mardi 30 avril 2013

17 mai 2e Journée internationale de célébration des plantes


http://unige.ch/presse/static/eflyer/Conf_Plantes.jpg

L'IMPORTANCE DES VÉGÉTAUX
2e Journée internationale de célébration des plantes
Vendredi 17 mai
Visites de laboratoires, 8h30-17h30, Sciences III
Visite du Jardin botanique,
18h-19h30, Jardin botanique
Partez à la découverte des sciences végétales à Genève! A l'occasion de la 2e Journée de célébration des plantes, des visites du Département de botanique et biologie végétale sont proposées comprenant une introduction aux enjeux de la recherche sur les végétaux, des ateliers et une visite de laboratoire. En soirée, ce sont les Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville qui invitent le public à une visite guidée.








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8h30-17h30 Au laboratoire de recherche
Durant la journée, le Département de botanique et biologie végétale
de l’Université de Genève ouvre ses portes.
Chaque visite (75 minutes) comprend:
• Introduction – les enjeux de la recherche sur les végétaux • Ateliers - «Nos domaines d’étude sous la loupe»
• Visite des laboratoires

Inscription préalable par e-mail (Nicolas.Szydlowski@unige.ch) ou par téléphone 022-3793128. Les visites commencent à 8h30, 10h, 11h30, 13h15, 14h45 et 16h15. www.unige.ch/sciences/biologie/biveg/
18h-19h30 Visite du Jardin botanique
En compagnie de deux guides, sur inscription au préalable par téléphone au 022-4185100 ou par e-mail (visites.cjb@ville-ge.ch). Rendez-vous au pavillon d’accueil place Albert-Thomas. http://ville-ge.ch/cjb/

mercredi 24 avril 2013

Le défaut des yeux qui permet de voir mieux… la profondeur

Les araignées sauteuses chassent à vue avec deux yeux principaux performants qui ont une structure assez particulière composée de 4 couches. L'on pensait que cela leur permettait de produire une image nette depuis 3 cm — ∞ sans mécanisme d'accommodation. Ce qu'une étude récente montre est bien plus surprenant : l'aberration chromatique produirait un flou différencié en profondeur qui permet leur perception de la distance ! Il se trouve que la perception de la profondeur repose chez ces araignées sur la lumière verte, et les chercheurs ont pu produire un degré de flou différent en éclairant des mouches avec une lumière rouge qui focalise à une profondeur différente dans la rétine. Les araignées ont alors raté leur cible en sautant 10% trop près.

Les araignées ne voient pas bien... sauf certaines !

En général les araignées ont une vision assez médiocre. Beaucoup chassent en "écoutant" les vibrations de leur toile avec les pattes. Elles ont plusieurs (généralement 8) yeux simples (plutôt que composés comme les insectes).

Pourtant les araignées sauteuses ou saltatrices chassent à vue et ont deux yeux principaux performants (cf Fig 1) dont la structure est similaire aux nôtres avec une lentille et une rétine.
sn-spiderjump.jpg
Fig 1: les araignées saltatrices ont deux yeux performants.  [ img ] source Youngsteadt, Elsa. (2012) Science/AAAS.

Blest, A. D., et al. (1981) avait déjà déterminé que ces yeux antérieurs médians (AM) ont une structure assez particulière chez les salticidés , composée de 4 couches, et de deux types de photorécepteurs ("verts" sensibles autour de 520 nm, et "ultraviolet" (UV) avec une sensibilité max vers 360 nm). La distance entre les couches correspond à l'aberration chromatique de la lentille équivalente (indice de réfraction 1.4): si la lumière verte d'un objet est focalisée  sur la couche I (proximale), les UV seront focalisés sur la couche IV (et III), distales.  Cf le wiki Evergreen Spiders and scorpions"
A diagram of the anterior median eye
Fig 2: les araignées saltatrices ont deux yeux performants.  [ img ] source Evergreen edu  ici 


Il n'y a pas de mécanisme d’accommodation par déplacement ou modification du cristallin, mais une structure en escalier de la couche I qui permet selon Blest de produire une image nette depuis 3 cm — ∞, avec un mouvement de balayage des rétines.

L'aberration chromatique

L'aberration chromatique découle du fait que les rayons lumineux sont déviés différemment (les violets et bleus plus que les rouges)  lors du changement d'indice de réfraction sur les faces des lentilles .
En optique géométrique, l'aberration chromatique
            désigne une aberration optique qui produit une image floue
            et aux contours irisés.
Fig 3 : Les rayons lumineux sont déviés différemment selon leur couleur (longueur d'onde). Donc un contraste noir-blanc produit une image avec un liseré coloré    [ img ] source : http://www.aucoeurdelaplanete.com


aberration
          cromatique produit des franges irisées
Fig 4 L'aberration chromatique produit des défauts en photographie : cf les franges bleues et rouges sur cette image Les objectifs sont en général corrigés.  [ img ] sourcehttp://tpe-microscopie.byethost15.com

Une erreur optique que l'araignée utilise pour déterminer la distance de ses proies

Ce qu'une étude récente (Nagata, T.,et al. (2012) montre est bien plus surprenant : cette aberration chromatique serait la base de leur perception de la distance ( profondeur optique) !  En effet si l'image d'un objet est nette sur une couche de la rétine, il est flou sur une autre.  Cela parait être un défaut, mais en fait permet de mesurer la distance à laquelle se trouve l'objet !
Les chercheurs ont montré que la perception de la distance se fait dans les couches I et II qui sont sensibles au vert :  Nagata, T.,et al. (2012) montrent que c'est justement le degré de flou sur la couche II qui détermine la distance (Cf figure 5).
Puisque la perception de la profondeur repose sur la lumière verte, et les chercheurs ont pu produire un degré de flou différent en éclairant avec une lumière rouge qui focalise à une profondeur différente dans la rétine.


Fig 5: Un objet net en lumière verte sur une des couches de la rétine est flou dans une autre couche. En éclairant en rouge la scène les chercheurs conduisent les araignées à sauter systématiquement trop près  [ img ] source Science/AAAS


Ainsi éclairer avec une lumière rouge fait sauter les araignées systématiquement trop près de 10% environ. Cf la vidéo ici  3-D Vision for Tiny Eyes

De l'utilité d'un handicap ?

Pour Duane Harland, une spécialiste de la vision des araignées en Nouvelle-Zélande,  ces résultats expliquent l'utilité d'une image floue sur la rétine, mais montrent qu'un animal d'un demi-centimètre de long avec un cerveau plus petit que celui d'une mouche peut gérer une information visuelle complexe pour agir avec efficacité.  Comment ces araignées traitent l'information est encore un mystère.

Fig 6: Une araignée sauteuse genevoise qui a bien voulu s'abstenir de me sauter dans l'objectif (peut-être que le stage au frigo que je lui ai imposé a aidé à la convaincre ?) [ img ] source F.Lombard

Encore une fois la diversité que certains auraient envie d'appeler "défauts" a permis une adaptation remarquable... A quand l'autofocus adapté des salticides.


Sources :

La plateforme   Expériment@l   vous offre l'accès a ces articles Comment  Obtenir un article mentionné : Get-a-doi

mercredi 10 avril 2013

Mini-colloque de didactique de la biologie: Investigation et apprentissage scientifique


C'est gênant :  Ce colloque et cette conférence peuvent intéresser certains d'entre vous. mais d'habitude je diffuse  des informations concernant d'autres personnes !
C'est plus facile d'émettre des jugements positifs sur les autres. Disons que si je pensais que c'est mauvais je ne le ferais pas et que c'est mon collègue qui m'a poussé à présenter. Parce que ces résultats pourraient être utiles à ceux qui voudraient optimiser ou repenser leur enseignement en science - notamment en biologie. Et parce que les projets des étudiants sont généralement très intéressants.




Mini-colloque de didactique de la biologie:
Investigation et apprentissage scientifique Mercredi 17 avril 2013

La démarche d’investigation apparaît depuis plusieurs années dans les plans d’études de sciences. Elle cherche à impliquer les élèves dans l’apprentissage scientifique, à stimuler leur esprit de recherche critique et à développer chez eux des compétences de résolution de problèmes.
Comment mettre en œuvre de telles approches en classe ? Quels paramètres observer pour conduire les leçons ? Comment gérer l’autonomie des élèves tout en assurant des apprentissages d’un bon
niveau ? Peut-on couvrir le programme sans imposer les questions et étouffer la curiosité des élèves ?


Conférence d’ouverture: L'investigation : comment développer des connaissances scientifiques entre guidage nécessaire et autonomie de l'élève ?
François Lombard 8h30 – 10h, Science II salle A50-B

François Lombard est enseignant de biologie au Collège de Genève, chercheur à TECFA et chargé d’enseignement à l’IUFE. Il a récemment soutenu une thèse en Sciences de l’Education sur le thème de l’investigation en biologie.
Présentation publique des projets des étudiants 10h30 – 12h , science II salle A50-B 13h30 - 17h, salle A50-A
Après la conférence d’ouverture, les étudiants de 1ère et de 2e année présentent leur projets réalisés dans le cadre des ateliers de didactique de la biologie.
Cette présentation intervient dans la validation de l’atelier.

Tous les détails sur http://doiop.com/didabio13
Organisation: R. Kopp et F. Lombard
Formation des Enseignants du secondaire
INSTITUT UNIVERSITAIRE DE FORMATION DES ENSEIGNANTS


Lombard, F. (2012). Conception et analyse de dispositifs d’investigation en biologie : comment conjuguer autonomie dans la validation scientifique, approfondissement conceptuel dans le paradigme et couverture curriculaire ? Doctorat, Université de Genève, Genève. |disponible par l'archive ouverte de l'UniGE|version-écran

mercredi 27 mars 2013

Planet Solar : une opportunité pour nos élèves

Si ce message ne s'affiche pas correctement, cliquez ici >>
Le catamaran MS Tûranor PlanetSolar qui a accompli le premier tour du monde propulsé uniquement par l'énergie solaire se prépare à reprendre la mer. A son bord, montera cette fois une équipe de chercheuses et chercheurs de l'UNIGE avec pour mission la récolte de données physiques et biologiques le long du Gulf Stream. Ces mesures devraient permettre de mieux caractériser les échanges entre océans et atmosphère et apporter une meilleure compréhension de ce courant océanique critique pour la régulation du climat.
Cette aventure scientifique, baptisée PlanetSolar DeepWater Expedition, est une formidable occasion d'aborder la science par le biais de l'actualité et de sensibiliser les jeunes à la complexité des changements climatiques.
Autour de cette expédition, l'UNIGE vous offre la possibilité de participer à des échanges entre élèves et scientifiques. Pour profiter au mieux de ces échanges, vous traiterez par vous-mêmes. Puis, vous accueillerez, dans votre classe ou dans votre établissement, un-e spécialiste du thème que vous aurez choisi.
Thèmes à choix:
  • Le climat et les changements climatiques globaux
  • L'effet de seuil et son rôle dans le climat
  • L'énergie solaire
  • Le cycle de l'eau
  • Les aérosols atmosphériques
  • Les lasers
  • Les ondes
  • La poussée d'Archimède
  • L'océanographie: interaction entre courants marins, biologie et climat
  • La démarche scientifique

mercredi 6 mars 2013

La semaine du cerveau : un rendez-vous avec la saveur des savoirs !


La semaine du cerveau : la saveur de la recherche offerte !

La semaine du cerveau propose chaque année des conférences tout à fait remarquables : de très bon niveau mais accessibles à un public large.

Elles sont l'occasion  de mettre à jour les connaissances, d'une part cela permet d'actualiser ce qui est enseigné en classe ( on y enseigne encore souvent la carte des goûts dépassée et inexacte cf Bio-tremplins 10 octobre 2012 La carte des goûts selon ses goûts… ). D'autre part c'est aussi étayer son fonds de connaissances pour les questions des élèves, et le recul dans les cours.
C'est aussi utile  pour prendre conscience de ces modifications plus subtiles de perspective (d'épistémologie pourrions-nous dire au risque de heurter certains): la biologie change ! et même assez vite... Les Bio-Tremplins tentent de vous tenir au courant, car la biologie est probablement la seule discipline scolaire où le changement de la discipline de référence implique des changements dans les enseignements secondaires. Par exemple quand j'ai fait mes études on ne connaissait pas la PCR , on n'avait séquencé qu'une protéine (l'insuline), et one était très perplexe sur les mécanismes du cancer... On ne disposait pas des images d'IRMf pour comprendre des phénomènes comme l'émotion ou les processus de décision,  l'écologie ne pouvait pas recourir au séquençage pour déterminer des espèces et on ne pouvait pas établir les parentés effectives en éthologie ou pour identifier si un mouton est abattu par un chien errant ou un  loup dans nos Alpes...

Changer les programmes ... vous n'y pensez pas !

S'il n'est évidemment pas question de changer les programmes comme ds girouettes au gré des tendances fluctuantes de la recherche... (genome-wide a été un buzzword très porteur qui semble déjà passer de mode, par exemple ), comment justifier d'ignorer  les tendances de fond ? Notamment une biologie de l'information (BIST) qui créée de plus en plus les savoirs par le traitement d'informations dans des banques de données. On assiste aussi à une redéfinition des limites entre la biologie et la psychologie et la philosophie... (Bio-Tremplins 17 septembre 2010 Imagerie cérébrale : faut-il repenser l'humain émotionnel ?).

Les neurones dans le plat

Cette année c'est autour de la table, du goût, des odeurs, des dépendances et des troubles du comportement alimentaire que des spécialistes de l'université de Genève nous proposent un menu alléchant, ... de quoi déguster la saveur des savoirs !

Allez-y !

Emmenez-y vos élèves, ou recommandez-leur chaudement ces conférences qui sont accessibles à des élèves du secondaire II et certains du secondaire I  !
Et simplement faites-vous plaisir !


Fig 1: Alimentation et cerveau cliquer pour accéder au site et aux informations complètes  source  UNIGE

Programme à imprimer  (pdf 1.3 MB)

Des conférences

A uni-dufour auditoire Piaget U600)


LUNDI 11 MARS
Faute de goût
MARDI 12 MARS
Sommes-nous tous nez égaux?
MERCREDI 13 MARS
De la gourmandis à l'addiction
JEUDI 14 MARS
Le cerveau au cœur de l'obésité
VENDREDI 15 MARS
Inévitables apprentissages: empreintes olfactives du début de vie

lundi 25 février 2013

L'ours abattu, les futurs citoyens et la Formation naturaliste

L'ignorance citadine de la nature… cause la peur ? 

Nos élèves – souvent citadins – ont souvent très peu d'occasions de développer une connaissance et un rapport sain à la nature.
Chacun a rencontré des jeunes de 18ans qui découvrent que la grenouille n'est pas le mâle du crapaud ni la chouette la femelle du hibou. Certains n'ont jamais examiné un bourgeon qui va s'ouvrir, une fleur sauvage ou ont une aversion généralisée pour les "ptites bêtes qui grouillent " insectes cloportes et araignées confondus- Ils n'ont d'expérience de la nature que celle labellisée, emballée, avec une traçabilité (parfois chevaline je sais ...) qu'on propose dans les supermarchés, les garden-centre, les magasins d'animaux domestiques.

.
 

Fig 1: Bourgeon de Charme s'ouvrant et prêt à s'ouvrir (marronier je crois).  source F.lombard

F. Terrasson (1997) développait l'idée que la peur de la nature est centrale dans notre rapport à l'environnement. Il renverse la perspective sur les réserves naturelles en montrant qu'elles servent surtout à protéger notre environnement humain des incursions de la nature effrayante plutôt que l'inverse... Il semble que dans les choix que nous faisons c'est surtout le rapport émotionnel à la nature qui compte plus que le niveau de formation académique. ( il me manque une référence pour étayer cela... je l'ai lu, mais je ne retrouve plus... merci de m'aider ? )

Un ours qui fait peur parce qu'il est (encore un peu) naturel ?


Fig2 : L'ours M13 avant qu'il soit abattu. [img] source Source : FERUS.fr
 

L 'Ours M13 abattu récemment aux Grisons parce qu'il s'approchait un peu trop des humains s'explique bien dans cette perspective de crainte du naturel... ( cf ici RTS et ici FERUS, et ici
ProNatura ). Nous ne sommes pas prêts a accueillir ce qui est différent... et donc le naturel.
Sans connaître nos écosystèmes, leur fonctionnements et leur évolution, sans avoir
un rapport à la nature basé sur un vécu personnel, peut-on dire que nos élèves sont bien préparés à voter et à décider dans un monde où la nature est de plus en plus menacée et les interférences réciproques de plus en plus fortes dans un territoire si exigu ?
Nos cours de biologie offrent encore la possibilité de leur donner un peu de ces connaissances et de ce vécu.

Enseignants, sommes-nous assez bien formés ?

Or, même si on est diplômé en biologie, il peut arriver qu'on se sente un peu démuni pour parler de la nature locale, et l'affronter avec un classe grouillante (!) et excitée… Il serait très regrettable que cette inquiétude fasse hésiter à emmener les élèves sur le terrain...
Alors formez-vous !
Une magnifique opportunité s'offre aux lecteurs romands. Je sais qu'une part importante du lectorat est répartie dans toute la francophonie, mais je suis sûr que nos lecteurs d'autres pays sauront trouver des organismes locaux pour se former.

Références

  • Terrasson, F. (1997). La peur de la nature: Sang de la terre.




Formation naturaliste 2013
Les sciences naturelles pour tous
Les outils du naturaliste enfin à la portée de tout le monde !
Trois associations se sont acoquinées avec malice pour proposer des cours de sciences naturelles pour tous : L' AAJB (l'Association des Amis du Jardin Botanique de Genève), ProNatura Genève et les Naturalistes Romands . Ces associations, à la vulgarisation joviale et pertinente, se partagent les domaines des sciences naturelles pour proposer une suite de cours pratiques : une formation naturaliste à la carte.
Aucun pré requis n'est demandé. Cette formation propose de maitriser très concrètement les différents outils du naturaliste (p.ex. clés d'identification de plantes) en favorisant l'apprentissage autodidacte. Bienvenue dans l'école des curieux!
Inscrivez-vous auprès de l'AAJB (ou éventuellement au 076 384 74 92)
Téléchargez le programme 2013

Traces et indices d'animaux

Jacques Morel
3 cours et 2 excursions
Tout animal vivant influence son environnement et y laisse des traces de son existence. Certaines nous échappent, nous pouvons en lire d’autres. Il s’agit en particulier des traces de pattes dans la boue, dans la neige comme des traces d’existence (nids, terriers), des traces laissées quand ils s’alimentent ou après la digestion (crottes, urine, pelotes de réjection).
Pour nous familiariser avec ce monde, nous examinerons ensemble des documents (littérature, images, moulages, objets modifiés) et nous irons sur le terrain en été et en hiver ; nous pourrons apprendre à faire des moulages en plâtre et peut-être avec d’autres matériaux. Donc, trois soirées à l’intérieur et deux journées partielles à l’extérieur.
Chacun pourra apporter son expérience personnelle et ses questions.
Cours 1 : mercredi 20 mars 18h30-21h
Cours 2 : mercredi 18 septembre 18h30-21h
Cours 3 : mercredi 13 novembre 18h30-21h
+ Deux excursions supplémentaires seront planifiées de concert avec les participants, l'une en avril/mai et l'autre en décembre 2013/janvier 2014.

Ornithologie

Laurent Vallotton (Ornithologue au Muséum d'histoire naturelle de la Ville de Genève)
8 cours sous forme d’excursions.
Ce cours d’ornithologie pratique, destiné à tous, est réparti sur l’année et s’articule essentiellement entre excursions et baguage d’oiseaux.
Il se clôturera par une visite des coulisses du Musée d’Histoire Naturelle de Genève.
Toutes ces sorties sont d’une journée.
Cours 1 : Baguage des Chouettes hulottes au pied du Jura vaudois - dimanche 7 avril
Cours 2 : Migrateurs aux marais de Sionnet GE - dimanche 5 mai
Cours 3 : Migration à Préverenges (îles aux oiseaux) et guêpiers à Penthaz VD - dimanche 2 juin
Cours 4 : Oiseaux de montagne au col de la Colombière F - dimanche 23 juin
Cours 5 : Baguage des migrateurs au col de Jaman VD - dimanche 13 octobre
Cours 6 : Visite des coulisses du Muséum de Genève - dimanche 17 novembre
Cours 7 : Exercices et révision des espèces vues aux sorties avec oiseaux taxidermisés (Muséum d'Histoire Naturelle de Genève) - dimanche 24 novembre
Cours 8 : Hivernants à la rade de Genève, à la réserve de la Pointe-à-la-Bise GE et à Excenevex F - dimanche 15 décembre
Tarifs : 120.- (membres) / 150.- (non-membres) / 90.- (étudiants)
Cours en partenariat avec le Museum d'Histoire Naturelle de la Ville de Genève

Botanique

Laurent Burgisser
6 cours et 2 excursions

Introduction à la botanique et à l’identification des plantes à fleurs. Le but de ce cours est la maîtrise des outils d’identification qu’utilisent les botanistes, en particulier la flore de la suisse, le fameux «Binz».
La botanique étant assez vaste, quelques divagations ne sont pas exclues, que ce soit sur le poil dru du bourdon, sur les mécanismes de pollinisation ou sur les origines de la pizza.
Tous les cours se déroulent au Conservatoire et Jardin botaniques de Genève.
Cours 1 : lundi 22 avril 18h30-21h
Cours 2 : lundi 29 avril 18h30-21h
Cours 3 : lundi 6 mai 18h30-21h
Cours 4 : lundi 13 mai 18h30-21h
Cours 5 : lundi 27 mai 18h30-21h
Cours 6 : lundi 3 juin 18h30-21h

+ Deux excursions supplémentaires seront planifiées de concert avec les participants.
Tarifs : 120.- (membres) / 150.- (non-membres) / 90.- (étudiants)

Poissons

Jean-François Rubin
3 cours et 1 excursion
Venez découvrir les poissons de notre région au travers de trois cours et d'une excursion.
Le premier cours portera sur les habitats : Quels sont les habitats favorables pour les poissons? Où vivent-ils ? De quelles conditions écologiques ont-ils besoin pour se développer ?
Le deuxième sur les espèces : Quelles sont les principales espèces de poissons que l'on rencontre dans notre région ? Comment les reconnait-on ? Quel est leur mode de vie ? Enfin, le dernier cours concernera la gestion : Comment gérer les espèces ? De quelles stratégies dispose-t-on ? Renaturation ou repeuplement, effets identiques ?
Pour terminer, une excursion le long du Boiron de Morges est prévue.

Tous les cours se déroulent à l'HEPIA , proche de la gare de Cornavin à Genève.
Cours 1 : mercredi 29 mai 18h30-20h
Cours 2 : mercredi 5 juin 18h30-20h
Cours 3 : mercredi 12 juin 18h30-20h
Excursion : samedi 15 juin 2013, 10h-15h, le long du Boiron à Morges
Tarifs : 70.- (membres, étudiants) / 100.- (non-membres)

Champignons


Jean-Jacques Roth & la Société mycologique de Genève

3 cours et 1 excursion


Destiné aux vrais et faux débutants, ce cours comprend un rappel des notions fondamentales, tout en approfondissant la connaissance de certains genres de champignons.
Toutes les séances comprennent une partie pratique d'identification, pendant laquelle les participants pourront s’exercer, en recevant une aide individualisée.
Tous les cours se déroulent au Conservatoire et Jardin botaniques de Genève .



Cours 1 : mardi 1er octobre 20h-22h
Cours 2 : mardi 8 octobre 20h-22h
Cours 3 : mardi 15 octobre 20h-22h
Excursion : samedi 19 octobre (après-midi)
Tarifs : 70.- (membres, étudiants) / 100.- (non-membres)

jeudi 21 février 2013

L'anorexie et l'hyperactivité liés ?

L'anorexie et l'hyperactivité liés ?

Une étude récente révèle – chez des souris - un lien entre l'anorexie et l'hyperactivité, et peut-être avec les mécanismes de la dépendance. Une voie métabolique commune ( NAc-5-HTR4/CART pathway)  établit un lien entre les deux phénomènes et le circuit de la récompense (Noyau accumbens). Les auteurs suggèrent que ce serait un mécanisme susceptible de limiter la suralimentation et l'inactivité après une période de privation.

L'article est accessibles ici. Comment  Obtenir un article mentionné : Get-a-doi

Dans une perspective éducative, pour comprendre les pertes inéluctables de la vulgarisation, nous étudierons comment le contexte dans lequel ces résultats ont été trouvés s'est perdu pour se restreindre progressivement à une affirmation réductrice : "L'hyperactivité des anorexiques n'est pas intentionnelle"

L'anorexie mentale ( il y a plusieurs autres formes d'anorexie, dont certaines sont des effets secondaires de traitements) est une maladie grave qui atteint un nombre important de jeunes filles adolescentes – 2% des adolescents (9 filles pour 1 garçon – elle est mortelle dans 10% des cas selon Lenoir, 2001 ). On a beaucoup évoqué l'influence de la mode sur l'augmentation de la fréquence constatée de ce grave trouble du comportement alimentaire.
La plupart des explications de ce trouble sont dans le registre du psychologique. Comme elle  est souvent associée à l'hyperactivité qu'on a donc souvent interprété comme un désir de maigrir et résultant de la volonté de la malade.
Des recherches récentes (Jean, A., et al. 2012) abordant la question sous un angle très différent, suggèrent une cause physiologique à cette hyperactivité, et un lien avec le circuit de la récompense.

Chez la souris ...

Cette étude a été réalisée avec des souris. Elles sont un modèle de la maladie : elles ont été sélectionnées parce qu'elles ont des mutations qui leur donnent un comportement et une physiologie qui a été considérée comme similaire à l'anorexie.  C'est ainsi qu'on procède parce qu'évidemment on veut pas faire des expériences sur les humains. Mais les résultats doivent être interprétés et mis en perspective... Je n'ai pas trouvé (mais je n'ai peut-être pas assez cherché) de discussion de leur pertinence à l'anorexie mentale en particulier. Or elle n'est pas évidente il me semble.

Pourtant Jean et al. argumentent bien en soulignant que l'anorexie et l'hyperactivité existent rarement indépendamment et que cela suggère des voies nerveuses communes, probablement dans le système de la récompense. Ils ont mis en évidence préalablement une facette addictive de l'anorexie qui active les mêmes transcriptions que la cocaïne, par exemple dans le noyau accumbens. (circuit de la récompense)
" production, in the nucleus accumbens (NAc), of the same transcripts stimulated in response to cocaine and amphetamine (CART) upon stimulation of the 5-HT4 receptors (5-HTR4) or MDMA (ecstasy)"
Ils ont alors testé si cette voie prédispose aussi à l'hyperactivité. En bloquant ou en surexprimant les molécules de cette voie, en présence d'ecstasy ou non ils montrent de manière convaincante la grande similitude des liens de l'anorexie et de l'hyperactivité avec le circuit de la récompense.
"In conclusion, the NAc-5-HTR4/CART pathway establishes a ‘tight-junction’ between anorexia and hyperactivity, suggesting the existence of a primary functional unit susceptible to limit overeating associated with resting following homeostasis rules." (Jean, A., et al. 2012)
Ils proposent une explication évolutive à ce surprenant mécanisme : il limiterait la suralimentation et l'inactivité après une période de privation alimentaire. Un mécanisme de plus dans la régulation déjà complexe du poids ?  

Tout cela est vrai ...Chez cette souris particulière, ce modèle de l'anorexie. Evidemment cela limite la portée des résultats, mais – vu la gravité d'une telle maladie et les limites des traitements actuels – c'est quand même beaucoup mieux d'avoir des résultats de portée à discuter que pas de résultats du tout !     Si on arrive à vivre avec des incertitudes délimitées...
Face a nos élèves si on veut classer cette recherche entre vrai et faux on est très ... limité !  

Fig 1: les mains d'un-e anorexique. [img] source  Allodocteurs.fr.


La vulgarisation transforme en affirmation les savoirs nuancés produits par la recherche ?

Dans la vulgarisation on retrouve le classique glissement depuis de discours scientifique pondéré discutant les hypothèses ("In conclusion, motor hyperactivity is anorexia-dependent upon activation of the NAc-5-HTR4/CART pathway." vers des conclusions simples et présentées comme des certitudes  "L'hyperactivité des anorexiques n'est pas intentionnelle"  p.ex. dans  allodocteurs.fr. C'est souvent plus marqué dans les texte de titres comme celui-là puisque le texte du "chapeau" est déjà moins affirmatif  "…Une étude de l'INSERM vient confirmer l'hypothèse selon laquelle les deux comportements seraient induits par un mécanisme biologique commun, au niveau moléculaire."

D'autres documents vulgarisés en français
Cette tendance dans la vulgarisation à évacuer les conditions dans lesquelles les résultats ont été obtenus – qui pourtant sont nécessaires pour mettre en perspective ces données – est classique. Une lecture rapide donne l'impression que ce résultat serait "scientifiquement prouvé"… L'incertitude et la nature hypothétique intrinsèque à la science sont évacués. Comme si un résultat était une vérité, comme si il n'allait pas y avoir vérification, contestation, bref  un débat scientifique. Ce débat qui permet à la science de progresser malgré les imperfections des humains, les pressions sociales et l'inertie conceptuelle.
C'est pourtant  majoritairement à ce type d'informations scientifiques que nos élèves sont confrontés !

Et qui leur apprendra à dé-vulgariser,  à se poser la question des conditions dans lesquelles les données ont été établies, discuter les hypothèse etc. ? Il faut bien que ce soit les enseignants de sciences ... ou voulons-nous compter sur le 20 minutes ? Ils ont un autre rôle disons.
Pour ma part je préfère tenter de donner aux élèves une certaine autonomie dans la validation de leurs connaissances.

Sources :

mercredi 20 février 2013

Le jour où… on sera tous dopés


Le jour où… on sera tous dopés

Lundi 25 février 2013 à 18h30
Au musée d'histoire des sciences


Le cas du cycliste Lance Armstrong n'a pas fini de défrayer la chronique. Il illustre peut-être plus que tout autre cette formidable ambigüité qui caractérise notre société. D'un côté nous voulons acclamer des sportifs capables d'exploits incroyables, d'enchaîner les records, et de l'autre, nous sommes prêts à vouer aux gémonies tous ceux qui trichent en faisant appel au dopage. Pourtant, les sportifs d'élite ne sont pas les seuls dans ce cas. Nous tous sommes bien souvent confrontés, tentés par l'aventure d'un dopage qui dit moins son nom. Dopage pour être plus performant au travail par exemple avec des produits qui nous semblent anodins, mais qui ont tout de même des impacts non négligeables sur notre santé. On pense par exemple aux boissons énergisantes très en vogue aujourd'hui. On peut aussi évoquer le dopage de son image sur les réseaux sociaux pour paraître plus que ce que l'on est vraiment. Parce que plus que jamais, la «normalité» prend le sens de banalité. Au fond, ne sommes-nous pas tous des dopés?

 
Avec la participation de
Annick Dubied
Professeure associée de sociologie à l'Université de Genève
Alexandre Mauron
Professeur de bioéthique à l'Université de Genève
Jean-Luc Veuthey
Professeur à la Section des sciences pharmaceutiques et vice-recteur de l'UNIGE


Animation

Pierre-Yves Frei, Journaliste scientifique

jeudi 31 janvier 2013

Mois du film documentaire du Muséum, du 2 au 27 février 2013

Bio-Tremplins vous propose ce festival :




h2eau: science et sport de l'extrême
Mois du film documentaire du Muséum, 9e édition
du 2 au 27 février 2013

Genève, 28 janvier 2013

Pour sa 9e édition, le Mois du film documentaire du Muséum met l'eau sous toutes ses formes à l'honneur. Du 2 au 27 février 2013, dans la salle de conférence du Muséum d'histoire naturelle de la Ville de Genève, 36 séances gratuites sont au programme pour découvrir une sélection de documentaires scientifiques et de dessins animés, mais aussi de films sur les sports de l'extrême. Ce programme aquatique a été concocté par le Muséum et le Service des sports de la Ville de Genève.

Durant la première quinzaine du Mois du film, le public est invité à désigner le film scientifique et le film sportif qu'il préfère. Les réalisatrices et réalisateurs lauréats recevront le Janus d'or, une statuette à l'effigie de la célèbre tortue à deux têtes du Muséum.

Samedi 2 février à 13h, pour marquer le lancement de l'édition 2013, William Winram, champion du monde de plongée en apnée, présente en avant-première mondiale ses rencontres extraordinaires avec les requins, en présence de M. Sami Kanaan, Conseiller administratif et de M. Jacques Ayer, Directeur du Muséum.

Entrée libre.

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dimanche 20 janvier 2013



La Drosera parait bien inoffensive pour une plante carnivore...

Beaucoup d'élèves s'imaginent qu'une plante carnivore se présente comme une bouche munie de dents terribles qui pourrait mettre en danger les enfants.


Fig 1: Gauche Une plante carnivore est imaginée souvent comme une bouche munie de dents terribles [img] source DoudzMat –Droite : On les craint capables de mettre en danger les humains (source Ina Holder)


On les imagine aussi cantonnées aux forêts tropicales,… Pourtant plantes carnivores sont assez fréquentes chez nous, notamment dans les tourbières où les insectes capturés permettent un apport de sels minéraux difficiles à extraire de ces milieux pauvres et acides. Notamment une espèce de Drosera (rotundifolia) qui ne paye pas de mine, et qu'on observe assez facilement dans nos contrées.

Fig 2 : Drosera rotundifolia s'observe notamment dans les tourbières de montagne [img] source Swiss-web-flora WSL


On découvre aussi sur ce site son nom français de Rossolis à feuilles rondes .

Une Drosera Australienne qui frappe plus vite que son ombre

Figure 1 Trap leaves of Drosera glanduligera.
Fig 3 : Drosera glanduligera ramène les proies au centre avec des "tentacules" très rapides [img] source Poppinga S., et al. (2012)


Des chercheurs (Poppinga S., et al. 2012) dans PLoS ONE ont observé une espèce sud-Australienne de Drosera (glanduligera) munie de "tentacules" atteignant 18 6-millimetre qui se rabattent vers le centre de la feuille en 75ms (c'est 4 fois plus rapide qu'un clin d'oeil) Video ici.

Fig3 : Les "tentacules" se rabattent en moins de 75 ms [img]. Source Poppinga S., et al. (2012)


Les chercheurs expliquent qu'au centre de la feuille des tentacules gluants attirent l'insecte en profondeur dans le pli de la feuille où l'insecte est digéré. Cela n'avait été observé qu'une fois dans la nature, aussi les chercheurs ont cultivé ces plantes en serre (Cf. youtube) pour les observer au microscope. Ces tentacules ne peuvent servir qu'une fois, mais sont produits en quelques jours.

La biologie du naturaliste n'est pas morte !

Pour une fois, ce n'est pas en compilant dans des bases de donnée des séquences ou d'autres formes de data biologiques que les données qui fondent cette recherche ont été obtenues... Il y a encore une place pour publier la biologie du naturaliste en 2012 !

Sources :

mercredi 2 janvier 2013

Le bouquetin est un mammifère donc endotherme ? …pas tout à fait !

Meilleurs vœux pour 2013 

Bio-Tremplins vous souhaite de savourer encore plus en 2013 la Saveur des savoirs (Astolfi 2008)  et de réussir à donner à vos élèves et étudiants le bonheur de comprendre le monde vivant, la satisfaction de voir "au-delà du sens commun" que la biologie peut donner. (Astolfi 2008)

Alors que plusieurs d'entre vous s'adonnent aux joies des sports d'hiver, puis rentrent se réchauffer au coin d'un feu dans un chalet certains animaux passent l'hiver dehors, par tous les temps. Comment ils y parviennent reste difficile à comprendre.

Le bouquetin est un mammifère endotherme ? Pas tout à fait, en hiver il se dore au soleil du matin 

Un article récent de Meier, C., (2012) dans le journal du Club Alpin ici ( intranet.pdf ) résume une recherche faite dans les alpes sur une vingtaine de bouquetins dont la température et le rythme cardiaque (indicateur du métabolisme) ont été suivis par télémétrie durant 2 ans.
boouquetin dans le froid
Fig 1: Bouquetin actif en hiver  [ img ]  [ img ] Source : C: Morerod in Meier, C., (2012)

Les résultats suggèrent que ces mammifères abaissent leur température la nuit -économisant ainsi l'énergie - et la font remonter en se prélassant au soleil le matin avant d'entreprendre une activité physique. Ainsi ils ne sont pas complètement endothermes, puisque la chaleur solaire contribue de manière importante à ce réchauffement matinal. Le choix d'un emplacement protégé pour la nuit et proche d'un endroit ensoleillé leur permettrait de limiter l'intense consommation d'énergie nécessaire à faire remonter leur température corporelle. 
bouquetin au soleil
Fig 2: Bouquetin au soleil   [ img ] [ img ] Source : E. Huttenmoser  in Meier, C., (2012)

Les  mesures 

10 mâles et 10 femelles de Capra ibex ibex ( Position taxonomique Uniprot ) ( Répartition sur Fauna Europea ) ( Répartition en Suisse sur CSCF ) ont été équipés de colliers télémétriques et d'une sonde introduite dans le rumen (un cylindre de 22 × 80 mm, 100 g) indiquant la température et la pulsation cardiaque (un accéléromètre détecte les mouvements du coeur proche). Ces données sont transmises par radio à des stations de mesure.

Durant 2 ans 2007-2009 les chercheurs  (Signer, C., Ruf, T., & Arnold, W., 2011) ont pu suivre ces animaux. Ils ont aussi enregistré la température, le vent et une mesure qui intègre la température ambiant et le rayonnement solaire, la BBT ( black bulb temperature ) dans des sites où les bouquetins sont souvent. Ils ont suivi visuellement ces animaux et estimé des caractéristiques anatomiques (corpulence, visibilité des os) reflétant leurs réserves corporelles selon une échelle standardisée et validée.
Le pouls a donné une mesure du métabolisme, et la température corporelle a pu être mise en rapport avec l'intensité du rayonnement solaire et le froid, l'activité physique pour étudier leur métabolisme. 

Les bouquetins fonctionnent différemment en hiver


Les auteurs font un intéressant Review des stratégies pour passer la mauvaise saison au début  de leur article. ( Comment  Obtenir un article : Get-a-doi ).
Selon les auteurs, les bouquetins n'hibernent pas notamment parce que cela empêche les processus de fermentation des ruminants.

Ils proposent un graphique du réchauffement horaire de la température corporelle le matin qui montre bien un fonctionnement métabolique différent en hiver et en été (cf. fig 4).

La figure 4 n'est disponible qu'en intranet Fig. 4: Variation de la température corporelle horaire durant la phase de réchauffement matinal selon la BBT [ img ]  Source : Signer, C., Ruf, T., & Arnold, W. (2011)


Signer et al, indiquent que les variations du pouls et donc de métabolisme sont systématiquement plus basses en hiver qu'en été : le max. d'hiver est 60% plus bas que le min.  de l'été (cf fig. 5). La température ambiante et les autres conditions extérieures n'expliquent que 40%  de ces différences.  L'amplitude des variations de température corporelle (rumen, Tr) est presque double l'hiver, surtout due à un refroidissement nocturne (cf. fig. 5). La baisse de métabolisme n'a que peu d'effets sur la température, indiquant une très bonne isolation thermique.
"Our finding that ibex substantially down-regulate endogenous heat production without excessive cooling by ‘hitch-hiking’ on exogenous heat supplies solves this enigma. While basking is a well-known mechanism by which hibernators and daily heterotherms facilitate arousal from torpor, its importance for large mammals seems underappreciated. It may well be a common reptilian heritage of mammals in general, enabling a thrifty use of body reserves and survival during periods of negative energy budgets. " Signer, C., Ruf, T., & Arnold, W. (2011)
Ils montrent que le réchauffement matinal est indépendant du pouls et se produit avec un décalage par rapport à la chaleur solaire (BBT) suggérant que les animaux se déplacent vers des points ensoleillés proches pour profiter du réchauffement passif.
Pour les auteurs, les bénéfices énergétiques  de se prélasser au soleil ( Basking ) explique la variation saisonnière forte du pouls matinal (~ métabolisme), et cette stratégie partiellement ectothermique combinée avec un métabolisme réduit la nuit permet d'optimiser l'utilisation des réserves de graisses de l'animal malgré l'absence quasi totale de nourriture l'hiver.
Ils suggèrent que cet hypométabolisme et ce réchauffement passif pourraient être d'importance pour de nombreux animaux qui n'hibernent pas dans des habitats aux conditions saisonnières fortement contrastées.

La figure 5 n'est disponible qu'en intranet Fig. 5. à droite. Mesures horaires du pouls au repos (HR) , de la température du rumen (Tr), de l'activité locomotice (LA) et de la chaleur solaire (BBT). [ img ] Source : Signer, C., Ruf, T., & Arnold, W. (2011)

Le pelage de l'ours canalise la lumière et lui permet de récupérer  de la chaleur, le bouquetin aussi ?

Des travaux anciens avaient suggéré que le pelage clair de l'ours polaire conduisait la lumière en profondeur lui permettant de transférer un peu de chaleur jusqu'à la peau (près de 10°C quand même) et peut-être de s'orienter.
Tributsch, H.,et al. (1990). ( Comment  Obtenir un article : Get-a-doi ).
Une recherche rapide n'a pas mis en évidence de travaux confirmant que le pelage du Bouquetin serait aussi capable de conduire la chaleur en profondeur vers la peau tout en isolant de l'air froid et du vent. pourtant les poils blancs parmi les poils plus foncés pourraient être efficaces sur ce plan ?
Une piste a poursuivre… n'hésitez pas à m'indiquer des sources le cas échéant, je mettrai a jour dans le Blog Bio-Tremplins.


Un mammifère poïkilotherme et ectotherme !

Ces résultats conduisent à mettre en perspective les clés de répartition, tableaux que nos élèves apprennent où les mammifère sont homéothermes et endothermes (p.ex. ici ). Signer et al. concluent d'ailleurs avec une perspective évolutive :
It may well be a common reptilian heritage of mammals in general, enabling a thrifty use of body reserves and survival during periods of negative energy budgets.
L'évocation d'un héritage mêlé contraste avec la vision dichotomique des clés de déterminations qu'on aime tant dans les classes : une espèce est  ou n'est pas mammifère. C'est évidemment plus facile à corriger et à apprendre, cela rassure les élèves et les parents.  Mais cette vision statique du vivant renforce involontairement les conceptions créationnistes...
Alors que mettre en évidence  les possibles héritages reptiliens ( il fait référence à une classification dépassée, relèveront les puristes )  chez les mammifères à aide à voir le vivant comme en évolution continue.

Sources :

  • Astolfi, J. P. (2008). La saveur des savoirs. Disciplines et plaisir d'apprendre. Paris: ESF.
  • Meier, C., (2012). Se délasser au soleil pour survivre. Les Alpes , 11,2012. pp. 26-27 ici ( extraits intranet.pdf )
  • Signer, C., Ruf, T., & Arnold, W. (2011). Hypometabolism and basking: the strategies of Alpine ibex to endure harsh over-wintering conditions. Functional Ecology , 25 (3), 537–547. doi: 10.1111/j.1365-2435.2010.01806.x ( extraits-intranet.pdf )
  • Tributsch, H., Goslowsky, H., Küppers, U., & Wetzel, H. (1990). Light collection and solar sensing through the polar bear pelt. Solar Energy Materials, 21(2–3), 219‑236. doi: 10.1016/0165-1633(90)90056-7

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Comment  Obtenir un article : Get-a-doi http://tecfa.unige.ch/perso/lombardf/projets/experimental/images/logo-experimental-sml.jpg