lundi 25 février 2013

L'ours abattu, les futurs citoyens et la Formation naturaliste

L'ignorance citadine de la nature… cause la peur ? 

Nos élèves – souvent citadins – ont souvent très peu d'occasions de développer une connaissance et un rapport sain à la nature.
Chacun a rencontré des jeunes de 18ans qui découvrent que la grenouille n'est pas le mâle du crapaud ni la chouette la femelle du hibou. Certains n'ont jamais examiné un bourgeon qui va s'ouvrir, une fleur sauvage ou ont une aversion généralisée pour les "ptites bêtes qui grouillent " insectes cloportes et araignées confondus- Ils n'ont d'expérience de la nature que celle labellisée, emballée, avec une traçabilité (parfois chevaline je sais ...) qu'on propose dans les supermarchés, les garden-centre, les magasins d'animaux domestiques.

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Fig 1: Bourgeon de Charme s'ouvrant et prêt à s'ouvrir (marronier je crois).  source F.lombard

F. Terrasson (1997) développait l'idée que la peur de la nature est centrale dans notre rapport à l'environnement. Il renverse la perspective sur les réserves naturelles en montrant qu'elles servent surtout à protéger notre environnement humain des incursions de la nature effrayante plutôt que l'inverse... Il semble que dans les choix que nous faisons c'est surtout le rapport émotionnel à la nature qui compte plus que le niveau de formation académique. ( il me manque une référence pour étayer cela... je l'ai lu, mais je ne retrouve plus... merci de m'aider ? )

Un ours qui fait peur parce qu'il est (encore un peu) naturel ?


Fig2 : L'ours M13 avant qu'il soit abattu. [img] source Source : FERUS.fr
 

L 'Ours M13 abattu récemment aux Grisons parce qu'il s'approchait un peu trop des humains s'explique bien dans cette perspective de crainte du naturel... ( cf ici RTS et ici FERUS, et ici
ProNatura ). Nous ne sommes pas prêts a accueillir ce qui est différent... et donc le naturel.
Sans connaître nos écosystèmes, leur fonctionnements et leur évolution, sans avoir
un rapport à la nature basé sur un vécu personnel, peut-on dire que nos élèves sont bien préparés à voter et à décider dans un monde où la nature est de plus en plus menacée et les interférences réciproques de plus en plus fortes dans un territoire si exigu ?
Nos cours de biologie offrent encore la possibilité de leur donner un peu de ces connaissances et de ce vécu.

Enseignants, sommes-nous assez bien formés ?

Or, même si on est diplômé en biologie, il peut arriver qu'on se sente un peu démuni pour parler de la nature locale, et l'affronter avec un classe grouillante (!) et excitée… Il serait très regrettable que cette inquiétude fasse hésiter à emmener les élèves sur le terrain...
Alors formez-vous !
Une magnifique opportunité s'offre aux lecteurs romands. Je sais qu'une part importante du lectorat est répartie dans toute la francophonie, mais je suis sûr que nos lecteurs d'autres pays sauront trouver des organismes locaux pour se former.

Références

  • Terrasson, F. (1997). La peur de la nature: Sang de la terre.




Formation naturaliste 2013
Les sciences naturelles pour tous
Les outils du naturaliste enfin à la portée de tout le monde !
Trois associations se sont acoquinées avec malice pour proposer des cours de sciences naturelles pour tous : L' AAJB (l'Association des Amis du Jardin Botanique de Genève), ProNatura Genève et les Naturalistes Romands . Ces associations, à la vulgarisation joviale et pertinente, se partagent les domaines des sciences naturelles pour proposer une suite de cours pratiques : une formation naturaliste à la carte.
Aucun pré requis n'est demandé. Cette formation propose de maitriser très concrètement les différents outils du naturaliste (p.ex. clés d'identification de plantes) en favorisant l'apprentissage autodidacte. Bienvenue dans l'école des curieux!
Inscrivez-vous auprès de l'AAJB (ou éventuellement au 076 384 74 92)
Téléchargez le programme 2013

Traces et indices d'animaux

Jacques Morel
3 cours et 2 excursions
Tout animal vivant influence son environnement et y laisse des traces de son existence. Certaines nous échappent, nous pouvons en lire d’autres. Il s’agit en particulier des traces de pattes dans la boue, dans la neige comme des traces d’existence (nids, terriers), des traces laissées quand ils s’alimentent ou après la digestion (crottes, urine, pelotes de réjection).
Pour nous familiariser avec ce monde, nous examinerons ensemble des documents (littérature, images, moulages, objets modifiés) et nous irons sur le terrain en été et en hiver ; nous pourrons apprendre à faire des moulages en plâtre et peut-être avec d’autres matériaux. Donc, trois soirées à l’intérieur et deux journées partielles à l’extérieur.
Chacun pourra apporter son expérience personnelle et ses questions.
Cours 1 : mercredi 20 mars 18h30-21h
Cours 2 : mercredi 18 septembre 18h30-21h
Cours 3 : mercredi 13 novembre 18h30-21h
+ Deux excursions supplémentaires seront planifiées de concert avec les participants, l'une en avril/mai et l'autre en décembre 2013/janvier 2014.

Ornithologie

Laurent Vallotton (Ornithologue au Muséum d'histoire naturelle de la Ville de Genève)
8 cours sous forme d’excursions.
Ce cours d’ornithologie pratique, destiné à tous, est réparti sur l’année et s’articule essentiellement entre excursions et baguage d’oiseaux.
Il se clôturera par une visite des coulisses du Musée d’Histoire Naturelle de Genève.
Toutes ces sorties sont d’une journée.
Cours 1 : Baguage des Chouettes hulottes au pied du Jura vaudois - dimanche 7 avril
Cours 2 : Migrateurs aux marais de Sionnet GE - dimanche 5 mai
Cours 3 : Migration à Préverenges (îles aux oiseaux) et guêpiers à Penthaz VD - dimanche 2 juin
Cours 4 : Oiseaux de montagne au col de la Colombière F - dimanche 23 juin
Cours 5 : Baguage des migrateurs au col de Jaman VD - dimanche 13 octobre
Cours 6 : Visite des coulisses du Muséum de Genève - dimanche 17 novembre
Cours 7 : Exercices et révision des espèces vues aux sorties avec oiseaux taxidermisés (Muséum d'Histoire Naturelle de Genève) - dimanche 24 novembre
Cours 8 : Hivernants à la rade de Genève, à la réserve de la Pointe-à-la-Bise GE et à Excenevex F - dimanche 15 décembre
Tarifs : 120.- (membres) / 150.- (non-membres) / 90.- (étudiants)
Cours en partenariat avec le Museum d'Histoire Naturelle de la Ville de Genève

Botanique

Laurent Burgisser
6 cours et 2 excursions

Introduction à la botanique et à l’identification des plantes à fleurs. Le but de ce cours est la maîtrise des outils d’identification qu’utilisent les botanistes, en particulier la flore de la suisse, le fameux «Binz».
La botanique étant assez vaste, quelques divagations ne sont pas exclues, que ce soit sur le poil dru du bourdon, sur les mécanismes de pollinisation ou sur les origines de la pizza.
Tous les cours se déroulent au Conservatoire et Jardin botaniques de Genève.
Cours 1 : lundi 22 avril 18h30-21h
Cours 2 : lundi 29 avril 18h30-21h
Cours 3 : lundi 6 mai 18h30-21h
Cours 4 : lundi 13 mai 18h30-21h
Cours 5 : lundi 27 mai 18h30-21h
Cours 6 : lundi 3 juin 18h30-21h

+ Deux excursions supplémentaires seront planifiées de concert avec les participants.
Tarifs : 120.- (membres) / 150.- (non-membres) / 90.- (étudiants)

Poissons

Jean-François Rubin
3 cours et 1 excursion
Venez découvrir les poissons de notre région au travers de trois cours et d'une excursion.
Le premier cours portera sur les habitats : Quels sont les habitats favorables pour les poissons? Où vivent-ils ? De quelles conditions écologiques ont-ils besoin pour se développer ?
Le deuxième sur les espèces : Quelles sont les principales espèces de poissons que l'on rencontre dans notre région ? Comment les reconnait-on ? Quel est leur mode de vie ? Enfin, le dernier cours concernera la gestion : Comment gérer les espèces ? De quelles stratégies dispose-t-on ? Renaturation ou repeuplement, effets identiques ?
Pour terminer, une excursion le long du Boiron de Morges est prévue.

Tous les cours se déroulent à l'HEPIA , proche de la gare de Cornavin à Genève.
Cours 1 : mercredi 29 mai 18h30-20h
Cours 2 : mercredi 5 juin 18h30-20h
Cours 3 : mercredi 12 juin 18h30-20h
Excursion : samedi 15 juin 2013, 10h-15h, le long du Boiron à Morges
Tarifs : 70.- (membres, étudiants) / 100.- (non-membres)

Champignons


Jean-Jacques Roth & la Société mycologique de Genève

3 cours et 1 excursion


Destiné aux vrais et faux débutants, ce cours comprend un rappel des notions fondamentales, tout en approfondissant la connaissance de certains genres de champignons.
Toutes les séances comprennent une partie pratique d'identification, pendant laquelle les participants pourront s’exercer, en recevant une aide individualisée.
Tous les cours se déroulent au Conservatoire et Jardin botaniques de Genève .



Cours 1 : mardi 1er octobre 20h-22h
Cours 2 : mardi 8 octobre 20h-22h
Cours 3 : mardi 15 octobre 20h-22h
Excursion : samedi 19 octobre (après-midi)
Tarifs : 70.- (membres, étudiants) / 100.- (non-membres)

jeudi 21 février 2013

L'anorexie et l'hyperactivité liés ?

L'anorexie et l'hyperactivité liés ?

Une étude récente révèle – chez des souris - un lien entre l'anorexie et l'hyperactivité, et peut-être avec les mécanismes de la dépendance. Une voie métabolique commune ( NAc-5-HTR4/CART pathway)  établit un lien entre les deux phénomènes et le circuit de la récompense (Noyau accumbens). Les auteurs suggèrent que ce serait un mécanisme susceptible de limiter la suralimentation et l'inactivité après une période de privation.

L'article est accessibles ici. Comment  Obtenir un article mentionné : Get-a-doi

Dans une perspective éducative, pour comprendre les pertes inéluctables de la vulgarisation, nous étudierons comment le contexte dans lequel ces résultats ont été trouvés s'est perdu pour se restreindre progressivement à une affirmation réductrice : "L'hyperactivité des anorexiques n'est pas intentionnelle"

L'anorexie mentale ( il y a plusieurs autres formes d'anorexie, dont certaines sont des effets secondaires de traitements) est une maladie grave qui atteint un nombre important de jeunes filles adolescentes – 2% des adolescents (9 filles pour 1 garçon – elle est mortelle dans 10% des cas selon Lenoir, 2001 ). On a beaucoup évoqué l'influence de la mode sur l'augmentation de la fréquence constatée de ce grave trouble du comportement alimentaire.
La plupart des explications de ce trouble sont dans le registre du psychologique. Comme elle  est souvent associée à l'hyperactivité qu'on a donc souvent interprété comme un désir de maigrir et résultant de la volonté de la malade.
Des recherches récentes (Jean, A., et al. 2012) abordant la question sous un angle très différent, suggèrent une cause physiologique à cette hyperactivité, et un lien avec le circuit de la récompense.

Chez la souris ...

Cette étude a été réalisée avec des souris. Elles sont un modèle de la maladie : elles ont été sélectionnées parce qu'elles ont des mutations qui leur donnent un comportement et une physiologie qui a été considérée comme similaire à l'anorexie.  C'est ainsi qu'on procède parce qu'évidemment on veut pas faire des expériences sur les humains. Mais les résultats doivent être interprétés et mis en perspective... Je n'ai pas trouvé (mais je n'ai peut-être pas assez cherché) de discussion de leur pertinence à l'anorexie mentale en particulier. Or elle n'est pas évidente il me semble.

Pourtant Jean et al. argumentent bien en soulignant que l'anorexie et l'hyperactivité existent rarement indépendamment et que cela suggère des voies nerveuses communes, probablement dans le système de la récompense. Ils ont mis en évidence préalablement une facette addictive de l'anorexie qui active les mêmes transcriptions que la cocaïne, par exemple dans le noyau accumbens. (circuit de la récompense)
" production, in the nucleus accumbens (NAc), of the same transcripts stimulated in response to cocaine and amphetamine (CART) upon stimulation of the 5-HT4 receptors (5-HTR4) or MDMA (ecstasy)"
Ils ont alors testé si cette voie prédispose aussi à l'hyperactivité. En bloquant ou en surexprimant les molécules de cette voie, en présence d'ecstasy ou non ils montrent de manière convaincante la grande similitude des liens de l'anorexie et de l'hyperactivité avec le circuit de la récompense.
"In conclusion, the NAc-5-HTR4/CART pathway establishes a ‘tight-junction’ between anorexia and hyperactivity, suggesting the existence of a primary functional unit susceptible to limit overeating associated with resting following homeostasis rules." (Jean, A., et al. 2012)
Ils proposent une explication évolutive à ce surprenant mécanisme : il limiterait la suralimentation et l'inactivité après une période de privation alimentaire. Un mécanisme de plus dans la régulation déjà complexe du poids ?  

Tout cela est vrai ...Chez cette souris particulière, ce modèle de l'anorexie. Evidemment cela limite la portée des résultats, mais – vu la gravité d'une telle maladie et les limites des traitements actuels – c'est quand même beaucoup mieux d'avoir des résultats de portée à discuter que pas de résultats du tout !     Si on arrive à vivre avec des incertitudes délimitées...
Face a nos élèves si on veut classer cette recherche entre vrai et faux on est très ... limité !  

Fig 1: les mains d'un-e anorexique. [img] source  Allodocteurs.fr.


La vulgarisation transforme en affirmation les savoirs nuancés produits par la recherche ?

Dans la vulgarisation on retrouve le classique glissement depuis de discours scientifique pondéré discutant les hypothèses ("In conclusion, motor hyperactivity is anorexia-dependent upon activation of the NAc-5-HTR4/CART pathway." vers des conclusions simples et présentées comme des certitudes  "L'hyperactivité des anorexiques n'est pas intentionnelle"  p.ex. dans  allodocteurs.fr. C'est souvent plus marqué dans les texte de titres comme celui-là puisque le texte du "chapeau" est déjà moins affirmatif  "…Une étude de l'INSERM vient confirmer l'hypothèse selon laquelle les deux comportements seraient induits par un mécanisme biologique commun, au niveau moléculaire."

D'autres documents vulgarisés en français
Cette tendance dans la vulgarisation à évacuer les conditions dans lesquelles les résultats ont été obtenus – qui pourtant sont nécessaires pour mettre en perspective ces données – est classique. Une lecture rapide donne l'impression que ce résultat serait "scientifiquement prouvé"… L'incertitude et la nature hypothétique intrinsèque à la science sont évacués. Comme si un résultat était une vérité, comme si il n'allait pas y avoir vérification, contestation, bref  un débat scientifique. Ce débat qui permet à la science de progresser malgré les imperfections des humains, les pressions sociales et l'inertie conceptuelle.
C'est pourtant  majoritairement à ce type d'informations scientifiques que nos élèves sont confrontés !

Et qui leur apprendra à dé-vulgariser,  à se poser la question des conditions dans lesquelles les données ont été établies, discuter les hypothèse etc. ? Il faut bien que ce soit les enseignants de sciences ... ou voulons-nous compter sur le 20 minutes ? Ils ont un autre rôle disons.
Pour ma part je préfère tenter de donner aux élèves une certaine autonomie dans la validation de leurs connaissances.

Sources :

mercredi 20 février 2013

Le jour où… on sera tous dopés


Le jour où… on sera tous dopés

Lundi 25 février 2013 à 18h30
Au musée d'histoire des sciences


Le cas du cycliste Lance Armstrong n'a pas fini de défrayer la chronique. Il illustre peut-être plus que tout autre cette formidable ambigüité qui caractérise notre société. D'un côté nous voulons acclamer des sportifs capables d'exploits incroyables, d'enchaîner les records, et de l'autre, nous sommes prêts à vouer aux gémonies tous ceux qui trichent en faisant appel au dopage. Pourtant, les sportifs d'élite ne sont pas les seuls dans ce cas. Nous tous sommes bien souvent confrontés, tentés par l'aventure d'un dopage qui dit moins son nom. Dopage pour être plus performant au travail par exemple avec des produits qui nous semblent anodins, mais qui ont tout de même des impacts non négligeables sur notre santé. On pense par exemple aux boissons énergisantes très en vogue aujourd'hui. On peut aussi évoquer le dopage de son image sur les réseaux sociaux pour paraître plus que ce que l'on est vraiment. Parce que plus que jamais, la «normalité» prend le sens de banalité. Au fond, ne sommes-nous pas tous des dopés?

 
Avec la participation de
Annick Dubied
Professeure associée de sociologie à l'Université de Genève
Alexandre Mauron
Professeur de bioéthique à l'Université de Genève
Jean-Luc Veuthey
Professeur à la Section des sciences pharmaceutiques et vice-recteur de l'UNIGE


Animation

Pierre-Yves Frei, Journaliste scientifique

jeudi 31 janvier 2013

Mois du film documentaire du Muséum, du 2 au 27 février 2013

Bio-Tremplins vous propose ce festival :




h2eau: science et sport de l'extrême
Mois du film documentaire du Muséum, 9e édition
du 2 au 27 février 2013

Genève, 28 janvier 2013

Pour sa 9e édition, le Mois du film documentaire du Muséum met l'eau sous toutes ses formes à l'honneur. Du 2 au 27 février 2013, dans la salle de conférence du Muséum d'histoire naturelle de la Ville de Genève, 36 séances gratuites sont au programme pour découvrir une sélection de documentaires scientifiques et de dessins animés, mais aussi de films sur les sports de l'extrême. Ce programme aquatique a été concocté par le Muséum et le Service des sports de la Ville de Genève.

Durant la première quinzaine du Mois du film, le public est invité à désigner le film scientifique et le film sportif qu'il préfère. Les réalisatrices et réalisateurs lauréats recevront le Janus d'or, une statuette à l'effigie de la célèbre tortue à deux têtes du Muséum.

Samedi 2 février à 13h, pour marquer le lancement de l'édition 2013, William Winram, champion du monde de plongée en apnée, présente en avant-première mondiale ses rencontres extraordinaires avec les requins, en présence de M. Sami Kanaan, Conseiller administratif et de M. Jacques Ayer, Directeur du Muséum.

Entrée libre.

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dimanche 20 janvier 2013



La Drosera parait bien inoffensive pour une plante carnivore...

Beaucoup d'élèves s'imaginent qu'une plante carnivore se présente comme une bouche munie de dents terribles qui pourrait mettre en danger les enfants.


Fig 1: Gauche Une plante carnivore est imaginée souvent comme une bouche munie de dents terribles [img] source DoudzMat –Droite : On les craint capables de mettre en danger les humains (source Ina Holder)


On les imagine aussi cantonnées aux forêts tropicales,… Pourtant plantes carnivores sont assez fréquentes chez nous, notamment dans les tourbières où les insectes capturés permettent un apport de sels minéraux difficiles à extraire de ces milieux pauvres et acides. Notamment une espèce de Drosera (rotundifolia) qui ne paye pas de mine, et qu'on observe assez facilement dans nos contrées.

Fig 2 : Drosera rotundifolia s'observe notamment dans les tourbières de montagne [img] source Swiss-web-flora WSL


On découvre aussi sur ce site son nom français de Rossolis à feuilles rondes .

Une Drosera Australienne qui frappe plus vite que son ombre

Figure 1 Trap leaves of Drosera glanduligera.
Fig 3 : Drosera glanduligera ramène les proies au centre avec des "tentacules" très rapides [img] source Poppinga S., et al. (2012)


Des chercheurs (Poppinga S., et al. 2012) dans PLoS ONE ont observé une espèce sud-Australienne de Drosera (glanduligera) munie de "tentacules" atteignant 18 6-millimetre qui se rabattent vers le centre de la feuille en 75ms (c'est 4 fois plus rapide qu'un clin d'oeil) Video ici.

Fig3 : Les "tentacules" se rabattent en moins de 75 ms [img]. Source Poppinga S., et al. (2012)


Les chercheurs expliquent qu'au centre de la feuille des tentacules gluants attirent l'insecte en profondeur dans le pli de la feuille où l'insecte est digéré. Cela n'avait été observé qu'une fois dans la nature, aussi les chercheurs ont cultivé ces plantes en serre (Cf. youtube) pour les observer au microscope. Ces tentacules ne peuvent servir qu'une fois, mais sont produits en quelques jours.

La biologie du naturaliste n'est pas morte !

Pour une fois, ce n'est pas en compilant dans des bases de donnée des séquences ou d'autres formes de data biologiques que les données qui fondent cette recherche ont été obtenues... Il y a encore une place pour publier la biologie du naturaliste en 2012 !

Sources :

mercredi 2 janvier 2013

Le bouquetin est un mammifère donc endotherme ? …pas tout à fait !

Meilleurs vœux pour 2013 

Bio-Tremplins vous souhaite de savourer encore plus en 2013 la Saveur des savoirs (Astolfi 2008)  et de réussir à donner à vos élèves et étudiants le bonheur de comprendre le monde vivant, la satisfaction de voir "au-delà du sens commun" que la biologie peut donner. (Astolfi 2008)

Alors que plusieurs d'entre vous s'adonnent aux joies des sports d'hiver, puis rentrent se réchauffer au coin d'un feu dans un chalet certains animaux passent l'hiver dehors, par tous les temps. Comment ils y parviennent reste difficile à comprendre.

Le bouquetin est un mammifère endotherme ? Pas tout à fait, en hiver il se dore au soleil du matin 

Un article récent de Meier, C., (2012) dans le journal du Club Alpin ici ( intranet.pdf ) résume une recherche faite dans les alpes sur une vingtaine de bouquetins dont la température et le rythme cardiaque (indicateur du métabolisme) ont été suivis par télémétrie durant 2 ans.
boouquetin dans le froid
Fig 1: Bouquetin actif en hiver  [ img [ img ] Source : C: Morerod in Meier, C., (2012)

Les résultats suggèrent que ces mammifères abaissent leur température la nuit -économisant ainsi l'énergie - et la font remonter en se prélassant au soleil le matin avant d'entreprendre une activité physique. Ainsi ils ne sont pas complètement endothermes, puisque la chaleur solaire contribue de manière importante à ce réchauffement matinal. Le choix d'un emplacement protégé pour la nuit et proche d'un endroit ensoleillé leur permettrait de limiter l'intense consommation d'énergie nécessaire à faire remonter leur température corporelle. 
bouquetin au soleil
Fig 2: Bouquetin au soleil   [ img ] [ img ] Source : E. Huttenmoser  in Meier, C., (2012)

Les  mesures 

10 mâles et 10 femelles de Capra ibex ibex ( Position taxonomique Uniprot ) ( Répartition sur Fauna Europea ) ( Répartition en Suisse sur CSCF ) ont été équipés de colliers télémétriques et d'une sonde introduite dans le rumen (un cylindre de 22 × 80 mm, 100 g) indiquant la température et la pulsation cardiaque (un accéléromètre détecte les mouvements du coeur proche). Ces données sont transmises par radio à des stations de mesure.

Durant 2 ans 2007-2009 les chercheurs  (Signer, C., Ruf, T., & Arnold, W., 2011) ont pu suivre ces animaux. Ils ont aussi enregistré la température, le vent et une mesure qui intègre la température ambiant et le rayonnement solaire, la BBT ( black bulb temperature ) dans des sites où les bouquetins sont souvent. Ils ont suivi visuellement ces animaux et estimé des caractéristiques anatomiques (corpulence, visibilité des os) reflétant leurs réserves corporelles selon une échelle standardisée et validée.
Le pouls a donné une mesure du métabolisme, et la température corporelle a pu être mise en rapport avec l'intensité du rayonnement solaire et le froid, l'activité physique pour étudier leur métabolisme. 

Les bouquetins fonctionnent différemment en hiver


Les auteurs font un intéressant Review des stratégies pour passer la mauvaise saison au début  de leur article. ( Comment  Obtenir un article : Get-a-doi ).
Selon les auteurs, les bouquetins n'hibernent pas notamment parce que cela empêche les processus de fermentation des ruminants.

Ils proposent un graphique du réchauffement horaire de la température corporelle le matin qui montre bien un fonctionnement métabolique différent en hiver et en été (cf. fig 4).

La figure 4 n'est disponible qu'en intranet Fig. 4: Variation de la température corporelle horaire durant la phase de réchauffement matinal selon la BBT [ img Source : Signer, C., Ruf, T., & Arnold, W. (2011)


Signer et al, indiquent que les variations du pouls et donc de métabolisme sont systématiquement plus basses en hiver qu'en été : le max. d'hiver est 60% plus bas que le min.  de l'été (cf fig. 5). La température ambiante et les autres conditions extérieures n'expliquent que 40%  de ces différences.  L'amplitude des variations de température corporelle (rumen, Tr) est presque double l'hiver, surtout due à un refroidissement nocturne (cf. fig. 5). La baisse de métabolisme n'a que peu d'effets sur la température, indiquant une très bonne isolation thermique.
"Our finding that ibex substantially down-regulate endogenous heat production without excessive cooling by ‘hitch-hiking’ on exogenous heat supplies solves this enigma. While basking is a well-known mechanism by which hibernators and daily heterotherms facilitate arousal from torpor, its importance for large mammals seems underappreciated. It may well be a common reptilian heritage of mammals in general, enabling a thrifty use of body reserves and survival during periods of negative energy budgets. " Signer, C., Ruf, T., & Arnold, W. (2011)
Ils montrent que le réchauffement matinal est indépendant du pouls et se produit avec un décalage par rapport à la chaleur solaire (BBT) suggérant que les animaux se déplacent vers des points ensoleillés proches pour profiter du réchauffement passif.
Pour les auteurs, les bénéfices énergétiques  de se prélasser au soleil ( Basking ) explique la variation saisonnière forte du pouls matinal (~ métabolisme), et cette stratégie partiellement ectothermique combinée avec un métabolisme réduit la nuit permet d'optimiser l'utilisation des réserves de graisses de l'animal malgré l'absence quasi totale de nourriture l'hiver.
Ils suggèrent que cet hypométabolisme et ce réchauffement passif pourraient être d'importance pour de nombreux animaux qui n'hibernent pas dans des habitats aux conditions saisonnières fortement contrastées.

La figure 5 n'est disponible qu'en intranet Fig. 5. à droite. Mesures horaires du pouls au repos (HR) , de la température du rumen (Tr), de l'activité locomotice (LA) et de la chaleur solaire (BBT). [ img ] Source : Signer, C., Ruf, T., & Arnold, W. (2011)

Le pelage de l'ours canalise la lumière et lui permet de récupérer  de la chaleur, le bouquetin aussi ?

Des travaux anciens avaient suggéré que le pelage clair de l'ours polaire conduisait la lumière en profondeur lui permettant de transférer un peu de chaleur jusqu'à la peau (près de 10°C quand même) et peut-être de s'orienter.
Tributsch, H.,et al. (1990). ( Comment  Obtenir un article : Get-a-doi ).
Une recherche rapide n'a pas mis en évidence de travaux confirmant que le pelage du Bouquetin serait aussi capable de conduire la chaleur en profondeur vers la peau tout en isolant de l'air froid et du vent. pourtant les poils blancs parmi les poils plus foncés pourraient être efficaces sur ce plan ?
Une piste a poursuivre… n'hésitez pas à m'indiquer des sources le cas échéant, je mettrai a jour dans le Blog Bio-Tremplins.


Un mammifère poïkilotherme et ectotherme !

Ces résultats conduisent à mettre en perspective les clés de répartition, tableaux que nos élèves apprennent où les mammifère sont homéothermes et endothermes (p.ex. ici ). Signer et al. concluent d'ailleurs avec une perspective évolutive :
It may well be a common reptilian heritage of mammals in general, enabling a thrifty use of body reserves and survival during periods of negative energy budgets.
L'évocation d'un héritage mêlé contraste avec la vision dichotomique des clés de déterminations qu'on aime tant dans les classes : une espèce est  ou n'est pas mammifère. C'est évidemment plus facile à corriger et à apprendre, cela rassure les élèves et les parents.  Mais cette vision statique du vivant renforce involontairement les conceptions créationnistes...
Alors que mettre en évidence  les possibles héritages reptiliens ( il fait référence à une classification dépassée, relèveront les puristes )  chez les mammifères à aide à voir le vivant comme en évolution continue.

Sources :

  • Astolfi, J. P. (2008). La saveur des savoirs. Disciplines et plaisir d'apprendre. Paris: ESF.
  • Meier, C., (2012). Se délasser au soleil pour survivre. Les Alpes , 11,2012. pp. 26-27 ici ( extraits intranet.pdf )
  • Signer, C., Ruf, T., & Arnold, W. (2011). Hypometabolism and basking: the strategies of Alpine ibex to endure harsh over-wintering conditions. Functional Ecology , 25 (3), 537–547. doi: 10.1111/j.1365-2435.2010.01806.x ( extraits-intranet.pdf )
  • Tributsch, H., Goslowsky, H., Küppers, U., & Wetzel, H. (1990). Light collection and solar sensing through the polar bear pelt. Solar Energy Materials, 21(2–3), 219‑236. doi: 10.1016/0165-1633(90)90056-7

La plateforme  
Expériment@l   offre aux enseignants de science genevois l'accès à tous ces articles et à près de 25'000 revues scientifiques  :
Comment  Obtenir un article : Get-a-doi http://tecfa.unige.ch/perso/lombardf/projets/experimental/images/logo-experimental-sml.jpg

mardi 11 décembre 2012

Les Suisses d'avant la Suisse

Sur la base des travaux de chercheurs de l’Université de Genève et illustré magnifiquement (André Houot) à partir d'un ouvrage récent d'Alain Gallay la revue Campus a rassemblé un dossier avec des articles retracent l'histoire des humains en Suisse.  Au passage le mythe de la culture de l'Ours est débusqué, et l'origine des pierres du Niton illustrée
Un beau cadeau pour noël : «Des Alpes au Léman, Images de la préhistoire», textes réunis par Alain gallay, Infolios éditions, 2008 (2e édition) et



couv

Fig 1: Les Suisses d'avant la Suisse [img] source Campus, Unige
Même si dans la perspective de l'évolution c'est très récent, l'ancrage local de ces images et textes pourrait aider les élèves à prendre conscience des durées…  et de la réalité de l'évolution humaine voire celle du climat.

Voir Veyrier il y a 13'000 ans (cf Fig. 2) peut aider à évoquer la notion de climax en écologie et mesurer l'ampleur de l’intervention humaine sur le paysage
Veyrier (Etrembières, Haute-Savoie), vers 13 000 av.
              J.-C., avec vue sur la région genevoise et le Jura. Fig 2: Veyrier (Etrembières, Haute-Savoie), vers 13 000 av. J.-C., avec vue sur la région genevoise et le Jura. [img] source «Des Alpes au Léman, Images de la préhistoire», textes réunis par Alain gallay, Infolios éditions, 2008 (2e édition)

Voir Corsier-Port  il y a 3'000 ans environ (cf Fig. 3) peut susciter des discussions sur l'auto-épuration, le changement climatique, et l'évolution biologique et culturelle.

Discuter de l'équipement de ötzi et comparer aux Soft-shell et autres Gore-Tex peut être une entrée en matière sur les revêtements des vertébrés (on dit les phanères, non ?)

Sources :

  •  Service de Presse Unige,  Les Suisses d'avant la Suisse Campus N° 111: décembre 2012-janvier 2013  PDF (7 124 Ko,)
  •  «Des Alpes au Léman, Images de la préhistoire», textes réunis par Alain Gallay, Infolios éditions, 2008 (2e édition)

Aussi rare que les dents des poules ?






poules
Fig 1: Les poules ont encore des gènes pour faire des dents, mais ne les expriment pas  [ img ] source :British Dental Journal 200, 187 (2006) 


Un article récent  dans le Britishg Dental Journal ( ici ) suggère que les poules ne sont pas bien loin d'avoir des dents
" Despite the fact that birds last possessed teeth about 70-80 million years ago, the researchers found that modern birds retain the ability to make teeth. The scientists showed that the talpid2 strain of chicken harbours a genetic change that permits tooth formation in both the upper and lower jaw of embryonic birds. These teeth show similar developmental position as mammalian teeth and are associated with similar molecular instructions."



Fig 1: Les poules ont encore des gènes pour faire des dents, mais ne les expriment pas  [ img ] source:British Dental Journal 200, 187 (2006) 

Un article récent  dans le Britishg Dental Journal ( ici ) suggère que les poules ne sont pas bien loin d'avoir des dents
" Despite the fact that birds last possessed teeth about 70-80 million years ago, the researchers found that modern birds retain the ability to make teeth. The scientists showed that the talpid2 strain of chicken harbours a genetic change that permits tooth formation in both the upper and lower jaw of embryonic birds. These teeth show similar developmental position as mammalian teeth and are associated with similar molecular instructions."

Effectivement un lecteur précise dans Nature que 
 "it is possible to experimentally induce teeth in chicks. The expression 'Rare as hens' teeth' is justified by the rarity of their appearance."

et renvoie à Kollar E J, Fisher L. (1980)
presque une dent
          Well-developedtootharisingfromkeratinizingandglandular
          epithelium.Thiscombinationconsistedofmolarmesenchymeisolatedfroma16-dayembryonicmouseandthepharyngealarchepitheliumfrom
          a5-daychickembryo (x45)
Fig 1: On peut induire l'expression des gènes des dents selon cette expérience  [ img ] source :Kollar E J, Fisher L. (1980)  

Il semble que c'en est resté là et quand même assez loin du jour ou les poules auront des dents…

C'est le thème qui introduit un magnifique débat au musée d'histoire des sciences sur la manière dont les médias traitent les informations que les chercheurs produisent.  Cf aussi Bio-Tremplins du 23 septembre 2010  La percolation des découvertes scientifiques dans la presse.


Le jour où… les poules auront des dents

 
Lundi 17 décembre 2012 à 18h30
Au musée d’histoire des sciences

Des poules avec des dents ? Ce fut fait – une fois - dans les années 80, en hybridant des fœtus de poule avec des gènes de souris… Personne n’a recommencé depuis. Jurassic park c’était super, c’était du cinéma… Mais en son temps certains scientifiques ont laissé entendre que ce n’était pas impossible. Tout serait question de conservation de l’ADN. Encore aujourd’hui on entend parler de faire revivre des mammouths, voire des dinosaures. Techniquement la «  régression » génétique pourrait peut-être le permettre. Mais la question demeurera sans doute : « Comment peut-on être mammouth ? »

On nous a aussi raconté que les mammouths étaient roux ; que nenni ils auraient eu le poil noir. Que Néanderthal n’était en aucun cas   « métissable » avec sapiens ; puis que les humains actuels auraient 4 % de leurs gènes et qu’il a dû se passer des trucs entre eux…En fait qu’en est-il de ces affirmations que se permettent parfois les savants au nom de la science ? Bien vite relayées par les médias. Parlons en sereinement ce 17 décembre.

 

PS . : un petit Père Noël éprouvette, ça vous tente ?
 
Avec la participation de:
M. Bruno J. Strasser , Historien des sciences, professeur à l'Université de Genève
Mme Ariane Giacobino , Cheffe de clinique scientifique
M. Marc Atallah, Directeur de la Maison d'ailleurs à Yverdon
M. Philipp Alexander Blum, Maître d'enseignement et de recherche Université de Lausanne
Animation :
Christophe Moreau, Épistémologue


Plus d'informations sur l'activité de Bancs publics http://www.bancspublics.ch

Sources :

  • Hen’s teeth. (2006). British Dental Journal , 200 (4), 187‑187. doi:10.1038/sj.bdj.4813335
  • Kollar E J, Fisher L. (1980)  Tooth induction in chick epithelium: expression of quiescent genes for enamel synthesis . Science 1980 ; 207 : 993–995. |  Article  |  PubMed | . Intranet.pdf

jeudi 22 novembre 2012

Les rêves en sciences: leur rôle, l’histoire de leur étude 28 nov 12h CMU

Cette conférence promet d'être passionnante :
Mercredi 28 novembre de 12h à 13h30  Centre médical universitaire, bloc B, 7e étage, salle 7001

Les rêves en sciences: leur rôle, l'histoire de leur étude


Fig 1: Le rêve …  [img] source: Unige
Des départements de la Faculté de médecine s'associent pour organiser un cycle de conférences, sous forme de regards croisés entre sciences humaines et neurosciences. Quatre conférences, chacune animée par deux chercheurs, un «humaniste» et un neurologue, auront lieu au Centre médical universitaire (CMU). La première se déroulera le mercredi 28 novembre prochain, les suivantes auront lieu en 2013.
Le fonctionnement du cerveau a de tout temps questionné de multiples disciplines et constitue un terrain privilégié d'interactions entre sciences humaines, expérimentales et cliniques. Si les problématiques sont souvent communes, les disciplines les investissent à partir de systèmes de pensée et de références différents. Ce cycle de conférences est ainsi conçu comme un laboratoire de réflexion autour de quelques questions qui se prêtent particulièrement au dialogue interdisciplinaire.
Une approche originale a été mise au point pour ces conférences. Les intervenants sont invités à ne pas préparer une présentation sur le thème abordé, comme ils en ont l'habitude, mais à découvrir peu avant la conférence les écrits de leur interlocuteur provenant d'une autre discipline. Les organisateurs veulent ainsi pousser les conférenciers à interagir et à réagir aux textes qu'ils ont lus et qui traitent de leur sujet de spécialisation mais selon une approche inhabituelle.
La conférence du 28 novembre réunira Sophie Schwartz (professeure au Département de neurosciences fondamentales, UNIGE) et Jacqueline Carroy (directrice d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris) autour du thème du rêve. Sophie Schwartz étudie le lien entre les variations des états du cerveau, notamment durant le sommeil et les maladies psychiatriques. Elle a publié de nombreux articles à ce sujet et précisément sur le rôle du rêve dans la régulation de l'humeur. Historienne, Jacqueline Carroy étudie l'histoire des sciences de l'homme. Elle vient de publier aux éditions EHESS un livre intitulé Nuits savantes, une histoire des rêves (1800-1945), qui traite de la manière dont les rêves sont devenus un objet d'étude scientifique. Après avoir confronté leurs points de vue les deux conférencières ouvriront la discussion au public.

Rêves, dans le cadre du cycle "Laboratoire Neuro/ Sciences humaines"
Centre médical universitaire, bloc B, 7e étage, salle 7001
Mercredi 28 novembre de 12h à 13h30

mardi 13 novembre 2012

Conférence sur la diversité génétique et les origine des Européens 15-16 janvier

La  diversité génétique et les origine des Européens: une conférence pour faire le point

Prof. Alicia Sanchez-Mazas du Laboratoire d'anthropologie, génétique et peuplements (AGP) à l'unige nous fait l'honneur de proposer cette conférence aux membres de Bio-Tremplins :

I have the pleasure to announce the following conference on the genetic diversity and origins of Europeans that will be held in Geneva, Switzerland, on 15-16 January 2013:  http://ua.unige.ch/originsofeuropeans/

Bien qu'elle soit organisée par et pour les chercheurs, cette conférence peut être une belle occasion pour des enseignants, des didacticiens, des formateurs etc. de sentir la dynamique de la science qui débat, qui arrive à un consensus ou qui discute âprement.
Et aussi de se tenir au courant de l'état des connaissances sur cette question des origines qui interpelle toujours les élèves, et sur laquelle les enseignants sont régulièrement interrogés…

Si vous pouvez vous libérer le 15-16 janvier … ce sera aussi l'occasion de ces précieux contacts informels lors de pauses  qui sont le sel des conférences...


Fig 1: le site de la conférence. source http://ua.unige.ch/originsofeuropeans/


Registration is now open. Please disseminate this information to your colleagues and other potentially interested people

vendredi 2 novembre 2012

OneZoom pour situer l'humain – par exemple - dans le vivant


Un arbre du vivant interactif et à jour

La recherche  produit des données magnifiques qui sont de plus en plus souvent  accessibles en classe par un simple accès internet.
UniProt nous offrait déjà Taxonomy qui permet de situer n'importe quelle espèce connue dans par sa position taxonomique. Par exemple :

Depuis peu une visualisation remarquable est disponible OneZoom  – d'inspiration  fractale (cf fig 1) ce qui correspond bien à la logique arborescente de nos classifications – et recense déjà plus de 5000 mammifères en permetant de naviguer d'une espèce à l'autre.
Les dates de séparation de chaque branche sont indiquées ainsi qu'un lien sur Wikipedia pour l'espèce concernée.

Fig 1: l'arbre de la vie illustré par OneZoom  [img] source   OneZoom

Un modèle de la réalité…

C'est une représentation moins exhaustive – pour le moment – que UniProt mais visuellement plus impressionnante et plus interactive. Il n'y a sans doute pas de modèle parfait mais des modèles adaptés au problème qu'on illustre (Cf. Bio-tremplins Rechercher le top-modèle pour expliquer la biologie ?). Ce modèle-ci est probablement meilleur pour mettre en évidence les proximités et distances, situer une espèce dans son contexte. Et pour montrer que l'homme a une place comme les autres parmi les espèces animales, puisque l'humain n'est pas présenté comme l'aboutissement au bout d'une longue ligne d'espèces, mais doit être trouvé au bout d'une des branches de l'arbre (cf fig 2). Probablement que plusieurs d'entre vous imagineront d'autres usages !
Sur le plan didactique il pourrait permettre de concevoir des activités où c'est l'élève qui trouve le positionnement d'une espèce, détermine la distance évolutive entre deux espèces. Le fait qu'il pilote lui-même la navigation (plutôt que de voir le maître le faire) fait certainement une différence dans ce qu'il apprend. Du moins si on a réussi à le munir d'une question qu'il a comprise et qu'il veut explorer.… Dans ce cas OneZoom peut aider à réaliser des activités où il veut trouver la réponse.


Fig 2: L'humain est trouvé en cherchant parmi les singes  [img] source OneZoom

Les bases de données : une nouvelle façon de faire de la biologie ? 

OneZoom reprend des données scientifiques produites par d'autres et les met en valeur et en rapport avec d'autres bases. Cette plus-value par la mise en relation des bases et leur traitement illustre bien une tendance en biologie : la production et la diffusion de savoir repose de plus en plus sur les bases de données  (Strasser, B. J., 2006) et bouscule – mais offre des opportunités pour – leur enseignement (Lombard, F. 2011).  Comment  Obtenir un article mentionné : Get-a-doi  
C'est ce que nous avons appelé la biologie BIST et pour laquelle des formations continues pour les enseignants de biologie ont été organisées avec Marie-Claude Blatter du SIB depuis plusieurs années à Genève ici.

OneZoom est présenté dans une vidéo ici

Fig 3: Présentation publique de OneZoom  [img] source OneZoom

Les publications et les sources: plus près de la biologie authentique ?

Ils tirent leurs données d'un article de Nature

Ils ont publié un article dans PLOS Biology qui est libre d'accès et qui me parait lisible pour un prof de bio :
Ils ont le projet de se connecter sur le projet  Tree Of Life tolweb.org pour visualiser l'ensemble du vivant.

Et la vulgarisation en français ?

Par exemple LeTemps fait un article sur OneZoom

Se situer dans l'arbre du vivant ou savoir en dessiner l'arbre ?

La pratique courante éprouvée et testée (…mais que disent les résultats des tests sur ce que les élèves retiennent  vraiment ? Probablement pas grand chose, même les enseignants : cf Quessada et al 2007 sur l'acceptation  de l'évolution)  aborde la classification en apprenant aux élèves à connaitre et savoir décrire un arbre du vivant ou au moins une partie de cet arbre. C'est donc très troublant quand cet arbre est modifié.

Savoir se situer dans un arbre qui est donné, sera peut-être une compétence utile dans un monde où les élèves auront accès à ces bases de données depuis leur smartphone et peut-être avec  un séquenceur de poche ou un scanner à code-barre ( cf Bio-tremplins d'avril 2010 Le code-barre pour la détermination en botanique ?)
Faut-il les préparer à ce monde ou à celui de Linné ?
:-)))
On peut réagir sur le blog Bio-Tremplins : la confrontation des idées les améliore en général, alors allez-y ! 

Sources :

  • Bininda-Emonds OR, Cardillo M, Jones KE, MacPhee RD, Beck RM, et al. (2007) The delayed rise of present-day mammals. Nature 446: 507–512.
  • Lombard, F. (2011). New opportunities for authenticity in a world of changing biology. In A. Yarden & G. S. Carvalho (Eds.), Authenticity in Biology Education: Benefits and Challenges (pp. 15-26). Braga Portugal: Universidade do Minho. Centro de Investigação em Estudos da Criança (CIEC).
  • http://www.OneZoom.org
  • Sillig, Lucia. (2012) Une carte routière pour le vivant. Le temps mercredi17 octobre 2012
  • Strasser, B. J. (2006). Collectionner ou expérimenter ?  Les bases de données bioinformatiques,  un nouveau lieu de production du savoir. Paris: Albin Michel.
  • Quessada, M., Munoz, F., & Clément, P. (2007). Les conceptions sur l'Evolution biologique d'enseignants du primaire et du secondaire de douze pays (Afrique, Europe et Moyen Orient) varient selon leur niveau d'Etude. Hedjerassi, N., Marquet, P., AREF, 1.
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Ou  Comment  Obtenir un article mentionné : Get-a-doi