaching with stories) can improve learning, notably if the academic background and prior knowledge of the students are properly considered. He continues to explore this subject as a postdoc and lecturer at the ETH (check out his web site).

Join Zoom Meeting
Meeting ID: 816 7292 7561 
Passcode: 619419 

Join us for this new avenue in teaching and learning!

And please promote the event in your departments, faculty, institute and so on.

Best regards,

Didier
Didier Picard 
Past-President of LS2 (ls2.ch)
Member of FEBS Education and Training Committee

Prof. Andreas Mueller attirer l'attention de JTS sur cette publication

Il serait six fois moins cher de réduire le réchauffement climatique à +2°C que de subir les conséquences de l'inaction...

Kotz, M., Levermann, A., & Wenz, L. (2024). The economic commitment of climate change. Nature, 628(8008), 551‑557. https://doi.org/10.1038/s41586-024-07219-0

ABSTRACT

A primary justification of teaching science to all young people is to develop students to become "critical consumers" of science. This worthy goal, however, is hampered by a flawed premise that school science is sufficient to develop intellectual independence. In contrast, we start from the premise that we are all epistemically dependent on the expertise of others. Hence, any science education for all must develop the capabilities to become a "competent outsider" capable of making judgements not of the science itself, but whether the source is credible. Essential to developing such informed epistemic trust are: (1) a basic understanding of the social practices that enable the production of reliable knowledge; and (2) a familiarity with the major explanatory theories and styles of reasoning that guide the work of scientists. These elements provide a framework for the non-expert necessary to interpret and understand the work of scientists and the claims they make. We show how such an education would address three of the four primary aims of science education outlined by Rudolph (Citation2022). To achieve this goal a substantial reduction of existing standards to an essential, but fundamentally different, core is required, while returning significant autonomy to classroom professionals.



Perspectives – L'univers mathématique de M.C. Escher
http://agenda.unige.ch/events/view/38776

Perspectives – L'univers mathématique de M.C. Escher

Perspectives – L'univers mathématique de M.C. Escher

Cette exposition propose une exploration des thèmes mathématiques récurrents dans l'œuvre de l'artiste néerlandais M.C. Escher (1898-1972) et dévoile une intrigante harmonie entre créativité artistique et rigueur mathématique.
Les architectures impossibles invitent à la découverte des dimensions et de la perspective tandis que la géométrie hyperbolique plonge le public dans un monde régi par des lois surprenantes. Les pavages, omniprésents chez M.C. Escher, se révèlent comme des outils créatifs, permettant de dessiner et de colorier mais aussi de découvrir des résultats de recherche très récents.

Du 19 février au 26 avril 2024
Du lundi au vendredi, de 7h30 à 19h
Dimanche, de 14h à 17h

Visites guidées:
Adultes: mardi 20 février, jeudi 29 février, jeudi 7 mars et mardi 19 mars, à 12h30

Familles: dimanche 10 mars, ateliers et visites guidées, de 14h à 17h
jeudi 14 mars, à 12h30

Lieu

Bâtiment: Bâtiment 66 bd Carl-Vogt  Salle d'exposition de l'UNIGE

entrée libre


mercredi 17 avril 2024

Les bonobos bagarreurs ont plus de succès auprès des femelles Est-ce vraiment ce que dit la recherche ?

"Les bonobos bagarreurs ont plus de succès auprès des femelles ?"

C'est le titre de nouvelles scientifiques produite par l'AFP et reprise dans plusieurs médias. Sa formulation évoque la question socialement vive des rapports de genre et accroche l'attention du lecteur. Correspond-il vraiment à ce que discute la publication de Mouginot,& al. (2024) ?
Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles              plutot que vulgariserJTS (Jump-To-Science) a pour vocation d'encourager le lecteur à se référer à l'article d'origine.
On sait combien diverses pressions font que la vulgarisation transforme les savoirs et fait perdre leur nature scientifique à ceux produits par la recherche.  Suite à la remarque de Céline Brockmann,
"Ce titre vulgarisé est carrément trompeur - l'étude ne permet pas de dire que nécessairement  les femelles préfèrent les plus agressifs; elle dit juste qu'ils se reproduisent plus." JTS explore un peu les transformations que les savoirs ont subi dans cette vulgarisation. Pour le faire, JTS compare le texte d'origine Mouginot,& al. (2024 au texte repris de l'AFP (dans la tribune de Genève et la RTS) qui discute cette même étude dans CQFD et interviewe l'autrice principale.
En conclusion JTS
Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles                plutot que vulgariser encourage le lecteur à aider les élèves à aller vérifier dans l'article d'origine :  ici

Comment le titre d'origine est sensationnalisé dans la vulgarisation

  • Titre de l'article d'origine Mouginot,& al. (2024)Differences in expression of male aggression between wild bonobos and chimpanzees. Cf. extraits plus bas
  • Titre de la Tribune de Genève (repris d'AFP) Les bonobos bagarreurs ont plus de succès auprès des femelles.
  • Titre de CQFD à la RTS : Les bonobos bagarreurs ont plus de succès auprès des femelles.

L'interprétation sensationnaliste et le propos nuancé de la chercheure

https://www.rts.ch/play/radio/redirect/detail/14808901

"Les bonobos bagarreurs ont plus de succès auprès des femelles. Dans la recherche sur les primates, on entend souvent que les bonobos sont les "hippies" des grands singes, quʹils sont plus "peace and love" quʹagressifs, contrairement à leurs proches cousins les chimpanzés qui sont, eux, dépeints comme violents. Une étude, parue dans Current Biology (12.04.24) vient pourtant casser cette image: les bonobos mâles sont en fait plus souvent agressifs entre eux que les chimpanzés. Une démonstration de force qui ne laisse dʹailleurs pas les femelles bonobos indifférentes. "

Maud Mouginot, anthropologue et principale autrice de cette étude, nous explique sa recherche au micro dʹAnne Baecher. 11 min.

Dans CQFD à la RTS  l'interview  de l'autrice principale nuance la préférence des bonobos femelle pour les badass que la journaliste suggérait.

À partir de la minute 6:35, suite à la question Maud Mouginot - autrice principale de l'article - revient sur la suggestion de la journaliste que les femelles bonobos préfèrent les "mauvais garçons".  

 Vers la minute 8:25 elle conclut en rigolant que les femelles n'aiment peut-être pas n'importe quels mauvais garçons. Elle note que ces mâles plus agressifs contre les autres mâles mais pas contre les femelles, repoussent les autres mâles des femelles, et passent plus de temps à s'occuper des femelles. Les femelles bonobo préfèrent dit-elle en rigolant - plutôt les gentleman. "Gentleman mauvais garçon" complète la journaliste. Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles                plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l'audio d'origine :   ici

Ça ne serait pas forcément qu'ils sont plus agressif mais pourrait être le fait qu'il s'occupent plus des femelles ? 

Sur le plan méthodologique, on a un cas intéressant : comme le disait Céline Brockmann, l'étude ne permet pas de dire que nécessairement  les femelles préfèrent les + agressifs; elle dit juste qu'ils se reproduisent plus. 

Les données indiquent que les mâles qui sont plus bagarreurs sont aussi des mâles qui obtiennent plus de copulations et plus de descendants. Sans que ce soit dit, cette corrélation entre l'agressivité des mâles et leur succès reproductif est souvent interprétée comme une causalité. Cependant dans l'interview, Maud Mouginot  mentionne une autre étude montrant que ces mâles passent plus de temps à s'occuper des femelles. Ainsi on ne peut guère affirmer lequel des deux (plus d'agression, s'occuper plus des femelles , …) est la cause de ce succès reproductif accru, ou même si les deux résultent d'une autre cause (elles préfèrent ces mâles capables d'éloigner les autres ? etc) . 

La recherche testait en fait l'hypothèse d'auto-domestication

Une explication de la différence Bonobos-chimpanzés et que cet article cherche à tester, serait que les Bonobos ont évolué par auto-domestication (domestication ~ sélection contre l'agression dit Maud Mouginot dans CQFD).  Elle rappelle que selon cette hypothèse il devrait y avoir  chez les bonobos par rapport aux chimpanzés :  a) moins d'agression, b) moins de coercition (copulation forcées), c) moins de meurtres et infanticides  d) les mâles agressifs n'obtiendraient pas plus de descendants.

La chercheure explique leurs travaux ne confirment pas cette explication : les deux hypothèses qu'ils ont testées ne sont pas confirmées a) il n'y a pas moins, mais plus d'agression (que les chimpanzés) et  d) les plus agressifs ont quand même plus de descendants.Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles                plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l'article d'origine :   ici

L'article indique dans la discussion "Taken together, our findings provide a more nuanced understanding of male aggression patterns in the genus Pan, which relates to potential costs and benefits of different types of male aggression. " et suggère qu'il faudrait explorer la différence entre "planned and goal-oriented behavior, that potentially includes killings within and between groups in chimpanzees, and reactive aggression which serves to quickly eliminate a threat or frustrating stimulus, and potentially includes the majority of within-group aggression. Future studies distinguishing the two types of aggression will improve our understanding of their potential interplay during human evolution. " Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles                plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l'article d'origine :   ici
Le débat scientifique est donc relancé par ces données, et on peut s'attendre à de nouvelles études qui avancent notre compréhension.

Cette transformation des savoirs dans la vulgarisation n'est-elle pas inévitable ?

On voit dans cet exemple - comme la transposition didactique (Chevallard, 1991) et la vulgarisation (Green Staerklé et Clémence, 2002) le prédisent - qu'on perd le contexte (les controverses scientifiques et sociales) dans lequel la recherche se situe, on perd les méthodes et on se concentre sur une conclusion présentée comme définitive et formulée de manière sensationnaliste. Comparaison détaillée et pertinence à l'enseignement des sciences dans Lombard & Weiss (2018) qui proposent d'aider les élèves à comprendre la complexité plutôt que de leur simplifier en classe un monde qui ne l'est pas. 

Comment aider les élèves à en prendre conscience et pour mieux comprendre la recherche ?

Au lieu de nous apprendre le passé simple l'école ferait mieux de nous apprendre le futur complexe 

Graffiti sur un mur près d'une école à Genève