mardi 18 août 2026

Symbioses marines,Conférence de Marc-André Selosse Mardi 8 septembre à 20h De Saussure

Une conférence pour se changer les idées de la rentrée et de son cortèges de nouveautés - pas toutes très compréhensibles

Dans le monde vivant, la coopération entre espèces est fondamentale. La symbiose, une association physique entre deux organismes d’espèces différentes, bénéfique à chacun d’eux, est fréquente. On connaît le poisson clown et son anémone, mais on ignore les nombreux cas où des animaux ou des algues sont nourris ou défendus par une autre espèce, dans les écosystèmes coralliens comme sur nos côtes européennes ! Poissons agriculteurs, crevettes nettoyeuses de poissons, poissons luminescents : venez découvrir les entraides sous-marines !

Marc-André Selosse

Marc-André Selosse est professeur du Muséum national d’Histoire naturelle à Paris et des universités de Gdansk (Pologne) et Kunming (Chine), où il dirige des équipes de recherche. Il a enseigné à Viçosa (Brésil) et est chargé de cours à l’Ecole Normale Supérieure, Science Po et aux Hautes Etudes Commerciales (HEC). Ses travaux portent sur l’écologie et l’évolution des associations à bénéfices mutuels (symbioses). Mycologue et botaniste, il travaille en particulier sur les symbioses mycorhiziennes qui unissent des champignons du sol aux racines des plantes. Président de BioGée, membre de l’Académie d’Agriculture de France et de l’Institut Universitaire de France, il est éditeur de quatre revues scientifiques internationales et de la revue de vulgarisation Espèce. Il a publié plus de 230 articles de recherche et 290 articles de vulgarisation et des ouvrages grand public notamment sur les microbiotes (Jamais seul, 2017), le sol (L’origine du Monde, 2021) et la place de l’homme dans la nature (Nature et Préjugés, 2024). Source: isyeb.mnhn.fr

La présentation du mois au Collège de Saussure – Lancy. Entrée libre.



Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser Pour préparer la conférence, y revenir après coup, ou pour ceux qui ne pourront pas y assister, Jump-To-Science vous invite à poursuivre avec l’un de ses articles ou ouvrages :    

Marc-André Selosse est notamment l'auteur de : Nature et préjugés: Convier l'humanité dans l'histoire naturelle
Couverture Marc-André Selosse  Éditions Actes Sud - 447 pages

Quelques références choisies:

  • Selosse, M.-A., Richard, F., He, X., & Simard, S. W. (2006). Mycorrhizal networks : Des liaisons dangereuses? Trends in Ecology & Evolution, 21(11), 621‑628. https://doi.org/10.1016/j.tree.2006.07.003
    Les auteurs ne présentent pas les associations comme une coopération idyllique. Les réseaux mycorhiziens permettent des échanges et des interactions entre plantes et champignons, mais ouvrent aussi la possibilité d’asymétries, de détournements de ressources, de « tricheurs », etc. Ils y développent l’idée que les bénéfices mutuels émergent d’intérêts évolutifs qui ne sont pas nécessairement identiques.
  • Selosse, M.-A., Baudoin, E., & Vandenkoornhuyse, P. (2004). Symbiotic microorganisms, a key for ecological success and protection of plants. Comptes Rendus. Biologies, 327(7), 639‑648. https://doi.org/10.1016/j.crvi.2003.12.008
    • Les auteurs passent en revue les interactions mutualistes entre plantes et microorganismes, notamment les mycorhizes, la fixation de l’azote et les microorganismes protecteurs. Ils montrent comment ces partenaires peuvent modifier profondément le succès écologique des plantes, les communautés et les réseaux trophiques.

  • Dittami, S. M., Arboleda, E., Auguet, J.-C., Bigalke, A., Briand, E., Cárdenas, P., Cardini, U., Decelle, J., Engelen, A. H., Eveillard, D., Gachon, C. M. M., Griffiths, S. M., Harder, T., Kayal, E., Kazamia, E., Lallier, F. H., Medina, M., Marzinelli, E. M., Morganti, T. M., … Not, F. (2021). A community perspective on the concept of marine holobionts : Current status, challenges, and future directions. PeerJ, 9, e10911. https://doi.org/10.7717/peerj.10911
    • Une synthèse particulièrement en lien avec la conférence : elle examine les associations entre organismes marins et leurs microorganismes, et discute le concept d’holobionte, ses apports mais aussi ses limites.

Quand tout un chacun participe à la science : un exemple, le projet Lemanscope

La science citoyenne ou participative

Jump-To-Science avait déjà présenté Lémanscope, et plusieurs d’entre vous ont sans doute participé à cette vaste collecte de données sur le Léman. Le projet offre aussi un bel exemple de ce qu’on appelle aujourd’hui science participative ou science citoyenne : des recherches dans lesquelles des citoyens prennent part, selon des modalités diverses, à la production de connaissances scientifiques. Une forme de participation dont Strasser et al. (2019) montrent qu’elle invite à repenser plus largement les relations entre science et publics. Le numéro 139 de Lémaniques revient aujourd’hui sur cette expérience et sur ce qu’elle a permis de réaliser.

Strasser, B. J., Baudry, J., Mahr, D., Sanchez, G., & Tancoigne, E. (2019). “Citizen Science”? Rethinking Science and Public Participation. Science & Technology Studies, 32(2), 52‑76. https://doi.org/10.23987/sts.60425

Lémaniques no. 139 – Lémanscope, un défi réussi pour démocratiser la science

Ce numéro de Lémaniques relate une aventure basée sur une collaboration étroite entre les mondes scientifique et civil qui s’appliquent à comprendre les phénomènes qui portent préjudice à la santé du Léman et à chercher des solutions applicables pour la sauvegarder.

Lémanscope, c’est un projet de recherche scientifique que l’on peut qualifier de science participative, à savoir l’acquisition de connaissances scientifiques résultant de la collaboration entre des chercheurs professionnels qui maîtrisent tous les outils d’analyse et des citoyens motivés et intéressés par le sujet qui se portent volontaires pour participer au projet en appliquant un protocole précis et en respectant strictement les instructions reçues.

Le projet est dirigé par l’EPFL en collaboration avec l’EAWAG, l’Unil et l’ASL et soutenu par le Fonds national suisse de la recherche scientifique à travers les fonds Agora.

Le projet Lémanscope vise à contribuer à l’évaluation de la santé du Léman et à la compréhension des variations saisonnières de la transparence et de la couleur de l’eau à travers la collecte de données obtenues par la contribution précieuse de 701 bénévoles disposant d’une embarcation.

Ceux-ci sont chargés :

  1. de mesurer la transparence de l’eau au moyen d’un disque de Secchi, spécialement fabriqués pour le projet avec une imprimante 3D
  2. de photographier la couleur de l’eau.

L’introduction au travail de terrain effectuée auprès des bénévoles est accompagnée d’une phase de compréhension des enjeux liés à la santé du Léman qui implique.

Lire le Lémaniques no. 139