vendredi 2 novembre 2018

L'heure est à la gravité! A) Conférences Wright sur l’attraction universelle B) Roulez les mécaniques, la loi du moindre effort au MHN C) Nouvelle mesure de la constante gravitationnelle G



L'heure est à la gravité!

Deux évènements et une publication en rapport avec la gravité sa maîtrise, sa compréhension et sa mesure intéresseront les lecteurs de Expériment@l-Tremplins

  • A) Gravity l'attraction universelle : Colloque Wright Pour la science  Conférences publiques 5-9 nov 2018  Uni Dufour
  • B) Nouvelle mesure de la constante gravitationnelle  G publié dans Nature : Li, Q., et al. (2018)  expliquent les difficultés de cette mesure et fournissent des mesures avec une précision encore jamais atteinte en utilisant deux types de pendules.
  • C) Roulez les mécaniques, la loi du moindre effort Comment mettre une masse en mouvement...sans s'épuiser ? Exposition au Musée d'histoire des sciences

A) Gravity l'attraction universelle : Colloque Wright Pour la science  Conférences publiques 5-9 nov 2018  Uni Dufour


Une pomme tombe d'un arbre et Isaac Newton expose pour la première fois en 1687 la loi de la gravitation. Mais cette force ne se résume pas à l'attraction terrestre, au contraire, elle est universelle et s'applique au mouvement des astres de l'Univers. Bien que ce phénomène soit aujourd'hui connu et expliqué mathématiquement, la gravitation conserve une part de mystère : jusqu'ici, aucun théoricien n'est parvenu à démontrer les liens entre la force gravitationnelle et les autre forces de la nature, pas même Albert Einstein et Stephen Hawking. Afin de comprendre au mieux les multiples facettes de cette attraction, le 18ème colloque Wright, intitulé «Gravity, l'attraction universelle» et organisé par l'Université de Genève (UNIGE) en collaboration avec la Fondation H. Dudley Wright, donnera la parole à des spécialistes de la gravitation, entre trous noirs et ondes gravitationnelles, absence de gravité et énergie sombre, en passant par la physique quantique.
Site de la fondation Wright

Le Scienscope de l'UNIGE proposera également tous les soirs, du 5 au 9 novembre, des animations en lien avec la thématique du colloque.
Celles-ci auront lieux dans le hall devant l'auditoire U600 entre 17h30 et 18h30.


Les conférences traiteront de thèmes tels que les missions interplanétaires comme celle qui a permis l'atterrissage d'une sonde sur la comète Churyumov-Gerasimenko, les trous noirs, les ondes gravitationnelles, l'énigmatique énergie sombre ainsi que les liens entre la gravitation et le monde quantique.
Les conférences seront suivies d'un débat modéré par Olivier Dessibourg, journaliste scientifique.

Programme (à 18h30 2018 à Uni Dufour):



B) Nouvelle mesure de la constante de gravitation universelle


Li, Q., et al.  (2018)  expliquent les difficultés de cette mesure, les méthodes utilisées en utilisant deux types de pendules et fournissent des mesures avec une précision encore jamais atteinte .
Jump-to-Scienc
e : lisez plutôt l'article d'origine
(ici) (Les membres Expériment@l-Tremplins peuvent obtenir ces articles

" La constante de gravitation newtonienne, G, est l'une des constantes les plus fondamentales de la nature, mais nous n'avons toujours pas de valeur précise pour celle-ci. Malgré deux siècles d'efforts expérimentaux, la valeur de G reste la moins connue des constantes fondamentales. Une divergence allant jusqu'à 0,05% dans les récentes déterminations de G suggère qu'il peut exister des erreurs systématiques non découvertes dans les différentes méthodes existantes. Une façon de résoudre ce problème consiste à mesurer G avec des méthodes indépendantes qui ne risquent pas d'entraîner les mêmes erreurs systématiques. Nous rapportons ici deux déterminations indépendantes de G en utilisant des expériences de pendule de torsion avec la méthode du temps d'oscillation et la méthode du retour d'accélération angulaire [cf. fig 1] . Nous obtenons des valeurs de G ​​de 6,674184 × 10−11 et 6,674484 × 10−11 [m3 / kg.s2], avec des incertitudes-types relatives de 11,64 et 11,61 parties par million, respectivement. Ces valeurs ont les plus petites incertitudes rapportées jusqu'à présent, et toutes deux sont en accord avec la dernière valeur recommandée dans les deux écarts-types."
Li, Q., et al.  (2018) (traduction). Article ici 

une image vaut mille mots ... mais peut être interprétée          de mille manières

Fig 1: Schéma des deux pendules utilisés pour  l'expérience  . [img]. Source :Li, Q., et al.  (2018).


Références:



C) Comment mettre une masse en mouvement… sans s'épuiser ?   




Depuis l'Antiquité, voire avant, les humains ont développé une série de dispositifs techniques et d'astuces pour déplacer, porter ou bloquer des charges importantes. On leur a donné le nom de « machines ». Dans leur forme la plus élémentaire, on les appelle les « machines simples ». Elles se regroupent en deux familles, celles qui dérivent du plan incliné et celles qui utilisent un levier. Nous en côtoyons quotidiennement, sans parfois les reconnaître. Elles nous simplifient la vie à travers de très nombreux objets familiers, seules ou combinées entre elles. Nous vous proposons de les repérer dans cette exposition ludique.
A découvrir et expérimenter en famille ou seul.

Des conférences:

Un événement festif :


Mercredis des sciences

Pour en savoir plus sur l'exposition et son programme d'accompagnement, cliquez ici
Gratuit et tout public

dimanche 14 octobre 2018

Diabète et obésité : journées portes ouvertes et ateliers pour les écoles.

Diabète et Obésité – Au cœur de la recherche: Une journée portes ouvertes pour tous et des ateliers réservés aux classes du secondaire II.  

Comme chaque année le Centre facultaire du Diabète http://diabete.unige.ch/ organise une journée portes ouvertes et des ateliers pour les classes ainsi que pour le grand public (pas d’inscriptions au préalable pour le grand public, mais directement sur place).

 C'est une belle occasion de mieux comprendre les mécanismes du diabète et de l'obésité. C'est aussi une belle occasion de rencontrer des chercheur-e-s.
Les enseignants intéressés  – du secondaire II –  sont priés de remplir le tableau joint et le retourner directement à : Tamara.Bollmann@unige.ch

Pour TOUS les enseignants :

Le centre facultaire du Diabète propose un article sélectionné spécialement pour Expériment@l-Tremplins et Bio-Tremplins (Jump-to-science) une publication qui fait le point sur les formes de diabète, et présente des formes plus rares monogéniques.

Jump-to-science encourage chacun à remonter à la source et lire l'original:pdf. Cependant pour les plus pressés, une section plus bas dans ce texte présente spécialement pour les enseignants un résumé, un schéma du fonctionnement des Cellules ß ainsi qu'un arbre généalogique qui - parce qu'il est authentique - peut donner plus de sens et renouveler les exercices de génétique mendélienne.


Journée Portes Ouvertes
Diabète et Obésité – Au cœur de la recherche

Visite de laboratoires et rencontre avec les chercheurs
Madame, Monsieur,
La Faculté de médecine a le plaisir de vous annoncer la Journée portes ouvertes «Diabète et obésité: au cœur de la recherche», organisée par le Centre facultaire du Diabète (Faculté de médecine de l'Université de Genève).
Une journée ouverte au grand public de tout âge, avec la possibilité de rencontrer les chercheurs de la Faculté faisant l'actualité autour de la recherche sur le diabète. Une occasion unique de comprendre les mécanisme de cette maladie, mais également de connaître les enjeux d'une recherche de pointe à Genève. Un parcours thématique que le visiteur a la possibilité de construire en faisant sa propre sélection sur dix postes à la carte, proposés tout au long de la journée en horaire continu (9h30-18h00). Et pour ceux qui n'ont pas toute la journée, un visite entre 12h et 14h est toujours possible!
(voir le détail dans flyer ci-joint et sur http://www.diabete.unige.ch/ )

Mardi 13 novembre 2018, 9h30-18h00
Centre Médical Universitaire (CMU)
1 rue Michel-Servet / 9 av. de Champel
Important: Avant toute visite, se présenter d'abord à l'Accueil
pour recevoir les plans et les horaires des postes
(Bâtiment C, 5e étage, suivre la signalétique).

Pour tout renseignement:
Mme Tamara Bollmann, 022 379 52 12 Tamara.Bollmann@unige.ch
Au plaisir de vous rencontrer nombreux !
 _______________________

Pour TOUS

Le diabète : de la génétique vers une médecine personnalisée

Dans un article de review récent dans la revue Paediatrica, Prof.Dr Valérie Schwitzgebel (2016) de l'UNIGE synthétise un pan de la recherche récente sur le diabète :  " Autrefois les personnes ayant une hyperglycémie chronique ont été diagnostiquées comme ayant le diabète de type 1 ou de type 2. Nous savons maintenant que différents facteurs peuvent causer le diabète, y compris les défauts d'un seul gène qui représentent au moins 1% de tous les cas de diabète et jusqu'à 4% des cas dans la population pédiatrique. [...]La présente revue décrit les gènes les plus fréquemment impliqués dans le diabète mono-génique et donne également quelques informations sur des diabètes plus rares. Certains de ces gènes sont impliqués dans le développement des cellules bêta, conduisant souvent à un nombre diminué de ces cellules, tandis que d'autres jouent un rôle important dans la fonction et la maintenance de la cellule bêta. Il existe également des formes monogéniques de diabètes auto-immuns qui seront discutées. Un diagnostic génétique peut influencer le choix du traitement et aider à déterminer le pronostic, ainsi qu'établir un conseil génétique pour la famille. Le dépistage génétique avec le séquençage dit « next generation » est de plus en plus pratiqué, car il devient de plus en plus performant, accessible et moins coûteux."Schwitzgebel, V. M. (2016)
Quelques extraits sélectionnés pour les enseignants. Jump-to-science encourage chacun à remonter à la source et lire l'original. pdf

Les différentes formes de Diabète


1

Type 1

Destruction des cellules bêta

2

Type 2

Déficit progressif de sécrétion d'insuline Résistance à l'insuline

3

Diabètes spécifiques d'autres origines

Syndromes de diabètes monogéniques
(eg diabète néonatal, maturity onset diabetes of the Young - MODY)


Maladies du pancréas exocrine (p.ex. mucoviscidose)

Toxines ou médicaments (p.ex. ciclosporine)

4

Gestationnel
(2
ème ou 3ème trimestre)

Causes diverses

Tableau 2: Classification des différentes formes  Source  Schwitzgebel, V. M. (2016)Adapté selon American Diabetes Association

Fig 1: Schéma de la cellule bêta. Ce schéma montre la localisation subcellulaire des défauts conduisant à un diabète monogénique. Le glucose entre dans la cellule par son transporteur GLUT2. Par la suite le glucose est phosphorylé par l'enzyme glucokinase et métabolisé, entraî- nant une augmentation du rapport ATP/ADP, ce qui engendre une fermeture du canal KATP.s Ces canaux sont des complexes octamériques, formés par quatre sous-unités KIR6.2 et quatre sous-unités SUR1. La fermeture du canal provoque une dépolarisation de la membrane, une entrée calcique ce qui déclenche l'exocytose de l'insuline. Adapté selon Stekelenburg CM, Schwitzgebel VM. Endocrine Development 2016, i31: 179–202 [img]. Source : Schwitzgebel, V. M. (2016)

Un exemple de problème de génétique mendélienne renouvelé 

Cet article offre aussi un exemple de problème de génétique authentique qui peut renouveler et donner plus de sens aux exercices en classe :

Cas 1: Nouveau-né à terme
• Nouveau-né avec retard de croissance intra-utérin (PN 2140 g à terme)
• Diabète diagnostiqué à 12 jours de vie (hyperglycémie à 43 mmol/l)
• Traitement par insuline, mais pas de prise pondérale
• Insuffisance pancréatique exocrine, prise de poids avec substitution des enzymes pancréatiques • Diagnostic: Mutation hétérozygote composite
PDX1
• Bonne évolution avec le double traitement insuline et enzymes pancréatiques

Cas 1: Arbre généalogique
Les parents portent chacun une mutation hétérozygote de PDX1. L'enfant avec l'agénésie pancréatique porte une double mutation de PDX1.
Les membres de la famille qui présentent un diabète et probablement une mutation hétérozy gote (E164D et E178K), mais n'ont pas pu être analysés génétiquement.


Tableau 3: Cas 1: Nouveau-né à terme

une image vaut mille mots ... mais peut être interprétée          de mille manières

Références:

  • Schwitzgebel, V. M. (2016). Diabètes monogéniques: de la génétique vers une médecine personnalisée. [Formation continue: Endocrinologie pédiatrique]. Paediatrica, 27(1), 6-10. pdf

dimanche 7 octobre 2018

L'ampleur des extrêmes et le changement climatique... si on se basait sur des données ?

La science du climat et le climatoscepticisme : deux façons différentes de valider ses affirmations.

2018 a connu  un été de beau temps presque ininterrompu,  pour le bonheur des vacanciers, mais le malheur des agriculteurs,  ce troisième mois d'août le plus chaud depuis le début des mesures et la sécheresse inhabituelle (cf meteosuisse)


Fig 1 : Température journalière à Genève et moyenne de la période 1981-2010  [img]. Source :meteosuisse

Ces extrêmes suscitent des débats au café du coin et parfois dans les salles des maîtres entre climatosceptiques et défenseurs du développement durable - que Genève a introduit dans les buts de la loi sur l'instruction publique art. 10 :  d'éveiller chez les élèves "l'attachement aux objectifs du développement durable".

Quel genre de débat ?

Placer le débat sur le plan idéologique, ou en terme de querelle d'experts ("mon expert est plus expert que le tien") c'est-à-dire un argument d'autorité, ce n'est pas faire de la science. Ni équiper nos élèves d'esprit critique que de dénigrer systématiquement toutes les données, preuves et experts, ni leur enseigner l'adhésion aux indignations de l'enseignant.
La science est débat, mais une forme de débat spécifique, basée sur des données, mises en perspective avec les méthodes et les hypothèses sur lesquelles  reposent ces méthodes et une discussion rigoureuse de la portée et des limites de ces affirmations (Toulmin, 1958).  Ce débat-pour-apprendre  se distingue du débat-pour-gagner (Fisher, et al. 2018 ici.pdf) tellement fréquent en politique, dans les médias et ... dans les récréations.

Des données issues de la recherche  ...

Cette publication Exprériment@l-Tremplins  veut offrir quelques récentes recherches pour faciliter le travail des enseignants qui veulent aider les élèves à discuter en termes de " sur la base de quoi vous affirmez cela ? " Et "Comment ces résultats ont-ils été obtenus ? " et "Y a-t-il d'autres interprétations possibles de ces données ? "
Dans l'avalanche de publications sur ce sujet nous avons sélectionné pour vous deux publications de chercheurs de l'UNIGE et une autre qui pourraient aider à poser des débats en classe.  Nous vous proposons un tremplin vers la science : Jump-to-science.
  

Des données actuelles sur la fréquence des évènements extrêmes

Les extrêmes climatiques sont plus fréquents

Un article de Coumou, D., & Rahmstorf, S. (2012)  analyse la fréquence d'évènements extrêmes de chaleur  et de précipitation  dans un article de Nature Climate Change ici
L'article recense dans une table p. 492 les évènements record et leurs impacts (l'été 2003 qui a causé 70'000 morts en Europe par exemple).

L'article étudie ensuite si ces extrêmes de température, de précipitations et d'orages peuvent mis en rapport avec le réchauffement climatique "Here, we ask the simpler question of whether the unprecedented extremes observed during the past decade are related to climatic warming"

L'étude s'appuie sur le fait que la fréquence des évènements (dépassant un seuil déterminé) révèle un changement de climat : ils disent plus précisément

 "In a stationary climate, the number of threshold-exceeding extremes should remain constant over time. Therefore, if a trend is detected in their number then this can be attributed to non-stationarity, that is, climatic change. "
Sébastien Castelltort indique que ce point est central pour comprendre l'article : "Dans un climat stationnaire (i.e. qui ne change pas), le nombre d'évènements extrêmes (i.e. définis comme excédent un certain seuil) reste normalement constant au cours du temps. Donc, si une tendance est détectée dans leur nombre (à la baisse ou à la hausse), cela peut être associé à une non-stationnarité du climat, i.e. un changement climatique"

Coumou, D., & Rahmstorf, S. (2012) ont donc compilé les données  disponibles pour établir ces variations de fréquences et les variations du climat pour déterminer les corrélations et discuter les causalités sur la base de modèles bien établis par exemple (Sébastien Castelltort (p. 493) précise que  "Super-Clausius-Clapeyron" signifie  les précipitations augmentent de plus que 7% avec 1°C d'augmentation de T°. Une des explications invoquées est de lier cet effet à l'augmentation des phénomènes convectifs locaux qui augmente aussi avec la T°")  . 
Ils ont aussi compilé la fréquence des extrêmes de température (cf. Fig 1a) établi la fréquence pour chaque décennie des étés extrêmes (ceux dont la température dépasse le 95ème percentile de la distribution 1500-2002) : cf. Fig 1b
the running decadal frequency of extreme summers, defined            as those with a temperature above the ninety-fifth percentile            of the 1500–2002 distribution. A ten-year smoothing is            applied
une image vaut mille mots ... mais peut être interprétée          de mille manières
Fig 2: En haut (a) fréquence des extrêmes de température et la répartition normale. b)fréquence pour chaque décennie des étés extrêmes (ceux dont la température dépasse le 95ème percentile de la distribution 1500-2002)  [img]. Source :Coumou, D., & Rahmstorf, S. (2012)

Ils concluent avec la prudence des scientifiques sérieux
"Many lines of evidence — statistical analysis of observed data, climate modelling and physical reasoning — strongly indicate that some types of extreme event, most notably heatwaves and precipitation extremes, will greatly increase in a warming climate and have already done so."
Et ajoutent quand même pour les gens pressés que ces données étayent fortement le fait que des extrêmes de chaleur  et de précipitation sans précédent se manifestent et sont liés à l'action de l'homme :
"  the evidence is strong that anthropogenic, unprecedented heat and rainfall extremes are here"

Nous espérons avoir donné au lecteur l'envie de lire  cet article (que les membres peuvent obtenir) et d'y trouver les données pour leurs élèves

L'analyse des effets et l'ampleur des débordements de rivières  - notamment dans les pays montagneux

D'autres chercheurs de l'UNIGE ont étudié les traces de débordements de rivières résultant de réchauffement climatiques  dans le passé  (Chen, C.,  … Castelltort, S., 2018))  - dans l'idée que cela peut aider à estimer les effets du réchauffement en cours sur nos régions aux pieds de montagnes importantes. Ils ont étudié l'enregistrement sédimentaire déposé au front des Pyrénées alors qu'elles étaient en formation il y a 56 Millions d'années. image-3.jpgEt en français ? 
  • Un excellent article dans le journal de l'UNIGE à propos de cette publication  : Le réchauffement du Paléocène a dévasté les Pyrénées espagnoles
    Il y a 56 millions d'années, une augmentation de la température globale de 5 à 8 degrés sur vingt mille ans a provoqué des crues qui ont dévasté une région entière au nord de l'Espagne. Un avant-goût du réchauffement climatique bien plus rapide qui se prépare
Quelques extraits de cette très bonne vulgarisation pour vous donner envie d'aller lire l'article d'origine :

Un réchauffement global a eu lieu il y a 56 millions d'années (PETM). En  10 000 à 20 000 ans à peine, la température moyenne de la planète a augmenté de 5 à 8 degrés et des palmiers se sont mis à pousser au pôle Nord

Sebastien Castelltort et son équipe ont mesuré la taille de milliers de galets charriés par des cours d'eau fossiles des Pyrénées espagnoles, qui permettent d'observer les anciens chenaux de rivières et d'en connaître la largeur à ces époques lointaines. Grâce à la relation directe qui existe entre cette valeur et la pente des rivières, les chercheurs ont pu calculer la profondeur et le débit de ces dernières.
Ces traces indique que le réchauffement a transforme profondément le paysage et produit  des crues exceptionnelles,  tous les 2 à 3 ans, qui étaient jusqu'à 14 fois plus importantes qu'auparavant. Les rivières se sont élargies, parfois de façon spectaculaire, passant ainsi parfois de 15 mètres à 160 mètres de largeur conduisant à la disparition de la végétation au profit d'un décor de galets. Un scénario catastrophe que décrit un article paru le 6 septembre dans la revue Scientific Reports Chen, C., … Castelltort, S. (2018). ici.
Figure 4,,Channel width and depth data recorded before              and during the PETM in the Esplugafreda sector. Ribbon              channels (width/depth <15) dominate the pre-PETM deposits              (blue dots). The range of possible active flow width during              PETM braid-belt deposition is obtained from PETM              single-story width estimates (orange dots) and modern river              data (white and grey squares).
Fig 3 :Largeur et  profondeur des canaux enregistrées avant et pendant le PETM. la figure montre bien la différence entre avant (points bleus) et après  (points orange)  et actuel (carrés blancs et gris). Cf légende complète ici   [img]. Source :  Chen, C., … Castelltort, S. (2018).

Sachant que les derniers modèles climatiques prévoient même une augmentation de la température globale jusqu'à 100 fois plus rapide que durant cet évènement on peut s'interroger...

Sébastien Castelltort  précise que "Là, c'est dans le passé, i.e. pas une prédiction, mais plutôt du "journalisme scientifique" au sens où nous sommes allés voir ce qui s'est passé, et nous fournissons des chiffres."
Il avertit :  «Avec une multiplication par 14 de l'amplitude des crues, nous nous trouvons face à des effets que nous ne comprenons pas. Ils s'expliquent peut-être par des facteurs locaux ou encore par des effets qui ne sont pas encore incorporés dans les modèles climatiques actuels. Notre étude prouve en tout cas que les risques associés au réchauffement climatique sont plus importants qu'on ne le pense généralement.» —

En scientifique prudent il évoque les limites de cette étude : " Question de l'analogie avec le futur, la Terre va t'elle répondre comme elle a répondu ?"

Et en français ? 

Sébastien Castelltort annonce l'ouverture du Terrascope, hébergé pour l'instant par le Physiscope mais qui rejoindra le Scienscope à l'automne 2019

  The Conversation Academic rigour, journalistic flair.(Malgré son nom ce site publie des articles en français : )

Quelle part pour les causes humaines dans ces évènements climatiques ?

Une news par Schiermeier, Q. (2018) ans  Nature (ici) présente une sources intéressante qui compile et aide à s'informer sur les recherches établissant la part causée par l'humain (anthropogénique) des évènements climatiques extrêmes. La News présente une compilation par Nature.  Ils renvoient vers les articles d'origine. Cette figure 4 synthétise leurs conclusions :
les causes humaines des phénomènes métorologiques
une image vaut mille mots ... mais peut être interprétée          de mille manières
Fig 4: Une compilation par Nature (2004-2018) de recherches sur la part causée par l'humain (anthropogénique) des évènements climatiques  [img]. Source : Schiermeier, Q. (2018).

Apprendre à vivre avec l'incertitude quantifiée : un devoir citoyen pour l'enseignement des sciences ?

Ces articles mettent bien le doigt sur la difficulté : le public (ou est-ce les médias?) veut des réponses simples. or le monde est complexe.
Apprendre aux élèves à se faire une opinion sur des probabilités dans un monde d'incertitudes est certainement un  des enjeux les plus cruciaux de l'éducation citoyenne.
"De nombreux climatologues (y compris nous-mêmes) répondent régulièrement à des appels de médias suite à des événements extrêmes : en disant qu'un événement particulier ne peut pas être directement attribué au réchauffement climatique. Cela est souvent mal compris par le public, comme si cela signifiait que l'événement n'est pas lié au réchauffement climatique, alors même que c'est peut-être le cas - nous ne pouvons tout simplement pas en être certains. Si un dé pipé s'arrête sur un six, nous ne pouvons pas dire que ce résultat particulier est dû à la tricherie - la question est mal posée. Ce que nous pouvons dire, c'est que le nombre de six lancés est plus grand avec les dés pipés (peut-être même beaucoup plus grand). De même, la probabilité de certains types de conditions météorologiques extrêmes augmente dans un climat en réchauffement (peut-être même beaucoup). L'attribution n'est pas une question de "oui ou non" comme les médias pourraient préférer, c'est une question de probabilité. Il est très probable que plusieurs des extrêmes sans précédent de la dernière décennie ne se seraient pas produits sans le réchauffement climatique anthropique. Une analyse détaillée peut fournir des chiffres spécifiques pour certains types d'extrême, comme dans les exemples discutés ci-dessus." Comou, 2012).
Sebastien Castelltort ajoute que pour lui un événement particulier doit être intégré aux statistiques et ne doit pas être vu en isolation des autres, et c'est ainsi qu'en répertoriant les événements individuels on peut commencer à voir des tendances s'affirmer ou s'infirmer. Si une tendance se dessine, chaque événement, plus que "lié" ou pas au changement climatique, "est" le changement climatique.

Comment débattre en classe ces questions vives

Développer l'esprit critique c'est vaste et ambitieux… il y a d'innombrables définitions souvent basées sur Ennis, R. H. (1991). je retiens ici accepter de discuter de manière raisonnée et mettre en perspective ses idées préalables pour entendre les autres arguments rationnels et émotionnels.  Le débat est souvent évoqué en classe mais s'il est pavé de bonnes intentions, il peut conduire à polariser les opinions, à les modifier par les rôles qu'on attribue à chaque groupe, ce qui est éthiquement discutable.  Par ailleurs les recherches en neurosciences mettent bien en évidence un effet crucial des émotions dans la construction des opinions et les questions morales : l'empathie émotionnelle suscitée par la situation focalise sur un aspect du problème et ignore toutes les autres perspectives y compris la raison (Bloom, P., 2017). Ignorer ce fait c'est passer à coté d'une part importante du processus qui conduit aux décisions, et n'aide pas à former des citoyens qui  peuvent intégrer les résultats de la science décisions.
Il ne s'agit donc pas d'ignorer les émotions, mais d'apprendre à comprendre les raisons de celles des autres (empathie cognitive) (Shamay-Tsoory, S. G., et al., 2009).  Et les intégrer raisonnablement avec d'autres informations dans ses décisions.

Une méthode éprouvée pour gérer le débat-pour-apprendre

La controverse constructive (Johnson, D. W., & Johnson, R. T. 2009) est une méthode éprouvée pour gérer le débat de manière constructive (débat-pour-apprendre)

La controverse constructive que je me suis permis d'adapter à la science et pratiquée dans des classes du secondaire II  pourrait être décrite ainsi :
Présenter ou faire élaborer le problème à traiter suffisamment pour que les élèves comprennent bien la question elle-même et les enjeux (les articles ci-dessus en feraient partie … et d'autres.)

Former deux groupes A et B; attribuer la position pro à A et anti à B pour commencer

1)  En groupe identifier les termes des enjeux : en faveur – défaveur
dériver les arguments : chacun des groupes A et B prépare la meilleure présentation possible de la position qui lui est attribuée (cherche à présenter les arguments scientifiques de manière convaincante : sur la base de quelles données repose l'interprétation les limites et la portée de ces conclusions pour l'argument)
2) le groupe A présente la position  pro le groupe B  pose des Q° de clarification, écoute la présentation note les forces / faiblesses et les écrit
2') B présente la position contre , A écoute la présentation note  les forces / faiblesses par écrit

3) discussion ouverte : écouter les arguments de l'autre (noter), réfuter donnée et les raisonnements trouver failles,

4) renverser la perspective attribuer la position pro à B et anti A :
chacun des groupe prépare la meilleure présentation de sa nouvelle position (cherche à présenter de manière persuasive et convaincante)

5) le groupe A présente la position contre,  l'autre  pose des Q° de clarification B écoute la présentation note  les forces / faiblesses par écrit
5') le groupe B présente la position pro, A écoute la présentation note les forces / faiblesses par écrit

6) Synthèse : produire une liste d'arguments avec les forces . On peut éventuellement décider d'une réponse commune (c'est ce que propose Johnson & Johnson ) ou laisser chacun se construire une opinion. 
  
Peut-être qu'on devrait apprendre à Trump cette méthode ?

(Les membres Expériment@l-Tremplins peuvent obtenir ces articles).

Références:

  • Bloom, P. (2017). Empathy and Its Discontents. Trends in Cognitive Sciences, 21(1), 24-31. doi: 10.1016/j.tics.2016.11.004
  • Buchs, C., L. Filisetti, Fabrizio Butera, and A. Quiamzade. "Comment L'enseignant Peut-Il? Organiser Le Travail De Groupe?". In Comprendre Les Apprentissages. Sciences Cognitives Et Éducation, edited by E. Gentaz and P. Dessus, 169-83. Paris: Dunod, 2004.intranet.pdf
  • Coumou, D., & Rahmstorf, S. (2012). A decade of weather extremes. Nature Climate Change, 2(7), 491‑496. https://doi.org/10.1038/nclimate1452
  • Chen, C., Guerit, L., Foreman, B. Z., Hassenruck-Gudipati, H. J., Adatte, T., Honegger, L., … Castelltort, S. (2018). Estimating regional flood discharge during Palaeocene-Eocene global warming. Scientific Reports, 8(1), 13391. https://doi.org/10.1038/s41598-018-31076-3
  • Ennis, R. H. (1991). Critical Thinking: A Streamlined Conception. In: Teaching Philosophy, 14(1).
  • Fisher, M., Knobe, J., Strickland, B., & Keil, F. (2018). Vous avez dit débat constructif ? Cerveau et Psycho, N° 103, Octobre 2018, p. 78‑82. https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/psychologie-sociale/vous-avez-dit-debat-constructif-14718.php | extraits intranet.pdf
  • Johnson, D. W., & Johnson, R. T. (2009). Energizing learning: The instructional power of conflict. Educational Researcher, 38(1), 37. https://doi.org/10.3102/0013189X08330540Intranet.pdf
  • Klimecki, O., & Singer, T. (2013). Empathy from the Perspective of Social Neuroscience. In J. Armony & P. Vuilleumier (Eds.), The Cambridge Handbook of Human Affective Neuroscience (pp. 533-550). Cambridge: Cambridge University Press.
  • Schiermeier, Q. (2018). Droughts, heatwaves and floods: How to tell when climate change is to blame [News]. https://doi.org/10.1038/d41586-018-05849-9
  • Shamay-Tsoory, S. G., Aharon-Peretz, J., & Perry, D. (2009). Two systems for empathy: a double dissociation between emotional and cognitive empathy in inferior frontal gyrus versus ventromedial prefrontal lesions. Brain: A Journal of Neurology, 132(Pt 3), 617-627. doi: 10.1093/brain/awn279
  • Toulmin, S. (1958). The uses of argument: Cambridge Univ Press.

lundi 24 septembre 2018

La relativité générale et ses applications en cosmologie : un cours pour le secondaire

Une physique du 19ème à l'école : inévitable ? Peut-être pas !

Beaucoup d'enseignants estiment que la relativité et la cosmologie sont hors de portée des élèves du secondaire II… 
Il en résulte que la physique enseignée est
essentiellement une physique du 19ème ( je cite une didacticienne de la Physique récemment retraitée).
Alice Gasparini, Docteure en Physique et enseignante au collège a voulu montrer que ce n'est pas inéluctable et a exploré les possibilités. Elle propose un cours et des exercices publiés avec le prof A. Mueller de l'UNIGE.





S'introduire aux notions de la relativité générale et ses applications en cosmologie : un cours pour le secondaire édité chez les Presses Polytechniques et Universitaires Romandes
 À l'occasion du centenaire de la relativité générale (novembre 2015), le pôle national de recherche SwissMAP (« The Mathematics of Physics ») a lancé un projet pédagogique visant à introduire auprès des élèves des écoles secondaires (collèges, gymnases, lycées) les notions de base de la relativité générale et de la cosmologie moderne. Ce projet a abouti à un cours dont l'originalité est celle d'avoir un niveau de transposition se situant entre le « zéro équations » adressé au large public et la géométrie tensorielle réservée aux spécialistes universitaires : il se base uniquement sur les notions de mathématiques et physique enseignées au secondaire post obligatoire. Le but de ce projet n'est donc pas de remplacer les contenus traditionnellement enseignés, mais plutôt de les consolider tout en traitant des contenus motivants pour les élèves.
Gasparini, A & Müller, A. (2017). Cosmologie & relativité générale, Activités pour les élèves du Secondaire II, SwissMAP, Université de Genève.  http://nccr-swissmap.ch/education/highschool/GRcourse
Gasparini, A (2018). Cosmologie & relativité générale, Une première approche. PPUR. Cf. Ici aux presses polytechniques et universitaires romandes 
Cosmologie & relativité générale De Alice                        Gasparini - PPUR

L'ouvrage comprend 9 chapitres, allant de l'introduction à l'astrophysique jusqu'aux ondes gravitationnelles – dont la première détection historique a eu lieu pile pendant la création du cours – en passant par l'effet de lentille gravitationnelle, les trous noirs et les équations cosmologiques. Sept annexes complètent le cours afin d'intégrer et/ou d'approfondir les notions complémentaires dont le lecteur pourrait avoir besoin pour une compréhension aisée du cours principal. Chaque chapitre possède une série d'exercices y relatifs avec leur correctif. Les énoncés des exercices sont librement disponibles sur le site SwissMAP (les correctifs sont réservés aux enseignants et peuvent s'obtenir sur demande)
Des copies du livre (à nouveau disponible après la rupture de stock PPUR) sont à disposition enseignants intéressées (sur demande).
Le cours peut être dispensé dans sa version intégrale sur deux semestres à raison de 2 périodes par semaine, par exemple dans le cadre d'un cours à option complémentaire (OC PY) du collège genevois. Mais il constitue également une « boite à outils », où les contenus et/ou les exercices peuvent être choisis de manière ponctuelle, et insérés selon le niveau dans un cours de discipline fondamentale (DF PY), ou encore d'option spécifique de physique et application des mathématiques (OS PY-AM).
En effet, le niveau des exercices et des notions varie selon les chapitres :
-       dans les premières séries on trouve des activités ne demandant pas de connaissances préalables spécifiques en physique et faisant travailler les élèves sur des notions comme les transformations d'unités, les ordres de grandeurs ou la proportionnalité ;
-       dans toutes les séries, la plupart des exercices et des activités se base sur les contenus de mécanique, d'ondes, d'électricité et de chaleur du curriculum DF PY ;
-       une partie des exercices des séries relatives aux derniers chapitres demandent des connaissances plus spécifiques en mathématiques, comme l'intégration et la dérivation des fonctions ;
-       quelques exercices demandent des connaissances simples en programmation numérique et applications mathématiques.
De plus, les sujets traités constituent une base idéale pour le développement de travaux de maturité.
Par ailleurs, des thèmes parcourent de manière transversale l'ensemble du cours et constituent un « fil rouge » qui aide les élèves à s'approprier des contenus tout au long de différents chapitres, en consolidant leurs notions de base en mathématiques et en physique. L'ordre et le choix des activités concernant un thème spécifique est flexible et peut s'adapter aux contraintes liées à l'enseignement et au niveau des élèves.
Par exemple le thème « courbure de l'espace et effet de lentille gravitationnelle » débute avec une approche géométrique et intuitive de la notion de courbure pour l'appliquer ensuite à des cas simples d'observations d'anneaux et croix d'Einstein. Des démonstrations et des exercices s'appuyant sur la trigonométrie et l'algèbre complètent la modélisation du phénomène, et des manipulations permettent de tester les prévisions et reproduire les plus belles images de strong lensing en classe (de plus que réviser l'optique géométrique). Les contenus appris dans le chapitre sur l'effet de lentille gravitationnelle s'appliquent naturellement au chapitres suivants : les trous noirs, la courbure de l'univers et les ondes gravitationnelles.
Le thème « comparaison entre l'interaction gravitationnelle et électrique » débute au premier chapitre en introduisant les ordres de grandeur en jeu dans les deux interactions, il est ensuite repris dans les chapitres sur le principe d'équivalence (pour introduire les notions de base de la relativité générale) et sur la chronologie du Big Bang (en comparant gravitation et électromagnétisme à l'interaction nucléaire forte) puis ultérieurement développé dans le chapitre sur les ondes gravitationnelles. Ou encore le thème « expansion de l'univers » introduit dans les premiers deux chapitres les découvertes observationnelles de l'expansion, du fond diffus cosmologique, et celle plus récente de l'accélération cosmique : en avançant dans le chapitres, la modélisation mathématique permet de décrire la dynamique de l'univers et les implications théoriques des observations, jusqu'à l'introduction récente de modèles encore hypothétiques qui essaient de résoudre les problèmes observationnels actuels (inflation, gravité modifiée).
 Alice Gasparini

mercredi 19 septembre 2018

Formcont : Médecine personnalisée / les modèles 3D pour la classe / Ethologie humaine ?

Formations continues : les modèles 3D en classe, médecine personnalisée, éthologie

La formation continue offre cette année pour les biologistes 4 cours
  • La médecine personnalisée PO 423 (2 Me après-midi en février-mars) (prof Hurst,  Antonarakis à confirmer )

  • L'impression 3D pour l'enseignement
    • SEM18-1 plus technique au SEM
    • PO 422 plus didactique avec la FC-PO) à TECFA

  • PO-424 - De l'éthologie classique à la biologie du comportement actuelle Rémy Kopp organise avec les Pr. Maurer, Zuberbuhler, Roulin  13 février 2019 (journée):

La médecine personnalisée : opportunités et défis pour l'enseignement !

Comprendre les techniques qui  rendent possible un traitement différencié en fonction des caractéristiques individuelles (génome, Big Data, etc.) (prof Antonarakis pressenti, Dr Marie-Claude Blatter)
Prendre la mesure des transformations prévisibles de la médecine et du système de santé.
Enjeux de société découlant de ces transformations : questions éthiques ( prof Samia Hurst)
Explorer les changements dans les contenus et les approches de divers enseignements (F.Lombard)

Fig 1: la médecine classique proposait la même thérapie à tous ceux qui ont le même diagnostic. De plus en plus on peut différencier le traitement en fonction de la personne, de ses caractéristiques génétiques notamment. Source :Ligue suisse contre le cancer

Imprimer des modèles 3D, mais pour quoi faire en classe ? 

L'usage en classe des modèles qu'on fabrique soi-même (notamment de molécules) avec ces imprimantes 3D  qu'on trouve à moins de 500.- ouvre des possibilités considérables mais soulève des questions importantes. Venez découvrir et partager vos expériences. 

  • Avec la formation continue de l'ES II (ex PO)  merc. 7 Novembre (après-midi à TECFA) plus didactique : quels usages en classe comment trouver et utiliser  (et comment les préparer pour les faire imprimer) s'inscrire ici

  • Avec le SEM18-1 merc. 20 mars (après-midi) plus technique  :   comment trouver et préparer pour imprimer (et quels usages en classe) s'inscrire ici

Un article du Café pédagogique sur l'utilisation des imprimantes 3D en biologie:
http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/sciences/svt/Pages/2018/180_Alaune.aspx

Ethologie  et comportement humain ?

Alors que l'éthologie est au programme de plusieurs parcours, elle n'a guère de place dans la formation suivie par plusieurs enseignants. De plus les travaux récents complètent et nuancent les classiques Konrad Lorenz, Niko Tinbergen, etc. 
Notamment en osant discuter le comportement humain et l'interaction gènes et environnement pour déterminer certains choix et actions humaines.

Rémy Kopp organise 13 février 2019 (journée) avec les Pr. Maurer, Zuberbuhler, Roulin  une formation à  suivre absolument :

mardi 11 septembre 2018

Des solutions géospatiales,pour un monde plus durable jusqu'au 12 septembre

One Planet. Many Geospatial Solutions.                            des solutions géospatiales pour un monde plus                            durable
L'Institut des sciences de l'environnement de l'UNIGE a le plaisir de vous inviter au vernissage de son exposition
One Planet
Des solutions géospatiales
pour un monde plus durable
le jeudi 30 août 2018 à 18h,
à la Salle d'exposition de l'UNIGE,
Uni Carl Vogt (66 bd Carl-Vogt).
Les alarmes sonnent de toute part: le climat, la biodiversité, les pollutions, la surexploitation menacent l'intégrité même de notre planète. Que pouvons-nous faire?
Cette exposition montre comment les outils d'analyses spatiales apportent des solutions concrètes aux enjeux complexes du développement durable à différentes échelles.
Pour plus d'informations >>
Du 27 août au 12 septembre 2018
Du lundi au vendredi, de 7h30 à 19h
Salle d'exposition de l'UNIGE, Uni Carl Vogt (66 bd Carl-Vogt)

mercredi 5 septembre 2018

Esprit critique et citoyenneté : organisez un café scientifique dans votre établissement avec un-e spécialiste de l'UNIGE !

Le débat scientifique et la rencontre d'authentiques chercheurs ... le fait-on assez à l'école ?

« En matière de culture, on ne peut plus se contenter de connaitre Madame Bovary de Flaubert, Belle du Seigneur d'Albert Cohen, la fugue pour deux - violoncelles de Schubert, et se gausser en public de ne rien comprendre à l'ADN, aux particules élémentaires (celles qui composent la matière, pas le dernier roman à la mode!), à la théorie quantique ou aux nouvelles céramiques industrielles. Les sciences et les techniques font désormais partie de notre univers culturel » (André Giordan, 1998). 
La culture scientifique n'est pas une accumulation d'informations genre Trivial Pursuit …
Si les savoirs sont produits par des spécialistes, les croire par le simple fait de leur autorité, c'est confondre science et croyances...
Les savoirs scientifiques se construisent par l'expérimentation , mais aussi par le débat, l'argumentation comme le souligne Osborne, J. (2010) dans la revue Science (ici).  Et les élèves sont rarement confrontés à ces débats.

Les occasions de pratiquer le débat scientifique en classe sont trop rares, notamment à cause des programmes surchargés, et peut-être aussi à cause de la manière dont les savoirs scientifiques, à la validité soigneusement discutée sont transposés en classe et dans les médias (cf. ici ).

Les élèves sont bombardés de fake news qui se répandent dans les médias sociaux. Une récente étude dans Science (Vosoughi, S., et al., 2018).(ici) montre que les nouvelles qui se répandent le plus vite sont souvent fausses mais sont surprenantes et dégoutantes… 
Dans un monde où les alternative facts sont évoqués par des dirigeants de grandes puissances, il est plus critique que jamais  d'apprendre aux élèves et futurs citoyens l'esprit critique - notamment à propos de la science.

L'esprit Critique ?

Jiménez-Aleixandre, M. P., & Puig, B. (2012) définissent "la pensée critique comme la compétence permettant de développer des opinions indépendantes mais aussi la capacité de réfléchir sur le monde qui nous entoure et d'y participer.
Elle est liée à l'évaluation des preuves scientifiques (un point central de l'argumentation), à l'analyse de la fiabilité des experts, à l'identification des préjugés (les nôtres ou ceux des autres) et à la distinction entre textes scientifique et publicité ou propagande.
Penser de façon critique ne signifie pas remettre en question toutes les données, preuves et experts, mais plutôt développer des critères pour les évaluer.
Cela pourrait impliquer de remettre en question son propre intérêt personnel ou collectif et de dépasser ses valeurs égocentriques. » p. 1012 traduction personnelle
L'UNIGE propose que des spécialistes viennent débattre avec les élèves sur des thèmes très variés (voir liste plus  bas) et dans le cadre de la semaine de la démocratie le 1er et le 5 octobre 2018 offrent des Café de l'UNIGE « Fake news et réseaux sociaux: les démocraties sous tension? »  à organiser dans les établissements scolaires intéressés.
Pour ce faire, les enseignants doivent s'adresser à   impérativement avant fin septembre 2018 en ce qui concerne l'organisation de ce Café.

Cafés de l'UNIGE

L'Université de Genève (UNIGE) propose aux collégiens et lycéens de discuter de manière conviviale de questions de sciences, qu'elles soient naturelles, physiques, humaines ou sociales. Echanges directs et discussions autour des questions les plus diverses sont au programme de ces "Cafés de l'UNIGE", qui entendent faciliter l'accès aux connaissances et permettre la découverte d'une filière de formation de l'UNIGE.


Programme Cafés 2018-2019

Les Cafés de l'UNIGE ont lieu dans les collèges et lycées tout au long de l'année, sur demande. Les enseignants doivent s'adresser directement à pour l'organisation d'un Café dans le cadre de leurs cours.
Pour ce faire, il leur suffit d'indiquer le Café choisi ci-dessous, de proposer deux ou trois dates envisageables et de mentionner ses coordonnées (nom, téléphone, e-mail, école). Merci de prévoir un délai d'un mois minimum pour la préparation du Café.
Chaque Café ne sera proposé que 2 fois par année; les inscriptions sont à faire dans les meilleurs délais.
Il est également possible de développer avec nous un Café dont la thématique ne figure pas ci-dessous.

Évènement octobre 2018: Semaine de la démocratie!

Café de l'UNIGE « Fake news et réseaux sociaux: les démocraties sous tension? » 
Dans le cadre de la Semaine de la démocratie 2018, l'Université de Genève, en partenariat avec le Département de l'instruction publique, offre aux collégiens et lycéens la possibilité de discuter et d'échanger de manière conviviale avec des experts du Global Studies Institute et de la Faculté des sciences de la société sur ces thématiques qui animent régulièrement l'actualité.
Voter, participer, débattre, sont des actes sérieux qui ont des conséquences sur l'ensemble de la population. C'est la raison pour laquelle le citoyen qui glisse son bulletin dans l'urne ou qui signe une pétition doit avoir accès à une information de qualité. Or, depuis quelques années , on associe souvent à l'information le terme de fake news – faux, truqué. Cette information est largement et rapidement diffusée par les réseaux sociaux à l'échelle mondiale. Les fakes news agissent alors comme de puissants catalyseurs. Dès lors, comment peut-on s'en prémunir pour garantir le bon fonctionnement de nos démocraties? Quel impact ont ces fake news sur la démocratie?
Nous prévoyons d'organiser entre le 1er et le 5 octobre 2018, une série de 4 à 6 Cafés de l'UNIGE dans les établissements scolaires intéressés.
Pour ce faire, les enseignants doivent s'adresser à Dorothée Dumoulin impérativement avant fin septembre 2018 en ce qui concerne l'organisation de ce Café.




Cafés Sciences naturelles et physiques
Cellules souches: espoirs et problèmes éthiques
Epigénétique et société
Origine de la vie et évolution
Evolutionnisme vs créationnisme
L'intersexualité
Biodiversité et environnement
Les microbes
Les OGM
Les allergies
Immunologie: vaccination et mécanismes
Les maladies émergentes
Les perturbateurs endocriniens: répercussions sur les organismes et les écosystèmes
Oncogénétique: du gène à la consultation clinique
Le don d'organes
Les matériaux supraconducteurs et leurs principales applications
Le LHC et le boson de Higgs
Les enjeux du nucléaire
RMN, spectroscopie infra rouge et ultraviolette
Les exoplanètes
Les défis des mathématiques
Peut-on simuler l'intelligence humaine?
La science est-elle faite que pour les garçons?
Dopage: jusqu'où repousser les limites
Les prothèses intelligentes: à la frontière entre neurosciences et robotique
Cafés des sciences en collaboration avec le NCCR Chemical Biology
A l'interface de la biologie et de la physique: la vie et le principe d'auto-organisation de la matière
La biologie synthétique
Des petites molécules à grand impact
La biologie synthétique (autre approche)
Les interfaces entre disciplines scientifiques, à quoi ça sert?
Le rôle de la membrane cellulaire, à l'interface entre la cellule et son environnement
Les bases moléculaires du mouvement des animaux et des cellules
Cafés Géo
Mondialisation et frontières: discussion autour du concept et de l'expérience de la métropole
Les continents: une fiction géographique
Voyage versus tourisme
Agglomération franco-valdo genevoise
Les migrations
Cafés Sciences humaines et sociales
Développement durable et consommation durable
La vie en ville et le voisinage
Notre smartphone et nous: nouvel objet de civilisation
Vie privée et pratiques de surveillance induites par les nouvelles technologies de l'information
Aspirations des jeunes générations autour de la naissance
Automatisation, robotisation et place de l'humain
Bienfaits et risques des jeux vidéo: Mode d'emploi
Cinéma et émotions
Le cerveau de l'adolescent
Sommeil, quelles vertus? Bien dormir se travaille-t-il?
Psychologie et linguistique
Le Grand Genève: un espace de sécurité?
Le terrorisme
L'Europe et la Suisse
L'avenir de l'UE après le Brexit et l'indépendance de la Catalogne
Les réseaux sociaux
Rousseau et Genève
Cafés Ethique et théologie
Ethique des affaires
Ethique et environnement
Sport, la nouvelle religion?
Les injustices au niveau mondial
Jésus: l'enquête historique
Cathares, hérétiques et sorcières : mouvements dissidents au Moyen Age


Références :

  • Giordan, A. (1998). Une didactique pour les  sciences expérimentales. Paris: Belin.
  • Jiménez-Aleixandre, M. P., & Puig, B. (2012). Argumentation, evidence evaluation and critical thinking Second international handbook of science education (pp. 1001-1015): Springer.
  • Lombard, F., & Weiss, L. (2018). Can didactic transposition and popularization explain transformations of genetic knowledge from research to classroom? Science & Education, October 2018. http://dx.doi.org/10.1007/s11191-018-9977-8 | free full-text view-only version
  • Osborne, J. (2010). Arguing to Learn in Science: The Role of Collaborative, Critical Discourse. Science, 328(5977), 463-466. doi: 10.1126/science.1183944
  • Vosoughi, S., Roy, D., & Aral, S. (2018). The spread of true and false news online. Science, 359(6380), 1146-1151. doi: 10.1126/science.aap9559