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Bio-Tremplins :  la biologie vit et évolue. L'enseignement aussi

Bio-Tremplins : un volet de Jump-To-Science focalisé sur les changements de la biologie et son enseignement. Pour développer et maintenir vivant le lien entre la recherche et l'enseignement. Des éclairages sur l'actualité scientifique , comme un tremplin vers la source de l'information scientifique

mardi 29 septembre 2026

On croyait connaître CRISPR/Cas9 : quelques développements récents …

La famille Cas s’élargit, ses applications rejoignent l'épigénétique

Le développement de l’édition génomique par CRISPR–Cas9 a valu le prix Nobel de chimie 2020 à deux chercheuses, Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna. CRISPR–Cas9 dérive d’un système de défense des bactéries contre les virus. Lors d’une infection, des fragments d’ADN viral sont intégrés dans les séquences CRISPR : ils constituent une forme de mémoire des infections passées. Ces séquences sont ensuite transcrites en ARN guides, qui reconnaissent, par complémentarité, une séquence correspondante dans l’ADN envahisseur et y dirigent la protéine Cas9, qui la coupe. Cette séparation entre mémoire, reconnaissance et action rend le système remarquablement modulaire : il suffit de changer l’ARN guide pour changer la séquence reconnue, ou de transformer la protéine Cas9 pour changer l’effet produit.
JTS avait suivi quelques étapes de cette révolution :

  • Un système de modification génique très ciblé, CRISPR/Cas9, bouleverse la recherche, transforme l'étude de l'évolution, relance la thérapie génique, pourrait bouleverser les écosystèmes…
  • CRISPR, ciseau à ADN magique et précis ou menace sur les écosystèmes ?

Depuis ces premiers « ciseaux moléculaires », les chercheurs ont profondément modifié Cas9, mais aussi exploré une famille toujours plus vaste de protéines Cas. Certaines coupent autrement, d’autres reconnaissent de l’ARN plutôt que de l’ADN, d’autres encore peuvent être privées de leur fonction de coupure et transformées en véhicules capables d’amener une autre activité moléculaire exactement là où on le souhaite.

En voici quelques exemples récents, avant d’élargir le regard vers l’édition épigénétique.

Quand CRISPR ne répare plus les cellules, mais les élimine : Cas12a2 : reconnaître une mutation pour détruire la cellule qui la porte


CRISPR–Cas9 avait rendu possible la coupure ciblée de l’ADN, avec l’espoir, notamment, de corriger des mutations responsables de maladies. Deux études publiées dans Nature explorent une stratégie très différente : plutôt que de réparer les cellules porteuses d’une mutation, utiliser un autre membre de la famille CRISPR, Cas12a2, pour les éliminer sélectivement.

Cas12a2 appartient à un système de défense bactérien particulièrement radical. Un ARN guide lui permet de reconnaître un ARN viral complémentaire. Mais cette reconnaissance ne déclenche pas une coupure précise de la cible : elle provoque un changement de forme de l’enzyme, qui se met à fragmenter largement l’ADN de la cellule infectée. La bactérie se sacrifie ainsi et empêche le virus de s’y multiplier et de contaminer les cellules voisines.

Scholz et ses collègues, ainsi que Zeng et ses collègues, ont transposé ce mécanisme dans des cellules de mammifères. Ils ont programmé Cas12a2 pour reconnaître des ARN caractéristiques de cellules malades, notamment des ARN portant des mutations associées au cancer. Lorsque l’ARN cible est présent, Cas12a2 s’active, endommage massivement les chromosomes et entraîne la mort de la cellule. Sans cet ARN, l’enzyme reste inactive. Dans certaines expériences, elle parvient même à distinguer deux ARN ne différant que par un seul nucléotide.  La méthode a permis d’éliminer des cellules humaines exprimant une version mutée de TP53, ainsi que des cellules présentant une surexpression de MYC ou des mutations d’EGFR. Administrée au moyen de nanoparticules lipidiques, elle a également ralenti la croissance de tumeurs dans deux modèles murins. Cette approche pourrait donc offrir une nouvelle manière de cibler des mutations jusqu’ici difficiles à atteindre par des médicaments. Mais elle n’en est encore qu’au stade préclinique : son efficacité dépend notamment de la quantité d’ARN cible produite, l’acheminement vers les tumeurs reste imparfait et les règles permettant de concevoir les ARN guides les plus efficaces sont encore mal comprises.  Pour comprendre le mécanisme et remonter aux deux études originales, l’analyse de Takallo et Staals  Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :  ici

Two-panel diagram showing Cas12a2, guided by a guide RNA, recognizing a target RNA sequence and triggering widespread degradation of genomic DNA (left) and the selective elimination, guided by Cas12a2, of diseased cells with the target RNA, but not healthy cells (right).

Fig 1: Cas12a2 détruit sélectivement les cellules portant l’ARN cible. a, Guidée par un ARN, Cas12a2 reconnaît un ARN complémentaire. Cette reconnaissance active l’enzyme, qui fragmente alors massivement l’ADN de la cellule ; sans ARN cible, elle reste inactive. b, En ciblant un ARN spécifique d’une maladie, Cas12a2 permet ainsi d’éliminer sélectivement les cellules qui l’expriment, in vitro et dans des modèles animaux, tout en épargnant les cellules saines. [img]. Source :Takallo & Staals (2026). ici

Une activité « collatérale » de CRISPR, qui pouvait apparaître comme un défaut, devient ainsi le principe même d’une possible thérapie : reconnaître un ARN caractéristique d’une cellule pathologique, puis déclencher l’autodestruction de cette cellule.
Pour aller plus loin

  • Takallo, M., & Staals, R. H. J. (2026). DNA-shredding CRISPR enzyme takes aim at cancer cells. Nature. https://doi.org/10.1038/d41586-026-02122-2

Modifier l’activité des gènes sans couper l’ADN

Autre manière d’exploiter la modularité du système : garder le ciblage de CRISPR, mais supprimer les ciseaux.

L’outil CRISPR–Cas9 classique utilise un ARN guide pour conduire Cas9 vers une séquence précise, où elle coupe l’ADN. En inactivant les domaines enzymatiques responsables de cette coupure, les chercheurs ont obtenu une protéine appelée dCas9, pour dead Cas9. Elle est toujours guidée vers la séquence d’ADN choisie, s’y fixe, mais ne la coupe plus. Elle peut alors servir de véhicule à d’autres molécules. Associée par exemple à des enzymes qui ajoutent ou retirent des marques épigénétiques, elle permet d’augmenter ou de diminuer l’expression d’un gène sans modifier la séquence de son ADN. Par rapport à l’édition génétique classique, l’intérêt est considérable : pas de cassure de l’ADN, donc pas de mutation résultant directement d’une coupure au mauvais endroit ni de réarrangement provoqué par une réparation imprévisible.

Plusieurs de ces approches ont maintenant atteint les essais cliniques. Dans la dystrophie musculaire facio-scapulo-humérale (FSHD), une région du chromosome 4 perd normalement des marques de méthylation qui maintiennent silencieux le gène DUX4. La thérapie expérimentale EPI-321 cherche à restaurer cette répression épigénétique afin d’empêcher la production d’une protéine toxique pour les muscles. Chez les trois premiers participants pour lesquels des données étaient disponibles, une dose a été associée après six mois à une augmentation moyenne d’environ 0,4 kg de masse musculaire maigre. Le résultat est prometteur, mais encore très préliminaire : l’essai ne prévoit que douze participants.
D’autres essais cherchent à maintenir silencieux le virus de l’hépatite B, y compris les fragments de son génome intégrés dans l’ADN des cellules du foie. Chez l’animal, une autre approche épigénétique ciblant PCSK9 a réduit d’environ 70 % le cholestérol LDL chez des singes après une seule injection.

Et la modularité ne s’arrête pas là : Cas9 est une grosse protéine, difficile à acheminer dans les cellules. Certains chercheurs lui substituent donc une protéine beaucoup plus compacte, Cas12F — environ 500 acides aminés contre 1 300 pour Cas9 — qui peut plus facilement être transportée au moyen d'un virus adéno-associé. On retrouve ainsi le même principe de construction : l’ARN guide indique l’adresse ; la protéine Cas assure le ciblage ; la molécule qu’on lui associe détermine l’action effectuée à cette adresse.

Ne pas couper l’ADN ne signifie toutefois pas que la méthode soit dépourvue de risques. Une modification épigénétique dirigée vers le mauvais gène pourrait dérégler durablement son expression, avec des conséquences particulièrement graves si elle touche un suppresseur de tumeur ou un gène impliqué dans l’immunité ou le développement. Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :  ici

Pour aller plus loin
  • Khamsi, R. (2026). CRISPR’s next act: the companies editing the epigenome to treat disease. Nature, 655, 26–28. https://doi.org/10.1038/d41586-026-01976-w

Les concepts de l'épigénétiqueen médecine : état des lieux

Dans un review Heller & al.  (2026) ici proposent un panorama des principes et des premières applications cliniques de l’édition épigénétique.

Le pari est ambitieux : reprogrammer durablement l’activité d’un gène en réécrivant ses marques épigénétiques, sans modifier sa séquence d’ADN. Il y a une dizaine d’années encore, l’efficacité et surtout la spécificité de telles interventions suscitaient beaucoup de doutes. Des résultats ont depuis été obtenus dans plusieurs modèles animaux et les premiers essais cliniques ont commencé. De nombreuses questions restent cependant ouvertes : comment choisir la meilleure cible, obtenir un effet suffisamment durable et acheminer efficacement l’éditeur dans les cellules concernées.

Une figure de la revue (Fig2)  illustre bien la diversité des marques et des mécanismes associés à l’activité des gènes. Un gène actif ou réprimé est associé à différentes modifications de l’ADN et des histones autour desquelles l’ADN s’enroule. Certaines enzymes les déposent — les writers —, d’autres les retirent — les erasers — et des protéines readers les reconnaissent. D’autres systèmes encore remodèlent la chromatine et modifient ainsi l’accessibilité de l’ADN.

Un éditeur épigénétique ciblé peut agir directement, en amenant sur une séquence précise une enzyme qui ajoute ou retire une de ces marques, ou indirectement, en recrutant d’autres protéines capables de le faire. Selon la modification obtenue, la chromatine peut devenir plus accessible aux mécanismes de transcription — et favoriser l’expression du gène — ou au contraire se condenser et contribuer à le maintenir silencieux.

La figure permet ainsi de voir que « l’épigénétique » n’est pas un interrupteur moléculaire unique : plusieurs types de marques, plusieurs enzymes et plusieurs mécanismes peuvent converger vers l’activation ou la répression d’un même gène.

Fig. 1: Epigenetic editing concepts.
Fig 2: Les concepts de l’édition épigénétique : diversité des marques de l’ADN et des histones, enzymes qui les écrivent, les effacent ou les reconnaissent, remodelage de la chromatine et différentes stratégies permettant de cibler ces mécanismes sur un locus précis.  [img]. Source : Heller & al. (2026) ici   Full size image

Références:

  • Heller, E. A., Bintu, L., & Rots, M. G. (2026). Epigenetic editing : From concept to clinic. Nature Reviews Drug Discovery, 25(3), 227‑248. https://doi.org/10.1038/s41573-025-01323-0
  • Khamsi, R. (2026). CRISPR’s next act: the companies editing the epigenome to treat disease. Nature, 655, 26–28. https://doi.org/10.1038/d41586-026-01976-w
  • Takallo, M., & Staals, R. H. J. (2026). DNA-shredding CRISPR enzyme takes aim at cancer cells. Nature. https://doi.org/10.1038/d41586-026-02122-2
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vendredi 11 septembre 2026

Offres pour les enseignants : Bioscope // concours Science on the Move

Deux offres pour vos élèves

Le programme d'activités du Bioscope pour ces prochaines semaines, et un concours  « Dancing Plants », associe différentes disciplines MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et technique), promeut et encourage le travail scientifique, la formulation de ses propres questions, la créativité, la pensée critique, la communication et le travail d'équipe – des compétences indispensables dans le monde du travail actuel.

 

Bioscope Newsletter

 

Chères enseignantes, chers enseignants,

Nous vous souhaitons une belle rentrée et nous nous réjouissons de vous accueillir bientôt ! 

Vous trouverez ci-dessous toutes les informations concernant l’ouverture de la plateforme de réservation pour le premier semestre, du 21 septembre 2026 au 12 février 2027.

Le Bioscope est ouvert les matins aux ateliers scolaires. Il est dédié à l’accueil d’un public non-scolaire les après-midis, notamment à la patientèle des diverses unités de la MEA (Maison de l’enfance et de l’adolescence des HUG).

Les réservations, modifications et annulations d’ateliers se font via notre nouvelle plateforme de réservation en ligne qui ouvrira le lundi 31 août 2026 à 12h! 

Par souci d'équité, une classe/un groupe d'élève ne pourra participer qu'à un seul atelier par semestre (maximum 2 par an). Nous vous remercions pour votre compréhension!

Pour le primaire

Êtres vivants, Sols vivants: du 21 septembre au 16 octobre 2026

Digestion et Emotions: du 26 octobre 2026 au 12 février 2027

Pour le secondaire

Stress, Illusions, Sexes, Mémoire et Interactions sociales: du 21 septembre 2026 au 12 février 2027

CodeMyFish: cet atelier se déroule sur 2 séances et les réservations se font par mail dès maintenant à l'adresse bioscope@unige.ch 


Lundi 5 octobre

Comment la nature nous relaxe-t-elle ?

Dans le cadre de la semaine de la santé mentale et du projet Relax, on s’adapte! nous aimerions vous inviter à bloquer la date du :

Lundi 5 octobre, 18h-20h30
Au Bioscope – Maison de l’enfance et de l’adolescence

26 Boulevard de la Cluse

🌿 Au programme :

Une soirée scientifique sur l’étude des liens entre nature et santéInformations et programme complet à venir !Lien d'inscription

Avec la participation de :

Dre Lia Rosso, biologiste, spécialiste des pituicytes de la neurohypophyse, cellules impliquées notamment dans la libération d’ocytocine.

Aujourd’hui autrice, journaliste et vulgarisatrice scientifique, elle est notamment l’autrice du livre La nature en nous et co-présidente d’UNature Suisse, où elle s’engage pour mieux comprendre et faire connaître les liens entre nature et santé.

Dr Clément Menuet, chargé de recherche à l'INSERM (France), au sein de l'Institut de Neurobiologie de la Méditerranée (INMED) à Marseille. Ses recherches portent sur les mécanismes neuronaux par lesquels l'activité respiratoire module l'activité cardiovasculaire, et en particulier pour la genèse de la variabilité respiratoire de la fréquence cardiaque. Les travaux récents de son groupe ont identifié des mécanismes centraux de genèse de la variabilité respiratoire de la fréquence cardiaque et leur modulation par l'ocytocine en comportement de relaxation (google scholar).

 
 

Plus d’infos sur le projet Relax, on s’adapte! au lien suivant :Projet Relax, on s'adapte!

 
Retrouvez tous nos ateliers
 

Ressources pédagogiques

Savez-vous que nous mettons à disposition des enseignant-es, mais aussi du grand public, de nombreuses ressources pédagogiques sur diverses thématiques?

- 1, 2, 3... Sommeil!
- Le grand bazar de l'évolution
- Bon Stress!
- Sexesss
- Favoriser la biodiversité à notre échelle
- Les sols vivants
... et bien d'autres!
Retrouvez nos posters, brochures, des vidéos, fiches-infos et de nombreux liens utiles sur notre page dédiée.
Nos ressources

Programmation de la Fondation Convergences

La photographie à découvrir avec sa classe

La Fondation Convergences et le Centre de la photographie Genève proposent toute l’année des expositions à la Maison de l’enfance et de l’adolescence des HUG, avec des visites pédagogiques gratuites pour les classes, sur demande.

Jusqu’au 2 octobre, découvrez Fantômes Météores du photographe genevois Florian Luthi, entre paysages du Jura, récits d’OVNIs et imaginaire.

Visites scolaires dès la 5P (8 ans) : visites@centrephotogeneve.ch

Découvrez le programme d’exposition : https:// www.fondationconvergences.ch/cpg- expositions-2026/
Plus d'informations

 

Le Bioscope est le laboratoire public des sciences biomédicales et des sciences de la vie du Scienscope, de la Faculté de médecine de l'UNIGE et de la Fondation Convergences, au sein de la Maison de l'enfance et de l'adolescence des HUG

Bioscope | Maison de l’Enfance et de l’Adolescence - MEA (HUG)
Boulevard de la Cluse 26
1211 Genève 14

Infos pratiques



Concours national MINT pour les classes - Inscriptions ouvertes

Chères enseignantes, chers enseignants,

Peut- être avez-vous déjà entendu parler du concours Science on the Move ou même déjà participé à une précédente édition avec votre classe. Ce concours MINT pour les classes du Secondaire II provenant de toute la Suisse a été créé par la fondation SimplyScience en 2011 et s’est déroulé avec succès sept fois depuis lors. L'année prochaine, Science on the Move 2027 revient avec des tâches passionnantes, un aperçu direct du monde de l'entreprise (Science Fairs) et de superbes prix.

Le thème scientifique du concours, « Dancing Plants », associe différentes disciplines MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et technique), promeut et encourage le travail scientifique, la formulation de ses propres questions, la créativité, la pensée critique, la communication et le travail d'équipe – des compétences indispensables dans le monde du travail actuel.

Comme prix principal, la classe gagnante se rendra à l’étranger pour un voyage à thème scientifique.

En pièce jointe, vous trouverez un flyer et un document PDF avec davantage d’informations.

Voici en résumé les dates clés :

Inscription

À partir de l’automne 2026

Partie expérimentale

Janvier - Mars 2027

Science Fairs
(toutes les classes)

Avril 2027

Préparation de l’événement final (classes sélectionnées)

Mai 2027

Événement final
(classes sélectionnées)

Juin 2027

Voyage scientifique de la classe gagnante

Septembre 2027


N’hésitez pas à faire suivre ce message à vos collègues des disciplines MINT. Le concours se prête bien à un projet scolaire commun encadré par plusieurs enseignant·e·s.

Comme le concours se déroule en anglais, la communication officielle se fera en anglais à partir d’aujourd’hui. Si vous avez des questions, vous pouvez néanmoins nous contacter en tout temps en français.

Avec nos meilleures salutations.

Alexandra Rosakis (directrice) Sarah Menzi (responsable de projet)

SimplyScience Stiftung Nordstrasse 15 8006 Zürich Phone: 044 368 17 48 scienceonthemove@simplyscience.ch

Posted by lombardf at 09:37 Aucun commentaire:
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mardi 18 août 2026

Symbioses marines,Conférence de Marc-André Selosse Mardi 8 septembre à 20h De Saussure

Une conférence pour se changer les idées de la rentrée et de son cortèges de nouveautés - pas toutes très compréhensibles

Dans le monde vivant, la coopération entre espèces est fondamentale. La symbiose, une association physique entre deux organismes d’espèces différentes, bénéfique à chacun d’eux, est fréquente. On connaît le poisson clown et son anémone, mais on ignore les nombreux cas où des animaux ou des algues sont nourris ou défendus par une autre espèce, dans les écosystèmes coralliens comme sur nos côtes européennes ! Poissons agriculteurs, crevettes nettoyeuses de poissons, poissons luminescents : venez découvrir les entraides sous-marines !

Marc-André Selosse

Marc-André Selosse est professeur du Muséum national d’Histoire naturelle à Paris et des universités de Gdansk (Pologne) et Kunming (Chine), où il dirige des équipes de recherche. Il a enseigné à Viçosa (Brésil) et est chargé de cours à l’Ecole Normale Supérieure, Science Po et aux Hautes Etudes Commerciales (HEC). Ses travaux portent sur l’écologie et l’évolution des associations à bénéfices mutuels (symbioses). Mycologue et botaniste, il travaille en particulier sur les symbioses mycorhiziennes qui unissent des champignons du sol aux racines des plantes. Président de BioGée, membre de l’Académie d’Agriculture de France et de l’Institut Universitaire de France, il est éditeur de quatre revues scientifiques internationales et de la revue de vulgarisation Espèce. Il a publié plus de 230 articles de recherche et 290 articles de vulgarisation et des ouvrages grand public notamment sur les microbiotes (Jamais seul, 2017), le sol (L’origine du Monde, 2021) et la place de l’homme dans la nature (Nature et Préjugés, 2024). Source: isyeb.mnhn.fr

La présentation du mois au Collège de Saussure – Lancy. Entrée libre.



Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser Pour préparer la conférence, y revenir après coup, ou pour ceux qui ne pourront pas y assister, Jump-To-Science vous invite à poursuivre avec l’un de ses articles ou ouvrages :    

Marc-André Selosse est notamment l'auteur de : Nature et préjugés: Convier l'humanité dans l'histoire naturelle
Couverture Marc-André Selosse  Éditions Actes Sud - 447 pages

Quelques références choisies:

  • Selosse, M.-A., Richard, F., He, X., & Simard, S. W. (2006). Mycorrhizal networks : Des liaisons dangereuses? Trends in Ecology & Evolution, 21(11), 621‑628. https://doi.org/10.1016/j.tree.2006.07.003
    Les auteurs ne présentent pas les associations comme une coopération idyllique. Les réseaux mycorhiziens permettent des échanges et des interactions entre plantes et champignons, mais ouvrent aussi la possibilité d’asymétries, de détournements de ressources, de « tricheurs », etc. Ils y développent l’idée que les bénéfices mutuels émergent d’intérêts évolutifs qui ne sont pas nécessairement identiques.
  • Selosse, M.-A., Baudoin, E., & Vandenkoornhuyse, P. (2004). Symbiotic microorganisms, a key for ecological success and protection of plants. Comptes Rendus. Biologies, 327(7), 639‑648. https://doi.org/10.1016/j.crvi.2003.12.008
    • Les auteurs passent en revue les interactions mutualistes entre plantes et microorganismes, notamment les mycorhizes, la fixation de l’azote et les microorganismes protecteurs. Ils montrent comment ces partenaires peuvent modifier profondément le succès écologique des plantes, les communautés et les réseaux trophiques.

  • Dittami, S. M., Arboleda, E., Auguet, J.-C., Bigalke, A., Briand, E., Cárdenas, P., Cardini, U., Decelle, J., Engelen, A. H., Eveillard, D., Gachon, C. M. M., Griffiths, S. M., Harder, T., Kayal, E., Kazamia, E., Lallier, F. H., Medina, M., Marzinelli, E. M., Morganti, T. M., … Not, F. (2021). A community perspective on the concept of marine holobionts : Current status, challenges, and future directions. PeerJ, 9, e10911. https://doi.org/10.7717/peerj.10911
    • Une synthèse particulièrement en lien avec la conférence : elle examine les associations entre organismes marins et leurs microorganismes, et discute le concept d’holobionte, ses apports mais aussi ses limites.
Posted by lombardf at 09:22 Aucun commentaire:
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Quand tout un chacun participe à la science : un exemple, le projet Lemanscope

La science citoyenne ou participative

Jump-To-Science avait déjà présenté Lémanscope, et plusieurs d’entre vous ont sans doute participé à cette vaste collecte de données sur le Léman. Le projet offre aussi un bel exemple de ce qu’on appelle aujourd’hui science participative ou science citoyenne : des recherches dans lesquelles des citoyens prennent part, selon des modalités diverses, à la production de connaissances scientifiques. Une forme de participation dont Strasser et al. (2019) montrent qu’elle invite à repenser plus largement les relations entre science et publics. Le numéro 139 de Lémaniques revient aujourd’hui sur cette expérience et sur ce qu’elle a permis de réaliser.

Strasser, B. J., Baudry, J., Mahr, D., Sanchez, G., & Tancoigne, E. (2019). “Citizen Science”? Rethinking Science and Public Participation. Science & Technology Studies, 32(2), 52‑76. https://doi.org/10.23987/sts.60425

Lémaniques no. 139 – Lémanscope, un défi réussi pour démocratiser la science

Ce numéro de Lémaniques relate une aventure basée sur une collaboration étroite entre les mondes scientifique et civil qui s’appliquent à comprendre les phénomènes qui portent préjudice à la santé du Léman et à chercher des solutions applicables pour la sauvegarder.

Lémanscope, c’est un projet de recherche scientifique que l’on peut qualifier de science participative, à savoir l’acquisition de connaissances scientifiques résultant de la collaboration entre des chercheurs professionnels qui maîtrisent tous les outils d’analyse et des citoyens motivés et intéressés par le sujet qui se portent volontaires pour participer au projet en appliquant un protocole précis et en respectant strictement les instructions reçues.

Le projet est dirigé par l’EPFL en collaboration avec l’EAWAG, l’Unil et l’ASL et soutenu par le Fonds national suisse de la recherche scientifique à travers les fonds Agora.

Le projet Lémanscope vise à contribuer à l’évaluation de la santé du Léman et à la compréhension des variations saisonnières de la transparence et de la couleur de l’eau à travers la collecte de données obtenues par la contribution précieuse de 701 bénévoles disposant d’une embarcation.

Ceux-ci sont chargés :

  1. de mesurer la transparence de l’eau au moyen d’un disque de Secchi, spécialement fabriqués pour le projet avec une imprimante 3D
  2. de photographier la couleur de l’eau.

L’introduction au travail de terrain effectuée auprès des bénévoles est accompagnée d’une phase de compréhension des enjeux liés à la santé du Léman qui implique.

Lire le Lémaniques no. 139


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vendredi 31 juillet 2026

Les sciences que vous enseignez bougent : 4 recherches à découvrir

Les sciences que vous enseignez bougent : 4 recherches pour vous donner envie

Pour vos vacances, JTS vous propose une petite variante : quatre recherches récentes, articulées autour de nouvelles techniques en chimie, biologie et physique. Quelques lignes pour chacune, avec assez de mécanisme pour susciter la curiosité, ce que la technique permet désormais d'entrevoir, mais aussi ses limites ou les questions qui restent ouvertes.
Et surtout, la référence pour aller voir plus loin. Dans l'esprit de sain scepticisme scientifique que JTS cherche à cultiver : ne nous croyez pas — même pas JTS ! Allez voir dans l'article d'origine Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser. C'est l'idée même de Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles plutôt que les remplacer par leur vulgarisation — que les enseignants sauront bien mieux adapter à leurs élèves, avec leurs propres choix pédagogiques.

Identifier les protéines, molécule par molécule

Un nanopore est un canal de quelques nanomètres : lorsqu’une molécule le traverse, elle modifie brièvement le courant électrique qui le parcourt. Avec les protéines, le défi est double : leur charge complexe rend leur passage difficile à contrôler et, parce qu’elles traversent très vite, le signal est bref. L’équipe de Chan Cao (UNIGE) utilise ici un flux électro-osmotique pour entraîner à travers un nanopore d’aérolysine des protéines dépliées et non marquées. Chaque protéine produit une « empreinte » électrique dont un algorithme analyse plusieurs caractéristiques. Résultat : sept protéines apparentées ont pu être distinguées avec environ 80 % de précision, sans marquage chimique ni digestion enzymatique. Reste un défi beaucoup plus ambitieux : passer de la reconnaissance de protéines déjà caractérisées à la lecture d’informations permettant d’inférer directement leur séquence. Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :  ici
Représentation artistique d'une molécule de protéine détectée au moment où elle traverse un nanopore. © NanoSphere
  • Rukes, V., Norkute, E., Barnikol, G., Duan, J., Gao, J., & Cao, C. (2026). Single-Molecule Fingerprinting of Unlabeled Full-Length Proteins Using an Aerolysin Nanopore. Journal of the American Chemical Society, 148(27), 28179‑28189. https://doi.org/10.1021/jacs.6c01018

Mesurer la « géométrie quantique » d’un isolant

Semblable à une courbure émergente de l'espace intégrée aux matériaux quantiques, la métrique quantique déforme les trajectoires électroniques à la surface des isolants topologiques. © Xavier Ravinet - UNIGE
Un isolant topologique est isolant dans son volume mais possède des états électroniques conducteurs à sa surface. Or ces états ont aussi une géométrie quantique : la métrique quantique décrit, en quelque sorte, la « distance » entre états quantiques voisins. Comment rendre observable cette propriété très abstraite ? Dans des films de Sb₂Te₃, l’équipe d’Andrea Caviglia (UNIGE) détecte sa signature dans une magnétorésistance non linéaire des états de surface. Au-dessous de 30 K, cette réponse ne dépend ni de la température ni du temps de diffusion des électrons, ce qui soutient son origine géométrique. Surtout, elle peut être modulée par une tension électrique, qui change la contribution relative des deux surfaces du matériau. Une propriété jusque-là difficilement accessible devient ainsi mesurable — et contrôlable expérimentalement. Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :  ici
  • Sala, G., Longo, E., Mercaldo, M. T., Gariglio, S., Cuoco, M., Mantovan, R., Ortix, C., & Caviglia, A. D. (2026). Probing the quantum metric of 3D topological insulators. Nature Materials, 1‑8. https://doi.org/10.1038/s41563-026-02617-3

Après le lithium, le sodium ?


How sodium-ion batteries work. Diagram comparing lithium-ion and sodium-ion batteries.

Fig 1: Principe de fonctionnement des batteries sodium-ion [img]. Source :Castelvecchi, D. (2026)   Adapted from G. Harper et al. Nature 575, 75–86 (2019) and G. Offer et al. Nature 582, 485–487 (2020).

Une batterie sodium-ion fonctionne sur un principe proche d’une batterie lithium-ion : pendant charge et décharge, des ions Na⁺ circulent entre deux électrodes. Mais le sodium est beaucoup plus abondant et moins coûteux que le lithium ; certaines architectures permettent aussi de remplacer le cuivre par de l’aluminium et d’éviter nickel et cobalt. Pourquoi n’a-t-il donc pas déjà gagné ? L’ion sodium est plus gros et les cellules fonctionnent généralement à plus basse tension, ce qui limite leur densité énergétique. Les progrès récents changent cependant la donne : CATL annonce 175 Wh/kg et vise 200 Wh/kg, proche des batteries lithium-fer-phosphate (LFP), avec en outre une bonne tenue au froid et un risque d’incendie annoncé comme plus faible. Leur terrain privilégié pourrait être le stockage des énergies renouvelables, où poids et volume comptent moins. Mais une inconnue demeure : à quel prix réel une fois la production industrialisée ? Les prévisions de parité avec les LFP divergent de plusieurs années.P    Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :  ici

  • Castelvecchi, D. (2026). Beyond lithium : How sodium-ion batteries could change the world. Nature, 655(8123), 562‑564. https://doi.org/10.1038/d41586-026-02150-y

Redimensionner des protéines avec une IA

https://doi.org/10.1038/s41586-026-10842-8https://doi.org/10.1038/s41586-026-10842-8
Fig. 4. À gauche : principe du modèle Raygun. À droite : utilisation de Raygun pour modifier des protéines de différentes longueurs. [img].  Source : Devkota, et al. (2026).ici

Les modèles d’IA savent désormais créer des protéines de novo. Raygun part d’un problème différent : peut-on transformer fortement une protéine existante tout en conservant sa structure et sa fonction ? À partir des représentations apprises par un modèle de langage protéique, Raygun convertit des séquences de longueurs différentes en distributions de probabilité de dimension fixe : elles deviennent ainsi mathématiquement comparables, ce qui permet d’ajouter, supprimer ou substituer des acides aminés de manière coordonnée. Le modèle peut réduire des protéines de 10 à 25 %, parfois davantage, ou au contraire les agrandir. Et il ne s’agit pas seulement de prédictions : des versions raccourcies de protéines fluorescentes et de l’enzyme TurboID ont été testées expérimentalement et restent fonctionnelles ; des variantes agrandies de l’EGF montrent même une affinité accrue pour son récepteur. Reste à savoir jusqu’où cette capacité s’étend à la diversité des protéines naturelles.  Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :Conroy, G. (2026) ici et Devkota, et al. (2026).ici

  • Conroy, G. (2026). This AI Raygun can shrink and supersize proteins—Opening the door to easy editing. Nature. https://doi.org/10.1038/d41586-026-02335-5
  • Devkota, K., Shonai, D., Mao, J., Ko, Y. S., Wang, W., Soderling, S., & Singh, R. (2026). Miniaturizing and modifying natural proteins with Raygun. Nature, 1‑9. https://doi.org/10.1038/s41586-026-10842-8


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Rapport Bio 2010 : La biologie a changé et l'enseignement doit être enrichi !

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