Une conférence pour se changer les idées de la rentrée et de
son cortèges de nouveautés - pas toutes très compréhensibles
Dans le monde vivant, la coopération entre espèces est fondamentale. La symbiose, une association physique entre deux organismes d’espèces différentes, bénéfique à chacun d’eux, est fréquente. On connaît le poisson clown et son anémone, mais on ignore les nombreux cas où des animaux ou des algues sont nourris ou défendus par une autre espèce, dans les écosystèmes coralliens comme sur nos côtes européennes ! Poissons agriculteurs, crevettes nettoyeuses de poissons, poissons luminescents : venez découvrir les entraides sous-marines !
Marc-André Selosse
Marc-André Selosse est professeur du Muséum national
d’Histoire naturelle à Paris
et des universités de Gdansk (Pologne) et Kunming
(Chine), où il dirige des équipes
de recherche. Il a enseigné à Viçosa (Brésil) et est
chargé de cours à l’Ecole Normale Supérieure, Science
Po et aux Hautes Etudes Commerciales (HEC). Ses travaux
portent sur l’écologie et l’évolution des associations
à bénéfices mutuels (symbioses). Mycologue et
botaniste, il travaille en particulier sur les symbioses
mycorhiziennes qui unissent des champignons du sol aux
racines des plantes. Président de
BioGée, membre de l’Académie d’Agriculture de France
et de l’Institut Universitaire
de France, il est éditeur de quatre revues
scientifiques internationales et de la revue
de vulgarisation Espèce. Il a publié plus de 230
articles de recherche et 290 articles
de vulgarisation et des ouvrages grand public notamment
sur les microbiotes (Jamais
seul, 2017), le sol (L’origine du Monde, 2021) et la
place de l’homme dans la nature
(Nature et Préjugés, 2024). Source: isyeb.mnhn.fr
Marc-André Selosse est
notamment l'auteur de : Nature et préjugés: Convier l'humanité dans
l'histoire naturelle
Marc-André Selosse Éditions Actes Sud
- 447 pages
Quelques références choisies:
- Selosse, M.-A., Richard, F., He, X., & Simard, S. W.
(2006). Mycorrhizal networks : Des liaisons dangereuses? Trends
in Ecology & Evolution, 21(11), 621‑628. https://doi.org/10.1016/j.tree.2006.07.003
Les auteurs ne présentent pas les associations comme une coopération idyllique. Les réseaux mycorhiziens permettent des échanges et des interactions entre plantes et champignons, mais ouvrent aussi la possibilité d’asymétries, de détournements de ressources, de « tricheurs », etc. Ils y développent l’idée que les bénéfices mutuels émergent d’intérêts évolutifs qui ne sont pas nécessairement identiques.
- Selosse, M.-A., Baudoin, E., & Vandenkoornhuyse, P.
(2004). Symbiotic microorganisms, a key for ecological success
and protection of plants. Comptes Rendus. Biologies, 327(7),
639‑648. https://doi.org/10.1016/j.crvi.2003.12.008
- Les auteurs passent en revue les interactions mutualistes
entre plantes et microorganismes, notamment les mycorhizes, la
fixation de l’azote et les microorganismes protecteurs. Ils
montrent comment ces partenaires peuvent modifier profondément
le succès écologique des plantes, les communautés et les
réseaux trophiques.
- Dittami, S. M., Arboleda, E., Auguet, J.-C., Bigalke, A., Briand, E., Cárdenas, P., Cardini, U., Decelle, J., Engelen, A. H., Eveillard, D., Gachon, C. M. M., Griffiths, S. M., Harder, T., Kayal, E., Kazamia, E., Lallier, F. H., Medina, M., Marzinelli, E. M., Morganti, T. M., … Not, F. (2021). A community perspective on the concept of marine holobionts : Current status, challenges, and future directions. PeerJ, 9, e10911. https://doi.org/10.7717/peerj.10911
- Une synthèse particulièrement en lien avec la conférence : elle examine les associations entre organismes marins et leurs microorganismes, et discute le concept d’holobionte, ses apports mais aussi ses limites.